Le Likud revendique la campagne contre des journalistes
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Le Likud revendique la campagne contre des journalistes

Le Premier ministre et son parti au pouvoir confirment être à l'origine des affiches anonymes accusant de célèbres journalistes d'influencer les élections

Une affiche de campagne du Likud montrant des journalistes (de gauche à droite) : Raviv Drucker, Guy Peleg, Amnon Abramovich et Ben Caspit, "Ils ne décideront pas. C'est vous qui déciderez" dans le centre d'Israël, 20 janvier 2019. (Crédit : Twitter)
Une affiche de campagne du Likud montrant des journalistes (de gauche à droite) : Raviv Drucker, Guy Peleg, Amnon Abramovich et Ben Caspit, "Ils ne décideront pas. C'est vous qui déciderez" dans le centre d'Israël, 20 janvier 2019. (Crédit : Twitter)

Après les critiques de figures de l’opposition d’une campagne anonyme contre plusieurs journalistes qui ont fait état des enquêtes visant le Premier ministre Benjamin Netanyahu, le Likud a assumé, dimanche, la paternité de l’affiche.

Celle-ci se trouvait au niveau de l’échangeur de Glilot sur la Route 5, non loin de Tel Aviv. Elle arborait les visages des journalistes Amnon Abramovich et Guy Peleg de Hadashot TV, Raviv Drucker de la Treizième chaîne, et Ben Caspit du quotidien Maariv, surmontés d’une phrase : « Ils ne décideront pas » — visiblement en référence aux élections du 9 avril.

Dimanche, la même image est apparue sur des affiches du Likud placardées en bordure d’autoroutes du centre du pays, accompagnée du slogan : « C’est vous qui déciderez. » Des photos des affiches ont également été mises en ligne sur les comptes de réseaux sociaux de Netanyahu et du Likud.

Elles contenaient également le slogan : « Davka Netanyahu. Likud. »

Le mot hébreu davka — littéralement « en dépit de », « précisément » ou « de façon inattendue » — possède plusieurs connotations dans ce contexte. On peut l’interpréter comme une incitation destinée aux électeurs à soutenir Netanyahu malgré, ou à cause des, critiques des médias à son égard et/ou les trois enquêtes pour pots-de-vin dont il fait l’objet. On peut également le voir comme un appel aux électeurs à soutenir Netanyahu précisément face au discours de longue date de l’opposition exhortant à voter pour « tout sauf Netanyahu », ou face à l’éclatement de la droite en plusieurs listes électorales.

Le slogan associé aux photos des journalistes fait apparemment référence à la décision en suspens du procureur général Avichai Mandelblit d’inculper ou non Netanyahu dans les affaires de corruption qui le visent. Il semble affirmer que les journalistes affichés tentent d’influencer illégitimement les résultats des élections.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu (à gauche) et le procureur général Avichai Mandelblit lors d’une réunion du gouvernement en juillet 2015, quand Mandelblit était secrétaire du cabinet. (Crédit : Emil Salman/POOL)

L’une des enquêtes concerne les cadeaux que Netanyahu aurait reçus de bienfaiteurs milliardaires, les deux autres portent sur des soupçons de contreparties que Netanyahu aurait accordées ou envisagé d’accorder en échange d’une couverture médiatique favorable.

Le Premier ministre, qui accuse régulièrement les médias et les partis de gauche de mener une « chasse aux sorcières » contre lui, a publié une vidéo samedi dans laquelle il leur reproche de faire pression sur le procureur général pour qu’il l’inculpe « à tout prix ».

Benjamin Netanyahu est donné favori des élections législatives anticipées du 9 avril par les sondages, mais d’éventuelles inculpations, évoquées par les médias, pourraient changer la donne.

Après des mois d’investigations, la police a recommandé l’inculpation de Netanyahu dans trois affaires de corruption présumée. La décision appartient désormais au procureur général Avichaï Mandelblit.

La vidéo diffusée samedi soir sur les réseaux sociaux débute par un panneau sur lequel est écrit: « Cela fait trois ans que la gauche et les médias poursuivent le procureur général pour qu’il décide d’une inculpation (du Premier ministre) à tout prix ».

La vidéo montre ensuite des opposants de Netanyahu manifestant devant le domicile du procureur général dans la banlieue de Tel-Aviv, en novembre 2016 notamment. Les protestataires brandissent des pancartes exigeant sa démission et crient « Bibi (le surnom du Premier ministre), ta place est en prison ». La vidéo s’achève par la question « Vont-ils réussir ? », en allusion aux opposants.

האם הם יצליחו?

Posted by ‎Benjamin Netanyahu – בנימין נתניהו‎ on Saturday, 19 January 2019

Cité par les médias, le ministère de la Justice a assuré que « les rumeurs propagées et autres vidéos n’auront aucune influence sur la décision qui sera prise (par le procureur général) uniquement en fonction de critères professionnels ».

Netanyahu et son épouse Sara sont notamment soupçonnés d’avoir tenté de s’assurer les grâces d’un site d’informations en contrepartie de faveurs gouvernementales accordées à un grand groupe de télécommunications.

Le Premier ministre a déjà annoncé qu’il ne démissionnerait pas s’il était convoqué à une audition avant les élections.

L’audition préalable à l’inculpation est une étape cruciale de la procédure israélienne. Un individu y a une dernière chance de convaincre l’accusation de ne pas l’envoyer devant un tribunal.

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