Le Likud double le budget du plan de caméras dans les bureaux de vote arabes
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Le Likud double le budget du plan de caméras dans les bureaux de vote arabes

Le chef de la commission centrale électorale devrait faire part en détail de ce que les agents électoraux seront autorisés à faire avec les caméras

Jacob Magid est le correspondant pour les questions liées aux implantations pour le Times of Israël

Un Arabe israélien se prépare à voter aux élections parlementaires israéliennes dans un bureau de vote installé dans une école à Taibé, dans le nord du pays, le 9 avril 2019. (Crédit : Ahmad Gharabli/AFP)
Un Arabe israélien se prépare à voter aux élections parlementaires israéliennes dans un bureau de vote installé dans une école à Taibé, dans le nord du pays, le 9 avril 2019. (Crédit : Ahmad Gharabli/AFP)

Le parti du Likud a multiplié par deux son budget destiné à une opération de surveillance des bureaux de vote dans les villes arabes pour les élections du mois de septembre, élargissant encore un programme qui, selon ses critiques, est utilisé pour intimider les votants, dissuadant les Arabes israéliens de se rendre aux urnes.

Au cours du dernier scrutin, au mois d’avril, le parti du Likud avait équipé 1 200 représentants de son comité électoral de caméras cachées. Ces derniers les avaient placées dans les bureaux de vote des communautés arabes de tout le pays.

La formation du Premier ministre Benjamin Netanyahu va consacrer approximativement deux millions de shekels au programme, a confirmé une source proche de l’opération auprès du Times of Israel.

L’objectif déclaré du projet était d’empêcher la fraude électorale dans les communautés arabe qui serait importante, selon les organisateurs du programme. Mais Hanan Melcer, juge à la Cour suprême qui a supervisé les élections du mois d’avril et qui assumera la même mission pendant le scrutin du mois de septembre, a fait part de ses inquiétudes face à l’utilisation des caméras.

Au mois d’avril, les partis arabes et autres critiques avaient fustigé la présence des caméras, disant qu’elles visaient à intimider les citoyens arabes du pays et à les dissuader de s’exprimer dans les urnes.

Une caméra cachée sur un observateur du Likud, dans un bureau de vote d’une ville arabe, lors des élections du 9 avril 2019. (Crédit : Hadash-Taal)

La commission centrale électorale devrait se rencontrer à la fin de la semaine pour débattre du dossier. Pendant cette réunion, le parti du Likud – représenté auprès de l’instance électorale par le député David Bitan — devrait demander à Melcer de rédiger par écrit et en détail ce que les observateurs, dans les bureaux de vote, pourront faire et ne pas faire avec les caméras de surveillance.

La formation demandera également à ce que les responsables de son parti, dans les villes arabes, bénéficient d’une protection policière supplémentaire, a précisé la source.

Cet élargissement du programme a été en premier lieu rapporté par la Treizième chaîne.

Les régulations électorales israéliennes autorisent les membres de partis distincts à constituer deux des trois agents électoraux présents dans chaque bureau de vote.

Un quatrième individu, affilié à un autre parti, peut être également présent en tant qu’observateur désigné.

Avec cette augmentation budgétaire, le Likud sera en mesure de placer de nouveaux observateurs dans les bureaux de vote où il n’y en avait pas au mois d’avril, a continué la source.

Le Likud devrait pouvoir contourner la règle interdisant à deux personnes issues du même parti de se trouver dans un bureau de vote via un accord passé avec d’autres formations, qui sont susceptibles de « prêter » leurs agents électoraux et leurs observateurs.

Tandis que les observateurs ne seront pas autorisés à prendre place à la table d’enregistrement avec les autres membres des comités électoraux, ils auront la permission de rester dans leurs bureaux respectifs pendant toute la journée.

Avec les renforts policiers réclamés, les organisateurs de cette opération espèrent que leurs activistes pourront surveiller tous les bureaux de vote sans intervention ni menaces de la part des membres de la communauté arabe, a poursuivi la source.

Cette opération devrait encore une fois être mise en place par la firme de communications Kaizler-Inbar, a précisé la source. C’est la même firme qui avait organisé cette initiative au mois d’avril, en recrutant des activistes issus majoritairement des séminaires du mouvement national-religieux de tout le pays.

Elle s’était vantée dans un post publié sur Facebook, peu après le vote, de sa « réussite » après avoir amené la participation électorale des Arabes israéliens à moins de 50 % – le chiffre le plus bas depuis des décennies.

Un Israélien se présente à un bureau de vote pour les élections législatives du 9 avril 2019 dans la ville arabe de Taibe, dans le nord d’Israël. (Ahmad Gharabli/AFP)

Lundi soir, Tamar Zandberg, députée du Meretz, a déposé une requête auprès de la commission centrale électorale, demandant à Melcer d’intervenir pour empêcher le Likud de mener à bien son projet au mois de septembre.

Citant le post paru sur Facebook au mois d’avril, elle a écrit à Melcer qu’il « apparaît clairement à tous qu’il y a un projet de suppression des électeurs de la part du parti au pouvoir qui cible un public dont il considère la participation au scrutin comme une menace politique majeure ».

Des responsables du Likud ont prétendu que les caméras avaient pour but de filmer d’éventuelles fraudes commises par les autres membres des comités électoraux pendant la journée, ainsi que le décompte des bulletins après la fermeture des bureaux. Ce programme a été supervisé par le ministre du Likud Yoav Galant, qui a régulièrement informé Netanyahu de son avancée.

Peu après l’ouverture des bureaux de vote, le 9 avril, les responsables des bureaux de vote arabes avaient remarqué les caméras et les articles d’information qui avaient suivi, faisant état de cette opération qui était jusqu’alors secrète, avaient suscité l’indignation des membres de l’opposition, furieux de ce ciblage d’une communauté minoritaire.

(En haut à droite) Sagi Kaizler et Gadi Deee posent pour une photo avec le Premier ministre Benjamin Netanyahu (en bas à gauche) et son épouse Sara après les résultats des élections, le 9 avril 2019 (Crédit : Kaizler-Inbar))

Après un dépôt de plainte, Melcer avait ordonné que les responsables des bureaux de vote appartenant au Likud soient enlevés dans les bureaux de vote arabes.

Toutefois, moins d’une heure plus tard, il avait donné le feu vert à l’usage de ces caméras dans la mesure où elles n’étaient pas utilisées pour filmer les électeurs mais pour surveiller les autres officiels des bureaux de vote.

Melcer avait conditionné l’utilisation continue des caméras pendant les heures de vote, disant qu’elle ne devait survenir « que dans les cas où il y a une crainte de violation substantielle de l’intégrité des élections ».

L’utilisation d’enregistrements audios avait été accordée pendant toute la journée.

Melcer avait statué que pendant le décompte des votes, les caméras seraient également autorisées, mais seulement après qu’il eut été dit aux autres membres du comité du bureau qu’ils étaient filmés.

Depuis les élections du mois d’avril, la police a ouvert des enquêtes concernant des soupçons de fraude électorale dans deux bureaux de vote : Un dans la ville d’Afula et le second dans la ville druze de Kisra-Sumei. Aucun des deux n’avait été ciblé par le programme de surveillance du Likud.

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