Netanyahu aurait accepté de partager le pouvoir avec Gantz, qui a refusé
Rechercher

Netanyahu aurait accepté de partager le pouvoir avec Gantz, qui a refusé

Le quotidien Haaretz a rapporté que le dirigeant de Kakhol lavan a rejeté une proposition du président qui consistait à créer deux postes de Premiers ministres simultanés

Le Président Reuven Rivlin, (à droite), le Premier ministre Benjamin Netanyahu, (au centre), et le dirigeant de Kakhol lavan Benny Gantz, (à gauche), lors d'une cérémonie commémorative en l'honneur de feu le Président Shimon Peres, au Mont Herzl à Jérusalem, le 19 septembre 2019. (Gil Cohen-Magen/AFP)
Le Président Reuven Rivlin, (à droite), le Premier ministre Benjamin Netanyahu, (au centre), et le dirigeant de Kakhol lavan Benny Gantz, (à gauche), lors d'une cérémonie commémorative en l'honneur de feu le Président Shimon Peres, au Mont Herzl à Jérusalem, le 19 septembre 2019. (Gil Cohen-Magen/AFP)

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a accepté un accord de compromis sur le partage de pouvoir avec Benny Gantz, qui avait été proposé par le président Reuven Rivlin, mais le chef du Kakhol lavan a refusé, selon un article publié mercredi soir par Haaretz.

L’article, qui n’a pas indiqué ses sources, a déclaré qu’après que Netanyahu a accepté, Gantz a soupesé l’idée, avant de finalement la rejeter. Le journal a décrit la proposition comme ayant été acceptée par Netanyahu mais rejetée par Gantz. Il s’agirait d’une situation dans laquelle les deux hommes « seraient simultanément Premiers ministres ». Cependant, Rivlin n’a pas ouvertement évoqué ce genre d’arrangement mercredi. Le président a indiqué avoir proposé un gouvernement d’unité « paritétique » dans le cadre duquel toutes les responsabilités seraient équitablement réparties et des arrangements seraient conclus, en vertu desquels un « Premier ministre par intérim » jouirait de toute l’autorité inhérente au Premier ministre si le Premier ministre venait à devoir s’absenter.

Après deux jours de négociations menées par Rivlin, le président a donné à Netanyahu le mandat pour tenter de former une coalition.

Rivlin a publiquement expliqué les éléments du compromis qu’il avait suggéré lors des entretiens avec les candidats rivaux, indiquant qu’il avait proposé à Gantz et à Netanyahu un changement juridique de la position du « Premier ministre par intérim » qui donnerait au fonctionnaire « tout le pouvoir » au cas où le Premier ministre n’est pas en mesure de remplir ses fonctions.

« Tant que le Premier ministre n’est pas disponible, son rôle sera conservé et il lui sera rendu quand il sera de retour. C’était ma proposition et c’est ce que j’ai suggéré », a dit Rivlin.

Le président Reuven Rivlin charge le Premier ministre Benjamin Netanyahu de former un gouvernement lors d’une conférence de presse à la résidence présidentielle à Jérusalem, le 25 septembre 2019. (Crédit : Menahem Kahana/AFP)

Un tel changement pourrait, sur le plan théorique, permettre à Netanyahu de prendre congé s’il est officiellement mis en examen dans les trois affaires de corruption qui pèsent sur lui, ce qui permettrait à Gantz d’éviter de servir dans un gouvernement avec un Premier ministre mis en examen. Netanyahu doit se présenter la semaine prochaine devant le procureur-général pour une audience, qui va déterminer si ce dernier intente officiellement des poursuites.

Le président a également proposé de prolonger la période pendant laquelle le Premier ministre peut s’absenter sans perdre son poste, au delà des 100 jours actuellement prévus. Et il a déclaré avoir suggéré de créer un gouvernement « paritétique », dans le cadre duquel toute l’autorité gouvernementale serait équitablement répartie entre les deux partis rivaux.

Après que Netanyahu a été mandaté par Rivlin de former une coalition, Gantz a une fois de plus exclu l’idée que Kakhol lavan intègre un gouvernement dirigé par un Premier ministre menacé d’inculpation.

« Le parti Kakhol lavan que je dirige n’acceptera pas de siéger dans un gouvernement dans lequel son chef est sous le coup d’un grave acte d’accusation », a déclaré sur sa page Facebook Gantz en référence à Benjamin Netanyahu qui doit être auditionné pour des affaires de « fraudes » et « malversations ».

Netanyahu risque une inculpation, sous réserve d’une audience la semaine prochaine, dans trois affaires de corruption. Il nie toute malversation.

En expliquant pourquoi son choix s’est porté sur Netanyahu, Rivlin a déclaré que si ni le chef du Likud ni Gantz n’avait le soutien d’une majorité de députés, le Premier ministre actuel avait tout de même une meilleure chance de réussir à former un gouvernement.

« Pour moi, la seule question est ‘qui à la meilleure chance de former une coalition ?’. Dans cette situation, Netanyahu est soutenu par 55 députés et Gantz par 54. Mais 10 élus de la Liste arabe unie ont déclaré qu’ils ne siégeraient pas avec Gantz, alors que le bloc de 55 ont dit qu’ils soutiendraient Netanyahu », a déclaré Rivlin depuis sa résidence officielle, aux côtés de Netanyahu.

Rivlin a souligné à deux reprises lors de son discours de mercredi que les Israéliens ne veulent pas de troisième scrutin, et ajouté que « le public paiera le prix » de l’incapacité de Netanyahu et Gantz à trouver un terrain d’entente.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...