Le Liban rejette la proposition américaine sur le différend maritime avec Israël
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Le Liban rejette la proposition américaine sur le différend maritime avec Israël

Le chef du Hezbollah demande instamment aux dirigeants libanais de ne pas se diviser face aux "diables" américains dans un différend sur les eaux riches en pétrole

Le secrétaire d'État américain Rex Tillerson (G) rencontre le président du Parlement libanais Nabih Berri (D) à Beyrouth le 15 février 2018. (AFP Photo/Stringer)
Le secrétaire d'État américain Rex Tillerson (G) rencontre le président du Parlement libanais Nabih Berri (D) à Beyrouth le 15 février 2018. (AFP Photo/Stringer)

Le président du Parlement libanais a rejeté vendredi une proposition américaine visant à résoudre un différend frontalier maritime entre le Liban et Israël.

« La proposition est inacceptable », a déclaré Nabih Berri au secrétaire d’État adjoint par intérim David Satterfield, selon l’agence de presse officielle de la NNA.

Israël a récemment intensifié ses menaces en raison de l’initiative du Liban de lancer des appels d’offres pour l’exploration gazière offshore le long de la frontière maritime du pays, affirmant que le Liban va forer dans des zones appartenant à Israël. Les responsables libanais nient les déclarations israéliennes, affirmant que la zone où le pays a l’intention de forer appartient au Liban.

Le différend de longue date a récemment refait surface lorsque le Liban a signé un accord avec un consortium international pour le lancement de forages exploratoires en mer l’année prochaine.

Le ministre de la Défense, Avigdor Liberman, a qualifié l’appel d’offres d’exploration de « provocation » et a déclaré que le Liban avait lancé des appels d’offres à des groupes internationaux pour un champ gazier « qui est, de l’avis général, le nôtre ».

Illustration d’une plate-forme pétrolière en Méditerranée. (Nati Shohat/Flash90)

Ces déclarations ont suscité une vive condamnation de la part du Hezbollah, ainsi que des responsables libanais, dont le Premier ministre Saad Hariri.

Le chef du Hezbollah libanais a exhorté les dirigeants libanais à ne pas laisser l’administration américaine diviser leurs rangs au cours de la médiation.

Hassan Nasrallah a déclaré vendredi dans un discours télévisé que l’administration américaine, qui a joué un rôle de médiateur dans le conflit, n’est pas un intermédiaire honnête. Au contraire, Nasrallah a qualifié les Américains de « diables », ajoutant que les responsables américains défendent les droits d’Israël et profèrent des menaces contre les politiciens libanais.

Les détails de la médiation américaine ne sont pas encore disponibles. Le secrétaire d’État Rex Tillerson était au Liban jeudi, et la question était en tête de l’ordre du jour.

Il y a plus de 800 kilomètres carrés de superficie d’eaux revendiquées par les deux pays. Les responsables américains ont déjà tenté de servir de médiateur dans ce différend, y compris tout récemment par l’intermédiaire de Satterfield, qui s’est rendu dans la zone frontalière au Sud-Liban la semaine dernière, et qui accompagnait Tillerson jeudi.

« Nous n’avons demandé à personne d’abandonner quoi que ce soit. Nous cherchons plutôt une solution », a déclaré M. Tillerson aux journalistes lors d’une conférence de presse commune avec M. Hariri à Beyrouth. M. Tillerson a indiqué que des discussions « constructives » sont en cours sur la façon de sortir de « l’impasse » sur la question.

Outre la frontière maritime contestée, Israël et le Liban sont également en conflit au sujet de la construction d’un mur frontalier qui, selon le Liban, empiète sur son territoire. Les États-Unis ont tenté de servir de médiateur dans le différend, et M. Tillerson a suggéré qu’Israël devrait cesser de construire un mur frontalier jusqu’à ce que la frontière entre les deux pays soit établie.

Une photo prise le 8 février 2018, depuis la ville frontalière de Naqura, au sud du Liban, montre des équipes israéliennes travaillant sur un mur frontalier entre les deux pays. (AFP Photo/Mahmoud Zayyat)

Il a également déclaré que l’arsenal croissant du Hezbollah constituait une menace pour la sécurité du Liban et a appelé la milice soutenue par l’Iran à cesser ses activités à l’étranger pour contribuer à réduire les tensions dans la région. Les Etats-Unis et Israël considèrent le groupe chiite libanais qui a envoyé des milliers de combattants pour soutenir les forces du président Bashar el-Assad en Syrie comme une organisation terroriste.

« La présence du Hezbollah en Syrie n’a fait que renforcer les effusions de sang, accroître le déplacement d’innocents et soutenir le régime barbare d’el-Assad », a déclaré M. Tillerson lors de la conférence de presse avec Hariri, un allié occidental dont le gouvernement de coalition inclut le groupe terroriste.

« Leur présence en Irak et au Yémen a également alimenté la violence. Et les conséquences de l’implication du Hezbollah dans ces conflits lointains – qui n’ont rien à voir avec le Liban – se font sentir ici. »

Plus tôt jeudi, M. Tillerson a rencontré les principaux alliés du Hezbollah, notamment le président Michel Aoun, le ministre des Affaires étrangères Gibran Bassil et Berri.

M. Tillerson est le plus haut responsable de l’administration Trump à se rendre au Liban et le premier secrétaire d’État américain a être reçu en quatre ans.

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