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Le Likud désavoue le militant qui appelle à « l’exécution » des procureurs de l’Etat

Le parti a affirmé que Michael Ben Shushan n'était plus membre du parti depuis 1998 ; Netanyahu a lui-même accusé les procureurs de fabriquer des accusations pour l'évincer

Les partisans du Premier ministre Benjamin Netanyahu scandent des slogans et brandissent des panneaux pour le soutenir lors d'une contre-manifestation organisée aux abords du siège du parti du Likud à Tel Aviv, alors que des Travaillistes se sont rassemblés à proximité contre lui, le 22 novembre 2019 (Crédit : Jack Guez/AFP)
Les partisans du Premier ministre Benjamin Netanyahu scandent des slogans et brandissent des panneaux pour le soutenir lors d'une contre-manifestation organisée aux abords du siège du parti du Likud à Tel Aviv, alors que des Travaillistes se sont rassemblés à proximité contre lui, le 22 novembre 2019 (Crédit : Jack Guez/AFP)

Un militant du Likud a provoqué un tollé après avoir déclaré que certains fonctionnaires du ministère public devraient être « exécutés » pour avoir « trahi » les institutions de l’État, dans des commentaires qui ont suscité l’indignation du public et entraîné la condamnation du Likud.

Les commentaires de Michael Ben Shushan ont été formulés lors d’un événement en ligne sur la plateforme « Spaces » de Twitter, animé par le militant du Likud Rami Ben-Yehuda, connu pour ses attaques virulentes contre les rivaux politiques, les opposants au parti, et en particulier contre son leader, l’ancien Premier ministre Benjamin Netanyahu.

Netanyahu, 72 ans, est jugé dans trois affaires distinctes de corruption : pour fraude et abus de confiance dans les affaires 1000 et 2000, et pour corruption, fraude et abus de confiance dans l’affaire 4000. Il nie toutes les allégations portées contre lui et affirme que les accusations ont été fabriquées.

Au cours d’une discussion sur les accusations à laquelle ont participé de nombreux autres militants du Likud, on a demandé à Ben Shushan ce qu’il considérait comme le moyen le plus efficace de faire changer les comportements de l’accusation.

Ben Shushan a déclaré que sa position était « un peu extrémiste, mais rapide, et résoudrait totalement le problème ».

Exposant sa solution, il poursuit : « Nous organisons un procès en grandes pompes et prenons tous ceux qui ont beaucoup de pouvoir, ceux qui ont utilisé ce pouvoir pour corrompre. Nous peignons un mur en blanc… les alignons et les exécutons… pour avoir trahi l’État et ses institutions. Tout le monde pourra ensuite venir et s’expliquer sur leurs actions. »

« Nous devons construire trois nouvelles prisons et notre nation aura bien meilleure allure », a-t-il ajouté, faisant apparemment allusion à son désir d’incarcérer d’autres responsables de la justice.

Ces remarques choquantes ont été partagées par le journaliste Ben Caspit sur Twitter lundi et ont depuis suscité l’indignation publique.

Rami Ben-Yehuda, militant du Likud. (Crédit : Capture d’écran/La Douzième chaîne)

La députée travailliste, Naama Lazimi a tweeté lundi matin qu’elle avait déposé plainte contre Ben Shushan pour incitation au meurtre.

« Lorsque vous menacez [des membres importants de l’accusation], vous menacez la démocratie. Je demande instamment au chef de la police [Kobi Shabtai] de s’assurer que cette dangereuse personne soit immédiatement interrogée. Nous ne devons pas rester silencieux face à ces dangereux commentaires. Il y a des limites à ne pas dépasser », a écrit Lazimi.

Caspit a indiqué sur Twitter qu’une source policière lui avait dit que l’enregistrement de l’événement était examiné par les autorités.

Le Likud a publié une déclaration condamnant les commentaires de Ben Shushan.

« L’ancien Premier ministre Benjamin Netanyahu condamne totalement ces remarques incitatives à l’encontre des membres du bureau du procureur général », peut-on lire dans la déclaration du Likud, qui ajoute que Netanyahu a également demandé à la police d’ouvrir une enquête.

Le parti a également désavoué l’activiste, affirmant qu’il n’était plus membre du parti depuis 1998.

L’ancien ministre du Likud Ayoub Kara, qui a annoncé qu’il participerait aux primaires du parti, a, pour sa part, refusé de condamner Ben Shushan, affirmant que de tels commentaires « sont le résultat d’un État en déliquescence ».

« Je ne condamne rien », a-t-il dit, ajoutant que, même s’il ne soutient pas « un tel discours… la liberté d’expression en Israël est si laxiste que certains sont même allés rendre visite à des terroristes ».

Kara a également suggéré que les fonctionnaires de la justice soient poursuivis pour leurs actions contre Netanyahu, déclarant que « ceux qui ont décidé d’inculper [Netanyahu]… ceux qui ont décidé de le bannir de cette manière, non pas par le biais d’élections, mais par le biais du tribunal, devraient être traduits en justice. »

Evoquant le procès pour corruption en cours contre Netanyahu, Kara a fait valoir que le procès « a donné plus de pouvoir à Netanyahu. Une grande partie du public le voit comme une victime – comme Dreyfus. »

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu faisant une déclaration avant d’entrer pour le début de son procès pour corruption dans une salle d’audience du tribunal de Jérusalem, le 24 mai 2020. (Crédit : Yonathan Sindel/POOL/AFP)

Netanyahu lui-même s’est souvent déchaîné contre les procureurs, alléguant qu’ils essayaient de l’évincer du pouvoir dans le cadre d’une conspiration ostensible pour laquelle il n’a jamais fourni de preuves.

Dans une interview accordée au début du mois, l’adjoint au procureur général sortant Raz Nizri a déclaré que certaines des déclarations de Netanyahu étaient « fausses, dangereuses et incitatives, car elles sapaient les fondements de l’État de droit et de la démocratie ».

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