Le Hamas tire 5 roquettes à Yom Kippour, déclenchant les sirènes à Ashdod
Quatre projectiles ont été interceptés ; il n'y a pas eu de blessé ; à Gaza, il y aurait eu de dizaines de morts dans des frappes israéliennes ; un soldat a été gravement blessé lors d'une attaque contre un poste militaire

Cinq roquettes ont été tirées depuis le nord de la bande de Gaza en direction de la ville côtière d’Ashdod pendant Yom Kippour, mercredi dans la soirée. Ces tirs ont été revendiqués par le groupe terroriste du Hamas.
Par ailleurs, un officier a été grièvement blessé et deux soldats ont été légèrement touchés lors d’une attaque qui a pris pour cible un poste militaire dans le centre de la bande dans la journée de jeudi, a indiqué l’armée.
Selon Tsahal, quatre des roquettes tirées en direction d’Ashdod ont été interceptées par les systèmes de défense antiaérienne et l’une d’entre elles a atterri dans un champ.
Il n’y a eu ni blessés, ni dégâts.
La frappe a eu lieu le jour de Yom Kippour, le jour le plus sacré du calendrier juif, alors que la marine israélienne se préparait à intercepter la grande flottille qui tentait de briser le blocus maritime israélien imposé à l’enclave côtière ravagée par la guerre.
Les militaires ont fait savoir qu’aucun bateau n’avait atteint le littoral gazaoui.
Les sirènes ont retenti à Ashdod alors que des milliers de Juifs pratiquants se trouvaient dans les synagogues et que les Israéliens laïques profitaient des routes et autoroutes désertées par les voitures pour faire du vélo.
Video from today's launch of rockets by the resistance in Gaza from the devastated north of Beit Hanoun at Ashdod, north of occupied Palestine. pic.twitter.com/rt5M1OK04k
— Abubaker Abed (@AbubakerAbedW) October 1, 2025
Jeudi, le groupe terroriste du Hamas a revendiqué cette attaque. Dans un communiqué, la branche militaire du groupe terroriste a déclaré avoir pris pour cible Ashdod « en réponse aux frappes lancées à l’encontre des civils ».
Les tirs de roquettes depuis Gaza survenaient auparavant de manière intermittente dans le sud d’Israël.
Mais ces salves – et en particulier les tirs à longue portée, constitués de plusieurs projectiles – sont devenues de plus en plus rares alors que la guerre a perduré, les capacités de lancement des groupes terroristes étant entravées par l’offensive terrestre menée par l’armée israélienne.
Mercredi dans la matinée, des terroristes du nord de la bande de Gaza ont tiré deux roquettes vers le sud d’Israël, qui ont été interceptées par Tsahal. Les sirènes ont été activées dans les communautés frontalières de Gaza.
De plus, plusieurs projectiles ont été lancés depuis Khan Younès, dans le sud de Gaza, dans la même journée. Ils ont visé un site de distribution de l’aide humanitaire à destination de la population, à Rafah, a indiqué l’armée.
Les roquettes se sont abattues à proximité de ce site, administré par la Fondation humanitaire de Gaza, sans entraîner des dégâts dans le complexe lui-même. Le centre a tout de même ouvert ses portes jeudi et accueilli les civils en quête d’une assistance, ont noté les militaires.
Jeudi soir, l’armée israélienne a annoncé qu’un officier avait été grièvement blessé et que deux autres soldats, dont un réserviste, avaient été plus légèrement touchés par des tirs lors des combats qui se sont déroulés dans le centre de la bande de Gaza dans la journée.
L’officier, qui sert au sein de la 414e unité de renseignement de combat, et les deux autres militaires ont été transportés à l’hôpital pour y être pris en charge et leurs familles ont été informées, a ajouté Tsahal.
Selon une première enquête, un terroriste est parvenu à pénétrer dans un poste militaire qui était situé dans la zone-tampon israélienne, dans le centre de Gaza, à environ 800 mètres de la frontière avec l’État juif. Il a ouvert le feu en direction des soldats. Après un échange de tirs, l’homme armé a été abattu.
Mercredi également, un drone lancé par les Houthis, au Yémen, en direction d’Israël a été intercepté par l’armée de l’air israélienne, a indiqué cette dernière.
Le drone a été abattu au large de la côte d’Eilat, mais aucune sirène n’a retenti « conformément au protocole », a noté l’armée israélienne – qui a assuré que le projectile n’a représenté une menace à aucun moment.
Les Houthis, soutenus par l’Iran – leur slogan appelle à « la mort de l’Amérique, la mort d’Israël [et] la malédiction sur les Juifs » – avaient commencé à attaquer Israël et le trafic maritime au mois de novembre 2023, un mois après le pogrom commis par le Hamas dans le sud d’Israël, le 7 octobre, le massacre qui avait été à l’origine de la guerre actuelle à Gaza.
Dans le même temps, les frappes israéliennes et les tirs de Tsahal ont entraîné la mort d’au moins 41 Palestiniens au sein de l’enclave entre mercredi dans la soirée et la journée de jeudi, ont annoncé les hôpitaux palestiniens, alors que le Hamas réfléchit encore à la réponse qu’il apportera à la proposition de cessez-le-feu définitif qui a été soumise par le président américain Donald Trump – qui permettrait ainsi de mettre un point final au conflit qui dure dorénavant depuis près de deux ans et qui avait été déclenché par le massacre perpétré par les terroristes, le 7 octobre 2023.
Les autorités sanitaires de Gaza, qui sont placées sous la direction du Hamas, ont fait savoir qu’au moins 27 personnes avaient été tuées par des tirs israéliens dans le sud de Gaza – 14 alors qu’elles se trouvaient dans un couloir militaire israélien.
Les responsables de l’hôpital des Martyrs d’Al-Aqsa, un hôpital situé dans la ville de Deir al-Balah, au centre de la bande, ont indiqué avoir reçu les corps sans vie de 13 personnes dans le sillage des frappes israéliennes. À Gaza, les responsables sanitaires de l’hôpital Shifa, que Israël considère depuis longtemps comme une base terroriste de premier plan, ont indiqué avoir reçu un corps sans vie et plusieurs blessés.
Le ministère de la Santé de Gaza, placé sous la direction du Hamas, affirme que plus de 66 000 personnes ont été tuées ou sont présumées mortes dans les combats jusqu’à présent – un bilan invérifiable et qui ne fait aucune distinction entre civils et hommes armés. De son côté, Israël a déclaré, au mois d’août, que plus de 22 000 hommes armés avaient été abattus depuis le début de la guerre, en plus de 1 600 autres qui avaient été tués pendant le pogrom du 7 octobre sur le sol israélien.
Israël assure chercher à minimiser les pertes civiles et affirme que le Hamas utilise les civils de Gaza comme autant de boucliers humains, lançant ses attaques depuis des zones civiles, notamment depuis les habitations, les hôpitaux, les écoles et les mosquées.
Les attaques à la roquette et au drone ainsi que les frappes de l’armée israélienne ont eu lieu alors que le monde est suspendu à la réponse du Hamas à une proposition américaine de cessez-le-feu qui ouvrirait la porte à la libération des otages qui se trouvent toujours à Gaza – proposition à laquelle Israël a donné son accord.
Lundi dernier, le président américain Donald Trump a présenté un plan de cessez-le-feu lors d’une conférence de presse à la Maison Blanche, alors qu’il se trouvait aux côtés du Premier ministre Benjamin Netanyahu – qui a validé la proposition.
Selon le plan, les 48 otages qui se trouvent encore dans la bande seraient remis en liberté dans les 72 heures qui suivront les débuts de la trêve. En échange, Israël libérerait 250 prisonniers palestiniens condamnés à des peines de prison à vie pour atteinte à la sécurité nationale ainsi que 1 700 Gazaouis, dont toutes les femmes et tous les enfants qui ont été placés en détention depuis le pogrom du 7 octobre.
De plus, 15 corps sans vie de Gazaouis seraient restitués au Hamas en échange de chaque dépouille d’otage israélien.
La proposition exigerait également un retrait en trois phases de l’armée israélienne de l’enclave côtière, le désarmement du Hamas et la démilitarisation de Gaza. L’acheminement d’une aide humanitaire sans entrave serait garantie et la bande serait placée sous la gouvernance d’une instance internationale de transition qui ne comprendrait ni le Hamas, ni l’Autorité palestinienne.
Le Hamas a refusé de désarmer en l’absence d’un état palestinien, une perspective qu’Israël rejette, et tant que « l’occupation » n’aura pas pris fin. Le groupe terroriste considère l’existence même d’Israël comme une occupation, cherchant ouvertement à détruire l’État juif.
L’accord est soutenu par les pays européens, arabes et musulmans, ainsi que par l’Autorité palestinienne. Le Hamas n’a pas encore répondu officiellement à cette offre. Trump a déclaré mardi que le groupe terroriste disposerait de « trois ou quatre » jours pour se prononcer.







