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Le Likud refuse d’exclure les listes religieuses dans ses négociations

Entrant dans les négociations avec les représentants de Gantz, Yariv Levin, du Likud, insiste sur le fait qu'il représente le bloc des partis de droite dirigés par le Likud

Jacob Magid est le correspondant du Times of Israël aux États-Unis, basé à New York.

Les négociateurs de coalition de Kakhol lavan Yoram Turbowicz, à gauche, et  Shalom Shlomo, deuxième à droite, aux côtés des négociateurs du Likud, le ministre du Tourisme  Yariv Levin, deuxième à gauche, et Michael Rabello, à droite, se rencontrent à  Kfar Maccabiah, le 27 octobre 2019 (Crédit : Elad Malkah)
Les négociateurs de coalition de Kakhol lavan Yoram Turbowicz, à gauche, et Shalom Shlomo, deuxième à droite, aux côtés des négociateurs du Likud, le ministre du Tourisme Yariv Levin, deuxième à gauche, et Michael Rabello, à droite, se rencontrent à Kfar Maccabiah, le 27 octobre 2019 (Crédit : Elad Malkah)

La première réunion entre les négociateurs du Likud et de Kakhol lavan depuis que Benny Gantz a été chargé de former une coalition, la semaine dernière, s’est achevée dimanche. Les représentants du Premier ministre Benjamin Netanyahu ont refusé de reculer sur leur engagement de ne rejoindre un gouvernement qu’aux côtés des membres de leur bloc religieux de droite.

Kakhol lavan a fait savoir dans un communiqué émis à l’issue de l’entretien entre les formations, qui a duré deux heures à Kfar Maccabiah, que la rencontre avait eu lieu « dans un bon état d’esprit » mais que le Likud « continue à insister sur le fait qu’il représente un bloc de 55 membres… et qu’il n’est prêt à aucun compromis sur la question ».

Dans une déclaration faite lors de son entrée dans la réunion, le chef de l’équipe de négociations du Likud, Yariv Levin, a déclaré que « nous arrivons à la réunion des négociateurs aujourd’hui sur l’invitation de Kakhol lavan, en représentant le bloc de droite fort de 55 membres ».

Vingt-quatre heures après les élections du mois dernier, les chefs des formations ultra-orthodoxes Shas et YaHadout HaTorah, aux côtés du Likud et de la liste Yamina (qui s’est depuis dissoute, redevenant nommément HaYamin HaHadash et HaBayit HaYehudi) ont tous convenu d’entrer dans les négociations de coalition sous la forme d’un bloc uni de 55 membres.

Tandis que Kakhol lavan avait établi clairement que son intérêt premier portait sur un gouvernement d’unité avec le Likud, l’alliance centriste a fait savoir, la semaine dernière, qu’elle désirait négocier individuellement avec les partis.

Gantz s’est adressé aux leaders de toutes les formations, sauf à celui de la faction Balad, qui appartient à la ligne dure et fait partie de la Liste arabe unie, concernant l’organisation de rencontres avec pour objectif de rassembler une coalition.

Toutefois, Shas, YaHadout HaTorah, HaYamin HaHadash et HaBayit HaYehudi ont indiqué qu’ils permettraient aux négociateurs du Likud, dirigés par Levin, de parler en leur nom.

Les négociateurs de coalition de Kakhol lavan, Yoram Turbowicz (deuxième à gauche) et Shalom Shlomo (à gauche) aux côtés des négociateurs du Likud, le ministre du Tourisme Yariv Levin (deuxième à droite) et Michael Rabello (à droite) se rencontrent à Kfar Maccabiah, le 27 octobre 2019 (Crédit : Elad Malkah)

Dans les jours qui avaient précédé le scrutin du mois dernier, les chefs de Kakhol lavan avaient déclaré qu’ils tenteraient de former un gouvernement sans les Haredim et sans les partis religieux de la ligne dure.

Kakhol lavan a indiqué avoir demandé aux négociateurs du Likud de prévoir des rencontres de suivi au cours des prochains jours.

Kakhol lavan a été représenté, dimanche après-midi, par Yoram Turbowicz et Shalom Shlomo, tandis que Levin et Michael Rabello ont été envoyés pour le compte du Likud.

Levin a indiqué en amont de la réunion de dimanche qu’il « n’y a rien d’autre de possible qu’un gouvernement d’unité basé sur les grandes lignes définies par le président ».

Ce plan d’unité gouvernementale précédemment proposé par le président Reuven Rivlin prévoit une division égale du pouvoir entre Netanyahu et Gantz, qui passeraient chacun deux années au poste de Premier ministre.

Rivlin a laissé entendre – sans le préciser ouvertement toutefois – que Netanyahu prendrait un congé à durée indéterminée s’il devait être inculpé dans l’une des enquêtes ou plus dans lesquelles il doit répondre d’accusations de corruption. Selon les termes de l’arrangement mis au point par Rivlin, Gantz, en tant que « Premier ministre par intérim », jouirait alors de toute l’autorité d’un Premier ministre.

Mais l’idée de Gantz servant au poste de Premier ministre seulement après Netanyahu serait inenvisageable pour Kakhol lavan, qui a gagné un siège de plus que le Likud au cours du scrutin.

Dans son communiqué émis à l’issue de la rencontre, Kakhol lavan a indiqué chercher à établir un gouvernement « avec pour préalable et prémisse le fait que le mandat se trouve actuellement entre les mains du président de Kakhol lavan, le député et général Benny Gantz, ce qui en fait le Premier ministre en titre ».

Le président Reuven Rivlin , à droite, présente à Benny Gantz, le chef de Kakhol lavan, le mandat pour former un nouveau gouvernement, après l’échec de Benjamin Netanyahu à constituer un gouvernement, à la résidence du Président à Jérusalem, le 23 octobre 2019. (Yonatan Sindel/Flash90)

« Nous avons voulu conclure un tel accord quand le mandat se trouvait entre nos mains mais nous souhaitons encore le conclure alors qu’il se trouve entre les mains de Benny Gantz », a expliqué Levin.

Il a noté avoir l’intention d’obtenir des réponses claires de la part des négociateurs de Kakhol lavan sur leur éventuelle acceptation de la proposition de Rivlin, et être également désireux de savoir si les discussions avec le Likud étaient purement une couverture pour une intention réelle que nourrirait, selon eux, la formation : Celle de mettre en place un gouvernement minoritaire avec le soutien extérieur de la Liste arabe unie.

Kakhol lavan doit encore publiquement faire part de son intérêt pour une telle option mais les députés du Likud ont insisté sur le fait que c’est ce que Gantz a prévu.

Gantz et Netanyahu devaient se rencontrer en face à face, quelques heures plus tard, au siège de l’armée israélienne à Tel Aviv, sur l’invitation du leader de Kakhol lavan.

Citant des mises en garde récentes du chef d’Etat-major Aviv Kochavi, Netanyahu, dans la journée de dimanche, a déclaré que la possibilité d’un conflit nécessitait la formation rapide d’un large gouvernement d’unité, apte à répondre aux menaces sécuritaires.

Netanyahu a échoué à négocier une coalition suite au scrutin du mois dernier à la Knesset, amenant Rivlin à désigner son principal adversaire, Gantz, ancien chef d’Etat-major, a tenté de rassembler les factions politiques israéliennes disparates.

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