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Le Hamas tente de se regrouper au nord de Gaza, Tsahal reste déterminé à l’anéantir

Deux jours avant que le bataillon Tzabar ne perde des officiers dans un bâtiment piégé à Zeitoun, le Times of Israel s'est rendu sur le champ de bataille, où nul ne songe à un cessez-le-feu

Lazar Berman est le correspondant diplomatique du Times of Israël

  • Un chien se prélassant devant un char de l'armée israélienne dans le centre de la bande de Gaza, le 20 février 2024. (Crédit : Lazar Berman/The Times of Israel)
    Un chien se prélassant devant un char de l'armée israélienne dans le centre de la bande de Gaza, le 20 février 2024. (Crédit : Lazar Berman/The Times of Israel)
  • Une poupée Elmo ornant un Hummer appartenant au Bataillon 931 dans le centre de la bande de Gaza, le 20 février 2024. (Crédit : Lazar Berman/The Times of Israel)
    Une poupée Elmo ornant un Hummer appartenant au Bataillon 931 dans le centre de la bande de Gaza, le 20 février 2024. (Crédit : Lazar Berman/The Times of Israel)
  • Des véhicules appartenant au Bataillon 931 dans le centre de la bande de Gaza, le 20 février 2024. (Crédit : Lazar Berman/The Times of Israel)
    Des véhicules appartenant au Bataillon 931 dans le centre de la bande de Gaza, le 20 février 2024. (Crédit : Lazar Berman/The Times of Israel)
  • Des officiers du Bataillon Tzabar traversant une maison dans le centre de la bande de Gaza, le 25 février 2024. (Crédit : Lazar Berman/The Times of Israel)
    Des officiers du Bataillon Tzabar traversant une maison dans le centre de la bande de Gaza, le 25 février 2024. (Crédit : Lazar Berman/The Times of Israel)
  • Des soldats du Bataillon Tzabar, dans le centre de la bande de Gaza, le 25 février 2024. (Crédit : Lazar Berman/The Times of Israel)
    Des soldats du Bataillon Tzabar, dans le centre de la bande de Gaza, le 25 février 2024. (Crédit : Lazar Berman/The Times of Israel)
  • Des soldats du Bataillon Tzabar, dans le centre de la bande de Gaza, le 25 février 2024. (Crédit : Lazar Berman/The Times of Israel)
    Des soldats du Bataillon Tzabar, dans le centre de la bande de Gaza, le 25 février 2024. (Crédit : Lazar Berman/The Times of Israel)
  • Des soldats du Bataillon Tzabar opérant, dans le centre de la bande de Gaza, le 25 février 2024. (Crédit : Lazar Berman/Times of Israel)
    Des soldats du Bataillon Tzabar opérant, dans le centre de la bande de Gaza, le 25 février 2024. (Crédit : Lazar Berman/Times of Israel)

ZEITOUN, GAZA CITY – Moins de 48 heures avant de perdre deux de ses officiers et de voir sept autres hommes gravement blessés lors d’un épisode meurtrier dans le quartier Zeitoun à Gaza-City, le lieutenant-colonel Aviran Alfasi, commandant du bataillon Tzabar de la brigade Givati, a exposé la menace posée par le groupe terroriste palestinien du Hamas dans cette région.

« Il y a de la résistance, mais ce n’est pas comme au début », a déclaré Alfasi, 34 ans, au Times of Israel depuis son poste de commandement installé dans une maison huppée de Zeitoun. « Ils tirent et s’enfuient. »

« La bataille est beaucoup moins complexe qu’elle ne l’était », a-t-il ajouté.

Le bataillon Tzabar, qui fait partie de la brigade Givati, mais qui est actuellement rattaché à la brigade Nahal, est impliqué dans une opération d’une semaine à Zeitoun, attaquant au nord du corridor de Netzarim qui sépare la bande de Gaza en deux, du kibboutz Nahal Oz en Israël jusqu’à la côte de Gaza.

Bien que son bataillon ait la liberté d’action à Zeitoun, « il y a encore du travail », a indiqué Alfasi.

« Plus Nahal et nous-mêmes opérons, plus les capacités [du Hamas] continuent de diminuer », a-t-il ajouté. La mission comprend « l’élimination des terroristes, des tunnels, l’élargissement du corridor ».

Le major Iftah Shahar, à droite, et le capitaine Itaï Seif du Bataillon Tzabar, au sein de la Brigade Givati, qui ont été tués sur le front dans la bande de Gaza, le 27 février 2024. (Crédit : Armée israélienne)

Mardi matin, des soldats du bataillon Alfasi ont été touchés suite à l’explosion d’un engin explosif placé dans un bâtiment du quartier de Zeitoun. Le commandant de compagnie, le major Iftah Shahar, 25 ans, et le commandant de section, le capitaine Itaï Seif, 24 ans, ont été tués.

Le bataillon d’Alfasi a perdu d’autres soldats au cours de la guerre, dont un commandant de section le 7 octobre.

Le 31 octobre, 11 autres soldats Tzabar ont été tués lorsqu’un véhicule blindé de transport de troupes (APC) de type Namer, dans lequel ils se trouvaient, a été touché par un missile guidé anti-char tiré par le Hamas.

Malgré ces pertes, Alfasi et ses soldats semblaient maîtriser la situation et être optimistes dimanche.

Le lieutenant-colonel Aviran Alfasi, commandant du Bataillon Tzabar, dans le centre de la bande de Gaza, le 25 février 2024. (Crédit : Lazar Berman/Times of Israel)

« Notre motivation n’est pas due à notre soif de guerre », a souligné Alfasi. « J’ai eu des soldats blessés et des soldats tués. Le prix de la guerre, nous le payons. »

« [Mes soldats] comprennent la mission, ils comprennent la responsabilité », a-t-il déclaré. « Ils ne sont pas fatigués. »

La mission du bataillon Tzabar depuis un mois est de détruire les infrastructures et d’éliminer les terroristes du bataillon Zeitoun du Hamas, tout en élargissant la zone de sécurité autour du corridor de Netzarim.

Les moyens dont disposent les troupes se sont améliorés depuis que des éléments du bataillon ont rejoint le combat à Kfar Aza le 7 octobre, combattant les terroristes du Hamas qui avaient envahi le kibboutz lors de combats de maison en maison. Presque chaque section dispose d’un drone qui peut pénétrer dans les maisons avant les troupes, et il y a plus de chiens de recherche que jamais auparavant, a précisé Alfasi.

Bien que la brigade des parachutistes de l’armée israélienne ait pris le contrôle de Zeitoun en novembre et en décembre, les terroristes du Hamas – tout comme les infrastructures – se cachent toujours dans diverses cachettes.

Au début du mois, des habitants ont déclaré que le Hamas avait commencé à refaire surface dans les zones où Israël avait retiré l’essentiel de ses forces, déployé des agents de police et versé des salaires partiels à certains de ses fonctionnaires à Gaza City.

« Nous voyons des tentatives [du Hamas] de revenir », a signalé Alfasi. « Ce n’est pas tellement organisé. Lorsque cela se produit, nous les déjouons. »

« Maintenant, nous recherchons chaque tunnel, chaque lance-roquettes », a-t-il ajouté.

Le bataillon continue de découvrir des tunnels importants, dont certains se trouvent à proximité de maisons que les terroristes utilisent comme positions de combat.

Les soldats Tzabar ont développé « un sens de l’odorat » au cours de la guerre en flairant les maisons piégées et les cachettes des terroristes, a expliqué Alfasi. Malheureusement, ce sens n’est pas toujours fiable, comme l’a montré la tragédie de mardi.

Alfasi nous a ouvert la voie lors d’une courte marche sur un terrain boueux, remué par le mouvement constant des chars et des APC qui se dirigent vers les tunnels découverts la nuit précédente. De la fumée noire s’élevait derrière des maisons de deux ou trois étages éparpillées dans les environs, presque toutes présentant des dégâts importants.

Dans la terre récemment excavée, deux tunnels se rejoignent à quelques mètres seulement de la surface.

« Vous pouvez voir qu’un réseau a été créé ici pour permettre des combats – des combats complexes », a poursuivi Alfasi. « Vous pouvez également voir que nous savons comment y accéder. »

Il n’a pas voulu s’étendre sur ce que Tsahal a trouvé dans ce complexe de tunnels particulier, se contentant de dire : « Nous savons qu’ils mettent sous terre tout ce qui a de la valeur pour eux. »

« Ici pour détruire le Hamas »

À quelques centaines de mètres au sud des forces d’Alfasi, le 931e Bataillon de Nahal s’accroche à la partie orientale du corridor de Netzarim.

Ce bataillon a participé à de nombreux combats parmi les plus dangereux dans le nord de la bande de Gaza, notamment dans le quartier al-Atatra de Beit Lahiya, dans le camp de Shati, à Jabaliya et dans le quartier al-Tuffah de Gaza City.

Des troupes du 931e bataillon de la Brigade Nahal du Corps d’Infanterie combattant des terroristes du Hamas, à Jabaliya, dans le nord de la bande de Gaza, sur une image publiée le 9 décembre 2023. (Crédit : Armée israélienne)

Le 931e bataillon Nahal a perdu sept soldats dans les combats, dont quatre officiers. Deux d’entre eux étaient des commandants de compagnie.

Le bataillon 931 a tué huit terroristes du Hamas au cours de la semaine passée.

Lors d’une autre visite la semaine dernière, le lieutenant-colonel Oz Meshulam, commandant du bataillon, a déclaré au Times of Israel : « Ils sont toujours là, certains très près de nous. »

Il a expliqué que rien ne pouvait remplacer le travail du Corps d’Infanterie dans les quartiers.

Le lieutenant-colonel Oz Meshulam, commandant du 931e bataillon, et le major Tal Klichovsky, commandant adjoint du bataillon, dans le centre de la bande de Gaza, le 20 février 2024. (Crédit : Lazar Berman/Times of Israel)

« Nous avons besoin de bottes sur le terrain pour détruire le Hamas », a-t-il déclaré.

Le lieutenant-colonel Meshulam, 35 ans, a indiqué que la tâche était rendue infiniment plus complexe par la coopération de nombreux habitants de Gaza avec le Hamas.

Il a déclaré que plus de 80 % du millier de  maisons qu’ils ont perquisitionnées contenaient des armes.

« Tout ce que nous faisons, nous le faisons soigneusement pour tuer des terroristes », a poursuivi Meshulam, « en essayant de ne pas blesser des innocents – ni des bébés, ni des femmes, ni quoi que ce soit d’autre. Et nous y sommes confrontés quotidiennement ».

Des véhicules appartenant au Bataillon 931 dans le centre de la bande de Gaza, le 20 février 2024. (Crédit : Lazar Berman/The Times of Israel)

« D’un autre côté, quand vous voyez qu’ils ont caché des armes dans chaque maison que nous avons investie, vous comprenez que le Hamas est au sein de la population. Il vit avec eux, il respire avec eux. Ils l’autorisent à construire cette infrastructure. Certains civils ont peur [du Hamas], d’autres s’identifient à lui. »

Les soldats ont trouvé des armes dans toutes les écoles qu’ils ont inspectées, a-t-il dit, et en particulier dans les installations de l’ONU et de l’Office controversé de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient (UNRWA).

« Il y avait plus de tunnels, plus d’armes, plus de postes de combat », a indiqué Meshulam. « Il est impossible que [l’ONU] n’ait pas été au courant. »

Début décembre, les troupes ont tué 11 terroristes qui se battaient à l’intérieur d’une école à Jabaliya et en ont arrêté une centaine d’autres, dont certains avaient participé au massacre du 7 octobre en Israël.

Des milliers de civils également retranchés dans l’école ont été envoyés dans le sud de la bande de Gaza, a précisé Meshulam.

Il a ajouté que le Hamas mettait régulièrement les civils en danger.

Le bataillon a vu un tireur du Hamas tenir un bébé dans un bras et une arme dans l’autre. Il a été confronté à des « embuscades humanitaires », c’est-à-dire à des tirs provenant de foules recevant de la nourriture et des médicaments.

À l’école et sur d’autres sites, les soldats Nahal ont eu des échanges avec des Gazaouis déplacés.

Des Palestiniens attendant de l’aide humanitaire, sur une plage de Gaza City, dans la bande de Gaza, le 25 février 2024. (Crédit : Mahmoud Essa/AP Photo)

« Vous voyez des visages très fatigués par la situation, » a indiqué Meshulam. « Certaines personnes à qui vous parlez sont heureuses que vous soyez venus pour les débarrasser du Hamas. »

Certains auraient dit aux soldats qu’ils détestaient le Hamas et qu’ils attendaient l’arrivée de Tsahal. Il est certain que de tels échanges avec des soldats armés ne peuvent être pris au pied de la lettre.

« Il y a ceux que l’on croit et ceux que l’on ne croit pas », a-t-il fait remarquer. « Mais je n’ai pas à croire ou à ne pas croire. Je suis un commandant de l’armée et je dois faire mon travail. »

Comme Alfasi, au nord, Meshulam a également été témoin des tentatives de reconstitution du Hamas.

Des soldats du 931e bataillon dans le centre de la bande de Gaza, le 20 février 2024. (Crédit : Lazar Berman/Times of Israel)

« Je suis sûr qu’il y a toujours un commandement qui essaie de faire quelque chose », a-t-il déclaré. « Il y a des efforts pour faire revivre le Hamas. »

Mais « notre objectif est de les tuer ».

Le 931e bataillon a fait beaucoup d’efforts dans ce sens, avec plus de 300 morts confirmés depuis le début de la guerre, selon le commandant.

La qualité des petites cellules du Hamas que les troupes rencontrent varie, a expliqué l’adjoint de Meshulam, le major Tal Klichovsky.

Des soldats israéliens montrant à des journalistes un tunnel souterrain où l’armée israélienne a déclaré avoir trouvé des preuves que des otages étaient détenus par des terroristes, à Khan Younès, dans la bande de Gaza, le 10 janvier. 2024. (Crédit : Ohad Zwigenberg/AP Photo)

« Certaines sont mieux entraînées, d’autres moins », a-t-il déclaré.

« Mais nous les avons toutes détruites. »

Malgré le succès tactique contre le Hamas, aucun des deux bataillons n’a été en mesure de localiser les otages que le Hamas a pris dans la bande de Gaza le 7 octobre. Si 253 d’entre eux ont été capturés, 130 seraient encore aux mains des terroristes. Tsahal a confirmé la mort d’au moins 31 d’entre eux.

Les troupes de Nahal ont trouvé des preuves de la présence d’otages dans certaines maisons – des étoiles de David, des inscriptions en hébreu sur les murs et des tee-shirts avec des inscriptions en hébreu. Ils ont également trouvé des cages dans l’un des tunnels.

Cela prend du temps

Alors que les deux bataillons combattent les derniers éléments du Hamas, l’attention s’est portée, en dehors du champ de bataille, sur la possibilité d’un accord sur les otages qui inclurait une longue trêve et le retour d’au moins quelques Palestiniens actuellement réfugiés dans le sud de la bande de Gaza, vers le nord.

Une proposition rédigée par les États-Unis prévoirait une pause de six semaines dans les combats, au cours de laquelle une quarantaine d’otages seraient libérés en échange de quelque 400 prisonniers palestiniens incarcérés pour atteinte à la sécurité en Israël. Ces derniers jours, les responsables israéliens ont exprimé leur pessimisme quant à l’imminence d’un accord.

Les deux commandants de bataillon ont déclaré qu’il ne leur avait pas été demandé de se préparer à une trêve ou au retour des civils palestiniens dans leurs maisons au nord de la bande de Gaza.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu (2ème à gauche) dirigeant la réunion hebdomadaire du cabinet, au ministère de la Défense, à Tel Aviv, le 7 janvier 2024. (Crédit : Ronen Zvulun/POOL/AFP)

« Il y a un déploiement opérationnel que nous savons faire » en cas d’accalmie des combats, a déclaré Alfasi. « Nous l’avons déjà fait par le passé. »

En attendant, les commandants ont insisté sur le fait que, cinq mois après le début de la guerre, la destruction du groupe terroriste est tout à fait réalisable.

« Si nous n’y croyions pas, nous n’aurions rien à faire ici », a affirmé Meshulam. « Chaque jour, nous vainquons et détruisons le Hamas. »

« Pour s’attaquer véritablement au problème, il faut du temps », a-t-il ajouté.

« Il faudra attendre au moins jusqu’à la fin de l’année. »

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