Le Likud demande un vote accéléré sur l’élection directe du Premier ministre
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Le Likud demande un vote accéléré sur l’élection directe du Premier ministre

Cette tentative intervient avant la date limite fixée au Premier ministre pour former un gouvernement; les partis rivalisent pour former la coalition, Raam ne recommandera personne

Stuart Winer est journaliste au Times of Israël

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu (G) avec le député Miki Zohar lors d'une réunion de faction du Likud à la Knesset, le 7 décembre 2015. (Yonatan Sindel/Flash90)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu (G) avec le député Miki Zohar lors d'une réunion de faction du Likud à la Knesset, le 7 décembre 2015. (Yonatan Sindel/Flash90)

À quelques heures de l’expiration du mandat du Premier ministre Benjamin Netanyahu pour former un gouvernement, le président de la faction du Likud, le député Miki Zohar, a déclaré mardi qu’il prévoyait de demander l’approbation d’une commission clé de la Knesset pour accélérer l’adoption d’un projet de loi proposant un vote direct pour l’élection du Premier ministre afin de sortir de l’impasse politique qui a suivi les élections non concluantes du mois dernier.

M. Netanyahu a jusqu’à minuit pour annoncer la formation d’une coalition, ou la tâche pourrait être confiée à un autre législateur par le président Reuven Rivlin, qui aurait jusqu’à trois jours pour décider de la suite des événements.

Toutefois, les partis qui soutiennent Netanyahu en tant que Premier ministre n’ont pas de majorité au sein de la commission des arrangements de la Knesset – ni à la Knesset elle-même – ce qui rend peu probable une adoption rapide du projet de loi.

La proposition, qui a été défendue au nom de Netanyahu depuis le mois dernier, intervient dans un contexte de manœuvres politiques et d’incitation à l’approche de la date limite de minuit à laquelle Netanyahu doit former une coalition majoritaire, et avec l’espoir que s’il échoue, le mandat reviendra au leader de l’opposition le député Yair Lapid, le chef du parti Yesh Atid.

M. Zohar a déclaré sur Twitter qu’il souhaitait que la commission des arrangements, qu’il préside, approuve la levée d’une exigence procédurale selon laquelle les projets de loi doivent attendre 45 jours entre leur dépôt à la Knesset et leur mise aux voix. Il a également l’intention de demander la même approbation pour une liste d’autres projets de loi soutenus par le bloc pro-Netanyahu, notamment un projet autorisant la peine de mort pour les terroristes condamnés et un autre légalisant les avant-postes non reconnus de Cisjordanie.

M. Zohar a convoqué une réunion de la commission pour 17 h 30.

« Avec l’aide de Dieu, à 17h30, tous les citoyens israéliens sauront où la gauche veut mener Bennett et Saar », a tweeté Zohar, faisant respectivement référence aux chefs des partis de droite Yamina et Tikva Hadasha.

Il a ajouté : « Le vote en [commission] des arrangements sur toutes ces lois clarifiera la signification d’un gouvernement de gauche avec une petite feuille de vigne de droite par-dessus. »

Si Lapid est chargé de former un gouvernement, il pourra choisir un nouveau président de la commission des arrangements au sein de son propre parti, ce qui réduira à néant toute chance que le projet de loi sur le vote direct soit examiné à la Knesset.

Si la commission accorde son autorisation, le projet de loi pourrait être soumis aux trois lectures mercredi. S’il est adopté, le pays empruntera une autre voie pour résoudre la crise politique.

Le président de Yamina, Naftali Bennett, dirige une réunion de faction à la Knesset, le 26 avril 2021. (Yonatan Sindel/Flash90)

Selon les termes du projet de loi, tout député ayant le soutien de 20 autres législateurs pourra se présenter aux élections, qui se tiendront dans un mois. Les sondages ont toujours montré que Netanyahu est le législateur le plus populaire pour être Premier ministre, même s’il n’a pas obtenu de majorité aux élections.

L’équilibre des pouvoirs au sein de la commission des arrangements a été décidé lors d’un vote clé à la Knesset le mois dernier, lorsqu’une proposition de composition de la commission présentée par le Likud de Netanyahu et ses alliés a été rejetée, au profit de celle du chef de l’opposition. La Commission des Arrangements, un organe temporaire formé après les élections, est au cœur des procédures de la Knesset et dispose d’un grand pouvoir jusqu’à ce qu’un gouvernement soit constitué.

La proposition d’organiser un vote direct pour le poste de Premier ministre a été présentée pour la première fois le mois dernier par le parti ultra-orthodoxe Shas, un pilier essentiel du bloc religieux de droite de Netanyahu, bien que les responsables du Likud l’aient présentée à des alliés potentiels avant que Shas ne l’encourage publiquement.

Netanyahu dirige un bloc de partis de droite et de partis religieux face au « bloc du changement » de Lapid, composé de partis de droite, du centre et de gauche, qui cherche à évincer le Premier ministre actuel. Aucun des deux blocs n’a de majorité à la Knesset et deux partis ont été laissés en position de faiseur de roi, Yamina dirigé par Naftali Bennett et le parti arabe islamiste Raam, dirigé par Mansour Abbas.

Les deux blocs auraient probablement besoin de la coopération de ces deux partis pour avoir une majorité, Bennett cherchant à devenir lui-même Premier ministre et Abbas offrant un soutien extérieur au gouvernement qui conviendrait le mieux à la communauté qu’il représente.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu lors d’une conférence de presse à son bureau de Jérusalem, le 20 avril 2021. (Crédit : Yonatan Sindel / Flash90)

Bennett et Abbas ont négocié avec les deux blocs mais ne se sont pas encore engagés avec l’un ou l’autre. Bennett a demandé instamment la mise en place d’un gouvernement de droite et a déclaré qu’il soutiendrait un gouvernement dirigé par Netanyahu à condition qu’il dispose d’une majorité à la Knesset ; dans le cas contraire, il pourrait rejoindre le bloc de Lapid.

Mardi, le parti Yamina de Bennett a déclaré qu’il soutiendrait l’accélération du vote sur l’élection directe du Premier ministre et les autres lois proposées par Netanyahu, à l’exception de celle qui annule la répartition égalitaire du pouvoir dans le gouvernement actuel.

Yamina a déclaré qu’il n’avait pas encore décidé s’il allait soutenir l’adoption des projets de loi, et que tout ce qu’il ferait pour l’instant serait d’accepter qu’ils soient soumis au vote sans délai.

Tikva Hadasha, le parti de droite anti-Netanyahu, a déclaré qu’il voterait contre la candidature à l’élection directe mais qu’il soutiendrait le vote légalisant les avant-postes non reconnus de Cisjordanie.

Mardi, les partis et les législateurs ont fait pression les uns sur les autres pour savoir ce qui se passerait si, comme cela semble certain, la date limite passait sans qu’un gouvernement dirigé par Netanyahu soit formé. Rivlin tiendra des consultations pour déterminer quel législateur a le plus de soutien – et donc la meilleure chance – de former un gouvernement. Les deux candidats les plus probables sont Lapid et Bennett.

Netanyahu n’étant apparemment pas en mesure de respecter l’échéance, le Likud s’efforce plutôt de convaincre Abbas de soutenir Bennett pour qu’il soit chargé de former un gouvernement, rapporte le site d’information Walla, et le chef du parti Yamina est également impliqué dans cette démarche. Selon le média, si Abbas accepte, l’ensemble du bloc Netanyahu recommandera à Rivlin que Bennett obtienne le mandat plutôt que Lapid.

Toutefois, Walla a ensuite rapporté qu’Abbas avait dit au Likud qu’il n’annoncerait pas qui son parti soutient pour former un gouvernement.

« À la fin du cycle [de consultations], nous choisirons celui qui a le plus de recommandations », aurait déclaré M. Abbas.

Le Likud cherche à obtenir le soutien d’au moins 61 législateurs, soit la majorité des 120 sièges de la Knesset, afin de forcer la main à M. Rivlin sur cette question, selon la source.

« Abbas n’a pas exclu cette possibilité », a déclaré une source à Walla. Bien qu’Abbas ait indiqué par le passé qu’il pourrait soutenir un gouvernement de droite, c’est son parti Raam qui a fait pencher la balance contre le Likud lors du vote crucial sur la composition de la commission des arrangements.

Mansour Abbas, chef du parti Raam, dirige une réunion de faction, au Parlement israélien, le 19 avril 2021. (Olivier Fitoussi/Flash90)

D’autres médias israéliens ont rapporté que les partis ultra-orthodoxes, qui font partie du bloc de Netanyahu, ont offert au chef du parti Kakhol lavan, le ministre de la Défense Benny Gantz, le soutien de l’ensemble du bloc pour obtenir le mandat de former un gouvernement plutôt que Lapid.

Kakhol lavan a rapidement démenti ces informations, déclarant dans un communiqué qu’il « soutient et agit pour remplacer le gouvernement Netanyahu via le bloc du changement. Le ministre de la Défense a ordonné à son entourage proche de faire tous les efforts et d’agir de toutes les manières possibles afin d’aider Lapid à obtenir le mandat de la part du président. »

Renforçant encore son engagement, M. Gantz s’est ensuite entretenu avec le leader du parti à prédominance arabe Liste arabe unie, le député Ayman Odeh, et avec l’un des principaux législateurs de ce parti, le député Ahmad Tibi, les exhortant tous deux à soutenir M. Lapid.

« Apportez votre soutien à Lapid », a demandé Gantz aux législateurs, selon un rapport du site du quotidien Maariv. « Nous devons lever toutes les barrières et soutenir sa candidature, sinon l’avenir des minorités et l’égalité sociale ne feront pas partie du pays. Soutenez Lapid, sinon les lumières seront éteintes ici pendant de nombreuses années. »

Le leader de Yesh Atid, Yair Lapid, lors de la réunion hebdomadaire de son groupe à la Knesset, le 5 mai 2021. (Autorisation)

M. Gantz, qui fait partie du gouvernement d’unité existant avec M. Netanyahu, s’est également entretenu avec les dirigeants des partis travailliste et Meretz, selon les médias.

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