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Le Hamas menace d’une réponse sans précédent si Israël cible ses dirigeants

Le groupe terroriste a promis un "tremblement de terre régional" si Sinwar ou d'autres dirigeants sont touchés ; l'Égypte tente de jouer le médiateur entre Jérusalem et Gaza

Yahya Sinwar, le chef du Hamas à Gaza, s'exprime depuis la ville de Gaza, le 30 avril 2022. (Crédit : Mahmud Hamas/AFP)
Yahya Sinwar, le chef du Hamas à Gaza, s'exprime depuis la ville de Gaza, le 30 avril 2022. (Crédit : Mahmud Hamas/AFP)

Le groupe terroriste islamiste palestinien du Hamas a menacé samedi de reprendre les attentats-suicides et de « brûler » les villes israéliennes si Jérusalem reprend sa politique d’assassinats ciblés de hauts responsables du terrorisme.

« Nous brûlerons les villes du centre [du pays] et lancerons des missiles sur Tel Aviv et le Gush Dan si Israël met à exécution ses menaces. » a averti le Hamas, selon le diffuseur public Kan, qui cite la chaîne de télévision Al-Mayadeen, affiliée au Hezbollah.

« Le retour des assassinats signifie le retour des attentats suicides à l’intérieur des villes [israéliennes] », a déclaré le Hamas aux médiateurs égyptiens, ont indiqué des sources à Al-Mayadeen.

L’aile militaire du groupe a également menacé d’une « réponse sans précédent » et d’un « tremblement de terre régional » si Israël tentait de porter atteinte à ses hauts dirigeants, en particulier le chef du Hamas à Gaza, Yahya Sinwar.

La guerre de mai 2021 entre les deux camps « ne sera qu’un événement ordinaire comparé à ce dont l’ennemi sera témoin », a déclaré Abu Obeida, le porte-parole des Brigades Izz al-Din al-Qassam.

Certains législateurs et experts israéliens ont préconisé l’assassinat de Sinwar en réponse à la vague de terreur actuelle, sans compter l’assassinat des trois Israéliens lors de l’attaque terroriste d’Elad jeudi.

Des membres masqués du Hamas défilent avec des roquettes Qassam dans les rues de Khan Younis, dans le sud de la bande de Gaza, le 27 mai 2021. (Crédit: AP/Yousef Masoud)

Abu Obeida a en outre juré qu’Israël paierait en « sang et en destruction » si Sinwar devait être assassiné.

Les services de renseignement israéliens ont mené de nombreuses opérations d’assassinats ciblés au cours des 74 ans d’histoire du pays. L’utilisation de cet outil a atteint son apogée au cours de la deuxième Intifada, lorsque les forces israéliennes ont éliminé des dirigeants du Hamas dans le but d’endiguer une vague d’attentats dans les villes israéliennes.

Une source de sécurité citée par les médias israéliens a décrit les menaces du Hamas comme « hystériques ».

« Leur réaction de ces dernières heures ne fait que nous rappeler qui sont ceux qui ont supplié pour un cessez-le-feu lors des combats de mai dernier », a déclaré la source, ajoutant que les déclarations ne font que confirmer à quel point le Hamas est « découragé ».

La menace du groupe terroriste est intervenue après que des responsables israéliens auraient indirectement averti qu’Israël pourrait exercer des représailles contre le Hamas pour avoir encouragé une série d’attaques terroristes meurtrières ces dernières semaines.

Bien que le Hamas n’ait pas revendiqué la plupart des attaques perpétrées depuis le début du mois de mars et qui a fait, à ce jour, 19 morts en Israël et en Cisjordanie, Sinwar, a appelé à plusieurs reprises les Palestiniens de Cisjordanie et les Arabes israéliens à commettre davantage d’attaques et a publiquement fait l’éloge de la récente vague de terrorisme contre les Israéliens, encourageant ainsi de nouvelles attaques.

Le groupe terroriste a revendiqué la responsabilité d’une attaque qui a tué un agent de sécurité gardant l’implantation d’Ariel en Cisjordanie le 29 avril.

Selon la Douzième chaîne, des responsables de la diplomatie et de la sécurité ont transmis à Sinwar un message selon lequel l’attaque d’Ariel, qui s’ajoute à ses messages en faveur de la terreur, octroi à Israël le droit de répondre militairement.

Le message comprenait également une menace personnelle envers Sinwar, qu’Israël a qualifié de « partisan du terrorisme » et qui pourrait être traité en conséquence.

La chaîne a rapporté que le message avait été envoyé à Sinwar avant que deux terroristes palestiniens armés d’un couteau et d’une hache n’attaquent des personnes à Elad jeudi soir, tuant trois hommes et en blessant sept autres.

Le personnel de sécurité et de secours israélien travaille sur les lieux d’une attaque terroriste à Elad, le 5 mai 2022. (Yossi Aloni/Flash90)

Arrêtés dimanche matin, les suspects, Asad Yousef Al-Rifai, 19 ans, et Subhi Emad Subhi Abu Shqeir, 20 ans, ne seraient pas membres du Hamas, mais pourraient avoir été inspirés par un discours de Sinwar exhortant les Palestiniens et les Arabes israéliens à commettre des attaques terroristes, a rapporté Haaretz, citant une source de sécurité anonyme.

Le Hamas a déclaré jeudi que l’attaque était « une opération héroïque » en réponse à la visite d’Israéliens juifs sur le site sacré du Mont du Temple.

Dans un discours prononcé samedi, Sinwar avait menacé de conséquences violentes si les Israéliens continuaient à se rendre sur le site.

Il a également exhorté les Palestiniens à frapper les Israéliens avec tout ce qu’ils avaient, y compris des haches. « Que tous ceux qui ont un fusil le préparent. Et si vous n’avez pas de fusil, préparez votre couperet, une hache ou un couteau », a déclaré Sinwar.

Les Palestiniens et les forces israéliennes se sont affrontés à plusieurs reprises sur le Mont du Temple au cours des dernières semaines. Ces violences font écho aux scènes de l’année dernière, lorsque les émeutes sur le site ont contribué à déclencher une guerre entre Israël et les groupes terroristes de Gaza dirigés par le Hamas.

Depuis la guerre de mai 2021, le Hamas, qui cherche à détruire Israël, a menacé de tirer des roquettes sur Israël si celui-ci violait les « lignes rouges » de l’organisation à Jérusalem. Le groupe terroriste a salué sa « force de dissuasion » contre Israël dans la capitale contestée comme une réalisation clé de la guerre, qui a entraîné une destruction généralisée à Gaza.

À la suite de l’attentat d’Elad, les responsables ont fermé les points de passage des Palestiniens vers Israël mardi et mercredi pour Yom Hazikaron et Yom HaAtsmaout. Les autorités ont ensuite prolongé cette fermeture à la suite de l’attaque d’Elad, au cours de laquelle deux suspects palestiniens ont tué trois Israéliens et en ont blessé plusieurs autres dans une attaque à la hache et au couteau.

Dans le même temps, il a été rapporté que des responsables égyptiens ont travaillé ces derniers jours à une médiation entre Israël et les groupes terroristes de Gaza afin d’éviter une escalade de la violence.

Selon Haaretz, les groupes palestiniens ont demandé à Israël de réduire l’entrée des Juifs sur le Mont du Temple et de rouvrir les postes frontières entre Israël et Gaza, citant le journal palestinien Al-Ayyam.

Des ouvriers palestiniens sont vus au passage d’Erez dans le nord de la bande de Gaza, alors qu’ils attendent d’entrer en Israël pour travailler, le 13 mars 2022. (Crédit: Attia Muhammed/Flash90)

En contrepartie, les factions gazaouies s’abstiendront de reprendre les tirs de roquettes sur Israël et maintiendront le calme dans la région, selon Haaretz, ajoutant que les pourparlers ont commencé plusieurs jours avant l’attaque terroriste d’Elad.

Le reportage indique également que les factions de Gaza ont averti les responsables égyptiens que les « discussions en Israël » concernant l’assassinat de hauts responsables du terrorisme préparaient le terrain pour « une nouvelle escalade ».

Une source palestinienne citée par Al-Ayyam a déclaré que certaines questions n’avaient pas encore été résolues, à savoir « le refus d’Israël de mettre fin aux opérations armées en Cisjordanie et à l’intérieur du pays. »

Selon Haaretz, les pourparlers étaient toujours en cours samedi après-midi.

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