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Le Haut Comité de suivi des intérêts des Arabes en Israël bientôt interdit ?

Limor Son Har-Melech, du parti d'extrême-droite Otzma Yehudit, parraine un projet de loi dans ce sens avec le soutien des députés de la droite de l'échiquier politique

La députée d'Otzma Yehudit Limor Son Har-Melech lors d'une réunion de commission des Affaires étrangères et de la Défense à la Knesset, à Jérusalem, le 23 février 2023. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
La députée d'Otzma Yehudit Limor Son Har-Melech lors d'une réunion de commission des Affaires étrangères et de la Défense à la Knesset, à Jérusalem, le 23 février 2023. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Les députés de droite ont présenté une loi dont l’objectif est de mettre hors-la-loi un panel de premier plan qui réunit des leaders communautaires arabes et qui comprend en son sein des représentants de partis politiques, des maires de villes arabes et des délégués d’organisations majeures.

La Commission de sécurité nationale de la Knesset a évoqué le projet de loi qui propose l’interdiction du Haut Comité de suivi des intérêts des Arabes et elle a appelé à ce qu’une enquête soit ouverte sur ses dirigeants, soupçonnés d’apporter leur soutien au terrorisme.

La législation est parrainée par Limor Son Har-Melech du parti d’extrême-droite Otzma Yehudit et par Amit Halevi, du Likud. Ils accusent le Haut Comité de suivi de couvrir les activités menées par les groupes terroristes.

Le président du Haut Comité de suivi a déclaré lundi au journal Haaretz qu’il pensait que le projet de loi visait à ôter toute légitimité à la communauté arabe dans son intégralité et à réduire son pouvoir politique.

Le Comité avait été fondé au début des années 1980 sous la forme d’une organisation-cadre extra-parlementaire pour la communauté arabe et il est actuellement dirigé par un ancien député, Mohammad Barakeh. Parmi ses membres, des représentants des partis politiques arabes et d’organisations arabe à but non-lucratif, ainsi que des maires de villes arabes.

Les notes explicatives figurant sur le projet de loi affirment que Barakeh et le Comité « ont encouragé les perturbations survenues pendant l’Opération Gardien des murs et ils ont apporté leur aide aux auteurs de ces perturbations lors des procédures judiciaires initiées à leur encontre. L’État et les institutions chargées du maintien de l’ordre ne sauraient approuver ces activités et la commission doit être interdite ».

Le député du Likud Amit Halevi dirigeant une réunion de la commission parlementaire, à la Knesset, le 19 mars 2023. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Une série de violences intercommunautaires avait eu lieu – dans les villes où cohabitent Juifs et Arabes en particulier – dans les jours qui avaient suivi le déclenchement d’hostilités entre Israël et le Hamas à Gaza, le 10 mai 2021, une campagne qui s’était appelée l’Opération Gardien des murs.

Lors de la réunion de la Commission, dimanche, Halevi a affirmé que Barakeh « ne manque pas une seule opportunité de saper l’État d’Israël », a fait savoir Haaretz.

S’adressant aux députés arabes qui assistaient à la réunion, Son Har-Melech a déclaré que « vous ne voulez pas faire avancer les intérêts de votre communauté. Ce que vous voulez, c’est qu’il n’y ait pas d’État juif ici ».

Le député Zvika Fogel, président de la Commission élu sous l’étiquette d’Otzma Yehudit, a appelé à lancer des investigations sur les dirigeants du Haut comité, estimant que « leurs actions portent préjudice à l’État d’Israël et à son existence même en tant qu’État démocratique juif ».

Le député Ahmad Tibi, de la Liste arabe unie, a, pour sa part, affirmé « qu’aucune réunion de ce type ne fera peur à la communauté arabe ».

Mohammad Barakeh assistant à une conférence de presse sous la tente de protestation du Haut Comité de suivi des citoyens arabes d’Israël, devant le Bureau du Premier ministre, à Jérusalem, le 3 novembre 2019. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Le représentant du bureau du procureur de l’État, Shimon Huja, a déclaré aux députés qu’il était impossible de placer la Commission dans l’illégalité de cette manière et que la seule façon légale de le faire interdire était de lancer des poursuites criminelles officielles contre ses membres, a noté Haaretz.

Le député Waleed Alhwashla, du parti islamiste Raam, a indiqué lors de la réunion que la législation « n’est pas nécessaire » et qu’elle transformerait « de tous les maires et de tous les parlementaires arabes » en hors-la-loi..

Aida Touma Sliman, de la faction arabe Hadash-Taal, a estimé que cette proposition s’apparentait à « des persécutions politiques », avec pour objectif « d’ôter toute possibilité à la population arabe d’agir en tant que groupe national jouissant de droits nationaux ».

Barakeh a indiqué, pour sa part, à Haaretz que la législation visait à « réduire la portée du discours et de l’action politique de la société arabe en portant atteinte à sa légitimité au sein du public en général, et au sein du public arabe en particulier ».

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