Erekat menace le Hamas qui a exécuté 3 condamnés à mort
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Erekat menace le Hamas qui a exécuté 3 condamnés à mort

Les trois hommes, condamnés pour des crimes de droit commun, ont été exécutés à l'aube dans le secret, sans que le procureur Ismaïl Jaber ne précise de quelle manière

Des membres des Brigades Ezzedine al-Qassam , la branche armée du Hamas, pendant un rassemblement anti-Israël à Rafah, dans le sud de la bande de Gaza, le 26 février 2016. (Crédit : Said Khatib/AFP)
Des membres des Brigades Ezzedine al-Qassam , la branche armée du Hamas, pendant un rassemblement anti-Israël à Rafah, dans le sud de la bande de Gaza, le 26 février 2016. (Crédit : Said Khatib/AFP)

Trois hommes condamnés à la peine capitale ont été exécutés mardi dans la bande de Gaza, a indiqué le procureur général nommé par le mouvement islamiste Hamas, au pouvoir dans l’enclave palestinienne.

Les trois hommes, condamnés pour des crimes de droit commun, ont été exécutés à l’aube dans le secret, sans que le procureur Ismaïl Jaber ne précise de quelle manière.

Ce dernier avait récemment plaidé pour que les criminels de droit commun soient tués en place publique, un traitement habituellement réservé aux Palestiniens accusés d’avoir collaboré avec l’ennemi israélien.

Saeb Erekat, secrétaire général de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP), a proféré une vague menace à l’encontre des dirigeants du Hamas, mardi, en disant que les responsables de l’exécution de trois hommes à Gaza seraient tenus responsables en vertu de la loi palestinienne.

Erekat a qualifié les hommes qui ont effectué les exécutions de mardi de « milice » du Hamas et a déclaré que le groupe n’avait aucun droit légal de prendre de telles mesures. Le Hamas a dit qu’il a jugé et condamné les trois hommes coupables d’assassinat.

En vertu de la loi palestinienne, le président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, doit apposer sa signature pour toute exécution. Ne tenant pas compte de la loi, le Hamas a affirmé que les exécutions étaient nécessaires pour préserver « la sécurité et la stabilité » dans la bande, et a déclaré que les protestations des responsables du Fatah, après l’annonce de ces plans d’exécutions, visaient à semer le chaos.

Les trois hommes ont tous été condamnés pour meurtre et le Hamas faisait valoir que les familles de leurs victimes réclamaient l’exécution des sentences.

Plusieurs dirigeants du Hamas avaient récemment appelé les autorités judiciaires, aux mains du mouvement terroriste depuis sa prise de pouvoir par la force à Gaza en 2007, à exécuter treize hommes actuellement dans le couloir de la mort pour des crimes de droit commun.

Cet appel avait déclenché une levée de boucliers, des défenseurs des droits de l’Homme et des organisations internationales appelant le Hamas à renoncer à ces exécutions.

Mais le procureur a de nouveau laissé entendre mardi que d’autres exécutions pourraient suivre.

« Mettre à exécution toutes les décisions judiciaires est un devoir légal pour protéger la société », a prévenu son bureau dans un communiqué qui a défendu la légalité des condamnations, affirmant que « toutes les étapes juridiques » et les « garanties légales des accusés ont été respectées » lors de la procédure.

Comme pour chaque exécution depuis 2007, la justice gazaouie est pourtant passée outre l’accord, indispensable selon la loi palestinienne, du président Mahmoud Abbas, basé en Cisjordanie occupée et à couteaux tirés avec le Hamas.

Le Hamas a fait endosser ces trois dernières exécutions à ce qu’il présente comme le Parlement palestinien « légitime », la vingtaine de députés du Hamas élus en 2006 et privés de leur victoire mais qui continuent de tenir des sessions à Gaza, non reconnues par les instances politiques à Ramallah.

Mardi, l’ONG Human Rights Watch a pointé du doigt « un système judiciaire où la torture et la contrainte sont habituelles ».

Selon sa directrice pour Israël et les Territoires palestiniens, Sari Bashi, « l’annonce publique des exécutions est une tentative des dirigeants de montrer qu’ils agissent face à la montée de la criminalité » due en grande partie au taux de chômage, l’un des plus élevés au monde, et au fait que « les jeunes n’ont pas d’horizon » dans la bande de Gaza.

Les défenseurs des droits de l’Homme appellent régulièrement les Palestiniens à abroger la loi qui prévoit la peine capitale pour les collaborateurs, les meurtriers et les trafiquants de drogue.

La semaine dernière, l’ONU, l’Union européenne et l’ONG Amnesty International avaient exhorté le Hamas à mettre en place un « moratoire ».

Selon le Centre palestinien des droits de l’Homme (PCHR), l’une des organisations les plus actives pour la défense des droits de l’Homme dans les Territoires, neuf peines capitales ont été prononcées dans la bande de Gaza en 2015 et deux en Cisjordanie occupée.

Selon le PCHR, plus de 170 Palestiniens ont été condamnés à mort depuis la création en 1994 de l’Autorité palestinienne. Parmi eux, une trentaine ont été exécutés, en grande majorité dans la bande de Gaza. Les deux tiers l’ont été sans l’accord du président Abbas.

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