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Le Hamas exclurait les points clés de l’offre de trêve, et exige la libération de Barghouthi

Un officiel du Hamas dit que le groupe terroriste n'acceptera pas un cessez-le-feu temporaire ; un responsable israélien estime à 50/50 les chances de parvenir à un accord

Les troupes israéliennes en opération à Gaza sur une photo non datée diffusée le 2 février 2024. (Crédit : Armée israélienne)
Les troupes israéliennes en opération à Gaza sur une photo non datée diffusée le 2 février 2024. (Crédit : Armée israélienne)

Des responsables du Hamas ont déclaré vendredi que le groupe terroriste palestinien étudiait une proposition d’accord de cessez-le-feu qui inclurait des pauses prolongées dans les combats à Gaza et des échanges d’otages israéliens contre des prisonniers palestiniens, mais ont en même temps semblé exclure certaines de ses composantes clés.

Ossama Hamdan, un haut responsable du Hamas à Beyrouth, a déclaré que le groupe terroriste au pouvoir à Gaza restait attaché à sa demande initiale d’un cessez-le-feu permanent. Hamdan a également indiqué que le Hamas cherchait à obtenir la libération de milliers de prisonniers palestiniens détenus pour des actes liés au conflit avec Israël, notamment ceux qui purgent des peines de prison à perpétuité.

Il en a cité deux nommément, dont Marwan Barghouthi du Fatah, condamné pour terrorisme, et considéré comme un futur candidat de premier plan pour diriger l’Autorité palestinienne. Barghouthi a été arrêté par Israël en 2002 et purge cinq peines de prison à vie pour avoir planifié trois attentats terroristes pendant la Seconde Intifada, qui ont tué cinq Israéliens.

Outre Barghouthi, Hamdan a cité Ahmad Saadat, chef du Front populaire de libération de la Palestine (FPLP), ainsi que des prisonniers du Hamas et du Jihad islamique palestinien. Saadat purge une peine de 30 ans pour son rôle dans l’assassinat, en 2001, du ministre israélien du Tourisme, Rehavam Zeevi.

Les déclarations de Hamdan sur les prisonniers constituent les demandes les plus détaillées jamais formulées par le groupe terroriste en public.

L’insistance sur la libération massive de prisonniers et sur la fin des combats à Gaza a mis le groupe en porte-à-faux avec la proposition en plusieurs étapes que les représentants de l’Égypte, d’Israël, du Qatar et des États-Unis ont présentée cette semaine. Cette proposition ne prévoit pas de cessez-le-feu permanent.

Une bannière avec une photo du leader palestinien emprisonné Marwan Barghouthi et de quelques codétenus, dans la ville de Ramallah en Cisjordanie, le 1er mai 2017. (Crédit : Nasser Nasser/AP)

« Il n’y a aucune chance que cela soit acceptable pour la résistance [nom que se donnent les groupes terroristes islamistes anti-Israël] », a déclaré Hamdan à la chaîne de télévision libanaise LBC vendredi, en faisant référence aux pauses successives proposées dans les combats.

« Nous avons essayé des trêves temporaires et il s’est avéré que les Israéliens ne respectent pas ces trêves mais les violent toujours », a ajouté Hamdan, dans une référence apparente à une trêve d’une semaine en novembre qui a pris fin après que le Hamas n’a pas fourni une nouvelle liste d’otages à libérer et qu’il a tiré des roquettes sur Israël. Le Hamas a dénoncé diverses violations commises par Israël tout au long de cette trêve, mais ces allégations auraient été rejetées par les médiateurs que sont le Qatar et l’Égypte.

Les dirigeants israéliens ont déclaré qu’ils continueraient à se battre jusqu’à ce que le groupe terroriste palestinien du Hamas soit écrasé, tout en acceptant de longues pauses qui s’accompagneront de la libération d’otages.

Si les efforts déployés pour le retour des 136 otages détenus par le Hamas – qui ne sont pas tous en vie – bénéficient d’un large soutien en Israël, la fin de la guerre, alors que le Hamas est toujours au pouvoir dans la bande de Gaza, suscite l’hostilité de l’opinion publique de l’État hébreu.

Oussama Hamdan, haut responsable du Hamas, lors d’un rassemblement organisé par le groupe terroriste chiite libanais du Hezbollah pour exprimer sa solidarité avec le peuple palestinien, dans la banlieue sud de Beyrouth, le 17 mai 2021. (Crédit : Hassan Ammar/AP Photo)

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a souligné mercredi qu’Israël n’accepterait pas un accord « à n’importe quel prix » et qu’il ne mettrait pas fin à la guerre, ne retirerait pas l’armée israélienne de la bande de Gaza et ne « libérerait pas des milliers de terroristes ».

Les propos de Hamdan ont réaffirmé les déclarations d’autres responsables du Hamas, dont le principal dirigeant politique du groupe, Ismaïl Haniyeh, qui a déclaré mardi que le groupe terroriste étudiait les termes de l’accord mais restait déterminé à obtenir le « retrait total » de Tsahal de la bande de Gaza et à prendre des mesures en vue d’un cessez-le-feu à long-terme.

Un autre responsable du Hamas a déclaré vendredi que le groupe terroriste palestinien répondrait « très bientôt » et demanderait plusieurs changements non spécifiés. Il a refusé de fournir des détails sur ce qu’ils demandent ou sur le nombre d’otages qui seraient libérés en échange du nombre de prisonniers palestiniens incarcérés pour atteinte à la sécurité en Israël.

Plusieurs informations, parfois contradictoires, ont été diffusées sur les termes proposés pour l’accord.

Des chars israéliens, à la frontière avec la bande de Gaza, le 2 février 2024. (Crédit : Jack Guez/AFP)

Un haut fonctionnaire égyptien au fait des discussions a décrit vendredi la proposition à l’Associated Press, précisant qu’elle comprenait un cessez-le-feu initial de six à huit semaines au cours duquel le Hamas libérerait des otages âgés, des femmes et des enfants en échange de centaines de Palestiniens emprisonnés par Israël.

Tout au long de cette phase, les négociations se poursuivraient en vue de prolonger le cessez-le-feu et de libérer davantage de prisonniers et d’otages. Israël autoriserait le nombre de camions d’aide entrant dans la bande de Gaza à augmenter jusqu’à 300 par jour – contre quelques dizaines actuellement – et laisserait les habitants déplacés de la bande de Gaza retourner progressivement dans leurs maisons dans le nord, selon la proposition.

Un haut fonctionnaire israélien a déclaré vendredi à NBC News qu’il n’était pas certain qu’un accord aboutisse.

« Je ne pense pas qu’il y ait plus de 50 % de chances qu’il se concrétise », a déclaré ce haut fonctionnaire sous couvert d’anonymat.

Des ministres ont également déclaré anonymement à la Douzième chaîne qu’un accord était loin d’être acquis.

Le Hamas et d’autres terroristes ont capturé 253 otages lors de leur attaque meurtrière du 7 octobre contre le sud d’Israël, qui a déclenché la guerre. Plus de 100 d’entre eux ont été libérés pendant la trêve d’une semaine en novembre, en échange de 240 prisonniers palestiniens.

132 des otages enlevés par le Hamas et ses complices le 7 octobre sont encore à Gaza, mais certains ne sont plus en vie. 105 civils ont été libérés au cours d’une trêve d’une semaine à la fin du mois de novembre.

Quatre otages avaient été libérées avant cela, et une soldate avait été secourue par l’armée israélienne. Les corps sans vie de huit otages ont également été retrouvés et trois otages ont été tués par erreur par l’armée le 15 décembre.

Les décombres de bâtiments détruits dans la bande de Gaza, vus depuis le sud d’Israël, le 1er février 2024. (Crédit : Tsafrir Abayov/AP)

L’armée a confirmé le décès de 28 otages – notamment de deux captifs dont la mort a été annoncée mardi – qui se trouvaient encore à Gaza, citant de nouveaux renseignements et autres informations obtenues par les militaires en opération sur le terrain, au sein de l’enclave côtière. Une personne est encore considérée comme portée disparue depuis le 7 octobre et son sort reste indéterminé.

Outre les 132 otages, le Hamas détient aussi les dépouilles d’Oron Shaul et de Hadar Goldin, morts dans la bande en 2014. Il garde aussi en captivité deux civils israéliens, Avera Mengistu et Hisham al-Sayed, qui seraient encore vivants après être entrés dans la bande de leur propre gré en 2014 et en 2015.

Dans ses remarques, Hamdan a déclaré que le Hamas souhaitait libérer les prisonniers palestiniens de toutes les factions. La libération des prisonniers est une « cause nationale, pas seulement pour le Hamas », a-t-il déclaré.

Faisant allusion à d’autres points de litige, Hamdan a également déclaré qu’Israël était en train de créer une zone tampon du côté de la frontière avec Gaza. Il est largement admis qu’Israël prévoit une telle zone, bien qu’il n’ait pas reconnu officiellement ce projet. Des photos satellites montrent de nouvelles démolitions le long d’un chemin d’un kilomètre de large le long de la frontière entre Israël et l’enclave.

Le cabinet de guerre israélien s’est réuni en début de semaine pour discuter de la proposition et s’est à nouveau réuni jeudi soir pour de nouvelles discussions.

Les médias israéliens ont rapporté vendredi que les ministres avaient exprimé leur opposition à plusieurs éléments de l’accord proposé, notamment son caractère progressif.

La chaîne publique israélienne Kan et la Treizième chaîne ont cité le ministre de la Justice, Yariv Levin, qui a déclaré qu’il était « immoral » de n’accepter la libération que de certains otages dans un premier temps et de négocier ensuite pour d’autres.

Le ministre de l’Agriculture, Avi Dichter, a abondé dans le même sens : « Nous devrions avoir un seul accord et non pas deux phases. »

Des funérailles collectives, à Rafah, dans la bande de Gaza, le 30 janvier 2024. (Crédit : Fatima Shbair/AP)

Le ministre des Finances, Bezalel Smotrich, a averti qu’une pause dans les combats augmenterait la pression internationale en faveur d’une cessation totale de la guerre et a déclaré que tous ceux qui pensaient le contraire se faisaient des illusions.

Le ministre de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir, a déclaré qu’une longue pause dans les combats « donnerait de l’oxygène au Hamas » et lui permettrait de reconstituer ses forces tout en libérant de prison des « archi-menaces ».

Les ministres du Likud David Amsalem et Eli Cohen ont également mis en garde contre une interruption de la guerre pendant plusieurs semaines, affirmant que cela mettrait fin à la dynamique israélienne et mettrait en péril les résultats obtenus dans les combats.

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