Le Likud aurait “financé secrètement une campagne” montrant Herzog en travesti
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Le Likud aurait “financé secrètement une campagne” montrant Herzog en travesti

Le parti du Premier ministre aurait payé les images désobligeantes à l'encontre des chefs de l'Union sioniste, sans jamais déclarer qu'il en était à l'origine, a annoncé la Deuxième chaîne

Une campagne du Likud montrant le chef de l'Union sioniste Isaac Herzog en travesti. (Crédit : capture d'écran Deuxième chaîne)
Une campagne du Likud montrant le chef de l'Union sioniste Isaac Herzog en travesti. (Crédit : capture d'écran Deuxième chaîne)

Le Likud aurait secrètement financé des publicités durant les élections législatives de 2015 dépeignant le président de l’Union sioniste Isaac Herzog sous les traits d’un travesti et sa partenaire, la députée Tzipi Livni, comme une amie du Hezbollah et du Hamas, a révélé un reportage diffusé lundi sur la Deuxième chaîne.

L’Union sioniste a réagi avec indignation au reportage, disant que ces publicités secrètes devaient être illégales et demandant que le Premier ministre Benjamin Netanyahu soit contraint à les payer de sa propre poche.

L’image retouchée d’Herzog, qui avait fait le tour des réseaux sociaux, montrait le chef de l’opposition le visage maquillé et portant une chevelure rose agrémentée d’un nœud noir. Le mot hébreu mahapach, qui peut signifier « relooking » mais qui est largement utilisé en référence à un revers politique spectaculaire, couvrait une partie de la publicité, se moquant de l’utilisation de ce mot par Herzog durant la campagne.

Dans une autre publicité, accompagnée de la légende : « Voici l’homme qui répond toujours aux appels de Tzipi Livni », le chef du Hamas de l’époque, Khaled Meshaal, était représenté avec le mot « Zibi ? » inscrit dans une bulle de dialogue. Zibi, en arabe, est un mot cru désignant les organes génitaux masculins. En hébreu, il est utilisé comme mot argotique signifiant rien, ou foutaises, et il était ici utilisé comme allusion à la manière dont Meshaal prononcerait probablement le prénom de Livni.

Une autre vidéo, qui était devenue virale et aurait été financée par le Likud, montrait Meshaal, le chef du Hezbollah Hassan Nasrallah et le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas s’exprimant lors de rassemblements en appelant leur auditoire à « voter Tzipi ».

Une publicité du Likud mettant en scène le chef du Hamas, Khaled Meshaal. (Crédit : capture d'écran Deuxième chaîne)
Une publicité du Likud mettant en scène le chef du Hamas, Khaled Meshaal. (Crédit : capture d’écran Deuxième chaîne)

La Deuxième chaîne a annoncé que le Likud avait discrètement signalé les publicités au bureau du contrôleur de l’état après les élections, et demandé qu’elles soient reconnues comme des dépenses de campagne.

Herzog, dans une déclaration, a fait savoir que cette révélation « suscite le dégoût et montre la nature déplaisante de Netanyahu ».

Livni, pour sa part, a indiqué que « celui qui s’est rendu au Hamas, qui l’a payé [sous la forme de] milliers de terroristes à l’occasion d’un échange de prisonniers [pour le soldat capturé Gilad Shalit] et qui a négocié avec le groupe pour le cessez-le-feu durant l’opération Bordure protectrice, c’est Netanyahu. »

Le député de l’Union sioniste Amir Peretz, ancien chef du Parti travailliste qui tente actuellement d’en reprendre la tête, a expliqué que « le contrôleur de l’Etat doit juger qu’il s’agissait d’une campagne d’incitation et la priver de financement. En fait, Netanyahu devrait la financer de sa propre poche. »

« Des excuses de sa part n’y feront rien », a ajouté Peretz, parce que « Netanyahu est Netanyahu. Un homme qui incite, un agitateur qui ne s’arrêtera devant rien pour permettre à sa gouvernance de se perpétuer. »

Répondant au reportage, Nir Hefetz, chargé des relations publiques du Likud pendant la campagne, a indiqué que « ces documents ne sont jamais arrivés jusqu’à moi et manifestement pas non plus au Premier ministre […]. Le Premier ministre est absolument opposé à ce type de campagne. »

Barack Obama et Benjamin Netanyahu à la Maison Blanche le 1er octobre 2014 (Crédit photo: Jim Watson / AFP)
Barack Obama et Benjamin Netanyahu à la Maison Blanche le 1er octobre 2014 (Crédit photo: Jim Watson / AFP)

Ce reportage suit une histoire similaire mentionnée lundi par le quotidien Haaretz, qui affirmait que durant la campagne, le Likud aurait programmé – puis abandonné – une campagne négative à l’encontre du président américain de l’époque, Barack Obama. Il s’était appuyé sur des sondages internes d’électeurs israéliens qui indiquaient que la majorité d’entre eux avait un avis négatif sur le dirigeant américain.

Le Likud avait ainsi commandé 18 sondages avant que Netanyahu ne décide en décembre 2014 d’organiser des élections anticipées.

Sur la base de leurs conclusions, le Likud aurait prévu une campagne négative sur les réseaux sociaux, montrant une photo peu flatteuse d’Obama au téléphone avec le slogan : « Celui qui répond au téléphone aux Etats-Unis ne nous intéresse pas, nous ne nous intéressons qu’aux préoccupations sécuritaires de l’Etat d’Israël. »

La publicité, qui venait dans un contexte de relations réputées glaciales entre Obama et Netanyahu, avait été plus tard abandonnée, indiquait l’article.

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