Le Likud se dit ouvert à un accord de partage du pouvoir avec Kakhol lavan
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Le Likud se dit ouvert à un accord de partage du pouvoir avec Kakhol lavan

Yuval Steinitz dit que ses rivaux centristes ont rejeté la proposition de Rivlin en raison de querelles intestines entre Gantz et Lapid ; Yariv Levin : une 3e élection est probable

Le Président Reuven Rivlin (au centre) rencontre le Premier ministre Benjamin Netanyahu (à gauche) et le chef du parti Kakhol lavan Benny Gantz à la résidence du président à Jérusalem, le 23 septembre 2019. (Crédit : Haim Zach/GPO)
Le Président Reuven Rivlin (au centre) rencontre le Premier ministre Benjamin Netanyahu (à gauche) et le chef du parti Kakhol lavan Benny Gantz à la résidence du président à Jérusalem, le 23 septembre 2019. (Crédit : Haim Zach/GPO)

Des ministres du Likud ont déclaré jeudi que le parti est ouvert à l’idée d’un compromis sur le partage du pouvoir avec le parti rival Kakhol lavan dans un gouvernement d’unité, comme l’a suggéré le président Reuven Rivlin afin de sortir de l’impasse politique.

« Nous sommes prêts et disposés à négocier sur la base du cadre présenté par le président. L’orientation qu’il a proposée est juste », a déclaré le ministre du Tourisme Yariv Levin, négociateur du Likud dans les pourparlers de coalition, dans une interview avec le radiodiffuseur public Kan. « Cette alternative n’est pas celle que nous espérions, mais c’est bien mieux qu’une troisième élection. »

Ses propos ont été repris par le ministre de l’Énergie, Yuval Steinitz.

Les déclarations du Likud surviennent au lendemain de la déclaration de Rivlin, chargeant le Premier ministre Benjamin Netanyahu de former une coalition majoritaire à la suite des élections de la semaine dernière, la deuxième en cinq mois – car, là encore, les résultats n’avaient pas permis à un parti de former un gouvernement.

Le ministre du Tourisme Yariv Levin arrive à une réunion du Likud, le 28 mai 2019, à Jérusalem. (Yonatan Sindel/Flash90)

Rivlin a tenté de négocier un accord de gouvernement d’unité entre Netanyahu et Gantz, dont le parti a remporté le plus grand nombre de sièges aux élections, mais qui avait moins de soutiens que Netanyahu de la part des autres législateurs afin de pouvoir former une coalition.

S’exprimant mercredi soir, le président a déclaré qu’il avait proposé un gouvernement d’unité « paritétique », c’est-à-dire un gouvernement dans lequel le pouvoir serait divisé également, et des arrangements selon lesquels un « Premier ministre intérimaire » jouirait de toute l’autorité du Premier ministre si celui-ci était obligé de se retirer.

Steinitz, un proche confident de Netanyahu, a estimé que Kakhol lavan avait « frileusement accueilli » la proposition en raison de différends entre le chef du parti, le député Benny Gantz et son numéro 2, le député Yair Lapid.

Kakhol lavan a réfuté cette affirmation.

Levin a prédi qu’une troisième élection était probable malgré les tentatives de parvenir à un accord.

Le dirigeant de Kakhol lavan Benny Gantz (à gauche), le Président Reuven Rivlin (C) et le Premier ministre Benjamin Netanyahu (à droite) se rencontrent à la résidence du Président à Jérusalem, le 25 septembre 2019. (Amos Ben Gershom/GPO)

Le journal Haaretz a rapporté mercredi que Netanyahu avait accepté l’accord de partage du pouvoir mais qu’il avait été rejeté par Gantz.

L’article, qui n’était pas sourcé, dit qu’après l’accord de Netanyahu, Gantz a débattu de l’idée mais l’a finalement rejetée. Le rapport de presse décrit la proposition acceptée par Netanyahu mais rejetée par Gantz comme appelant à une situation dans laquelle les deux hommes « serviraient simultanément comme Premier ministre ». Toutefois, Rivlin mercredi n’a pas stipulé un tel arrangement en public.

Yuval Steinitz lors de la réunion hebdomadaire du cabinet à Jérusalem, le 18 juin 2017. (Yonatan Sindel/Flash90)

Après l’échec de deux jours de pourparlers négociés par Rivlin, le président a donné à Netanyahu le mandat pour tenter de former une coalition.

Rivlin a publiquement exposé les éléments du compromis qu’il avait suggéré dans ses entretiens à huis clos avec les candidats rivaux, affirmant qu’il avait proposé à Gantz et Netanyahu un changement juridique au poste de « Premier ministre intérimaire » qui accorderait au titulaire du poste « les pleins pouvoirs » dans le cas où le Premier ministre ne pourrait exercer ses fonctions.

« Tant que le Premier ministre ne sera pas en mesure d’exercer ses fonctions, son poste sera préservé et il y reviendra quand il le pourra. C’était ma proposition et c’est ce que je suggère », a dit Rivlin.

Le président Reuven Rivlin charge le Premier ministre Benjamin Netanyahu de former un gouvernement lors d’une conférence de presse à la résidence présidentielle à Jérusalem, le 25 septembre 2019. (Crédit : Menahem Kahana/AFP)

Un tel changement pourrait théoriquement permettre à Netanyahu de prendre congé s’il est formellement accusé dans les trois affaires de corruption contre lui, permettant à Gantz d’éviter de servir dans un gouvernement avec un Premier ministre qui est sous mise en accusation. M. Netanyahu doit être entendu la semaine prochaine par le procureur général, avant qu’une décision ne soit prise sur l’opportunité de l’inculper dans les affaires qui le concernent.

Le président a également proposé de prolonger la période pendant laquelle un Premier ministre peut prendre congé sans renoncer à son poste au-delà du maximum actuel de 100 jours. Il a annoncé qu’il avait suggéré un arrangement de partage du pouvoir au sein du gouvernement, en vertu duquel tous les pouvoirs gouvernementaux seraient répartis également entre les deux partis rivaux.

Après que Rivlin eut chargé Netanyahu de former une coalition, Gantz a de nouveau exclu que son alliance Kakhol lavan se joigne à un gouvernement dirigé par un Premier ministre faisant face à de graves accusations au pénal.

« Le parti Kakhol lavan que je dirige n’acceptera pas de siéger au sein d’un gouvernement dont le chef fait face à une mise en accusation sévère », a déclaré M. Gantz mercredi soir.

S’adressant à la station de radio Kan jeudi, M. Steinitz a souligné qu’en vertu de la loi, M. Netanyahu a le droit de rester Premier ministre jusqu’à ce qu’il soit condamné et que tous les appels soient épuisés. Il a décrit la position de Kakhol lavan comme un « boycott de Netanyahu » et a affirmé que c’était « absurde ».

Il a également rejeté l’idée que le Likud permettrait à quelqu’un d’autre du parti de diriger le gouvernement si Netanyahu ne parvenait pas à un accord de coalition dans le délai imparti pour mener à bien cette tâche.

Le chef du parti Kakhol lavan Benny Gantz, (à gauche), avec Yair Lapid, son co-dirigeant, au siège de Kakhol lavan pendant la soirée électorale à Tel Aviv, le 18 septembre 2019. (Crédit : Hadas Parush/Flash90)

M. Netanyahu fait face à une mise en accusation, dans l’attente d’une audience la semaine prochaine, dans trois affaires de corruption, dont l’une comprend également une accusation de pots-de-vin. Il nie toutes les accusations.

Expliquant sa décision de choisir Netanyahu, Rivlin a déclaré mercredi que même si ni le chef du Likud ni Gantz n’avaient l’appui d’une majorité de législateurs, le Premier ministre avait encore une meilleure chance de former un gouvernement.

« Pour moi, la seule question est de savoir qui a la meilleure chance de former une coalition. Dans ce scénario, 55 députés soutiennent Netanyahu et 54 soutiennent Gantz. Mais 10 de ceux de la Liste arabe unie ont dit qu’ils ne siégeraient pas avec Gantz, alors que le bloc entier de 55 a dit qu’ils soutiendraient Netanyahu », a déclaré Rivlin, debout aux côtés de Netanyahu à sa résidence officielle.

M. Rivlin a dit qu’il avait conditionné l’octroi du mandat de former un gouvernement à l’acceptation par le candidat de le retourner s’il ne parvenait pas à obtenir une majorité. Après avoir échoué à former un gouvernement à la suite des élections d’avril, Netanyahu a fait voter la dissolution de la Knesset et a appelé à un scrutin éclair, plutôt que de permettre à Gantz de se lancer dans la constitution d’une coalition.

Rivlin a souligné à deux reprises dans son discours de mercredi que les Israéliens ne veulent pas d’un troisième tour des élections, disant que « le public paiera le prix » d’un échec de Netanyahu et Gantz à trouver un terrain d’entente.

Acceptant le mandat, Netanyahu a de nouveau fait appel à Gantz pour le rejoindre dans un gouvernement d’unité sous une « direction conjointe ».

Netanyahu aura maintenant 28 jours pour former un gouvernement, avec une prolongation possible de deux semaines.

Si toutes les tentatives échouent, Rivlin pourra alors assigner la tâche à quelqu’un d’autre.

Les résultats définitifs du scrutin du 17 septembre ont donné 33 sièges au parti centriste Kakhol lavan de Gantz, devant les 32 sièges du Likud de droite sur un total de 120 à la Knesset.

Ni l’un ni l’autre n’a de possibilité claire de former une coalition majoritaire.

L’AFP a contribué à cet article.

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