Le lutteur iranien ayant perdu volontairement suspendu 6 mois
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Le lutteur iranien ayant perdu volontairement suspendu 6 mois

La Fédération internationale de lutte susprend Alireza Karimi et son entraîneur en "violation directe" du règlement pour avoir intentionnellement perdu le combat de novembre

Le lutteur iranien Alireza Karimi menait son match contre le Russe Alikhan Zhabrailov 3-2, alors qu'on entend son entraîneur depuis les lignes de touche lui ordonnant de perdre, lors des Championnats du monde en Pologne, le 25 novembre 2017. (Capture d'écran: YouTube)
Le lutteur iranien Alireza Karimi menait son match contre le Russe Alikhan Zhabrailov 3-2, alors qu'on entend son entraîneur depuis les lignes de touche lui ordonnant de perdre, lors des Championnats du monde en Pologne, le 25 novembre 2017. (Capture d'écran: YouTube)

Le lutteur iranien qui avait volontairement perdu un combat en novembre lors des Mondiaux U23 en Pologne pour éviter d’avoir à affronter un Israélien au tour suivant, a été exclu de toute compétition internationale pour six mois, a annoncé vendredi la Fédération internationale de lutte (United World Wrestling – UWW).

L’entraîneur de Karimi, Hamidreza Jamshidi, a également été suspendu pendant deux ans pour avoir demandé à son lutteur de perdre afin qu’il n’affronte pas l’Israélien Uri Kalachnikov au tour suivant.

Cette décision prise par la commission disciplinaire de l’UWW, rétroactive, prend effet au jour des faits, le 27 novembre dernier.

La commission disciplinaire a jugé que « Karimachiani, sur instruction de son entraîneur Jamshidi, a volontairement perdu son quart de finale contre Alikhan Zhabrayilov ».

« Le lutteur et son entraîneur ont ainsi agi en violation des règles internationales en vigueur pour la lutte », a-t-elle ajouté dans un communiqué.

Cette sanction a aussitôt été contestée par la Fédération iranienne de lutte.

« La fédération va s’opposer à ce verdict », a déclaré le président de la Fédération iranienne de lutte, Rasoul Khadem, à la télévision d’Etat iranienne. Le dirigeant a notamment dénoncé le fait que cette décision aurait, selon lui, été prise sous la pression du Comité international olympique « lui-même sous l’influence des politiques et des grandes puissances mondiales ».

Le gouvernement iranien a rendu hommage à Karimi, le félicitant pour son « action noble et héroïque » et le qualifiant de « source de fierté et de louange », tandis que la fédération de lutte du pays le qualifiait de « héros » et louait son « sacrifice ».

Mais Karimi a déclaré aux médias iraniens après les faits qu’il était dévasté de perdre, alors qu’il était bien en avance sur Zabrailov.

« J’ai essayé pendant des mois d’obtenir la médaille d’or mondiale », a-t-il dit. Obtenir une médaille mondiale est le seul bonheur pour nous tous. En un instant, tout mon monde semblait s’écrouler. »

Rasoul Khadem a précisé que « durant sa période d’exclusion, Karimi Mashiani pourrait tout de même participer aux épreuves organisées en Iran et notamment aux étapes finales en vue de la sélection en équipe nationale ».

« Son exclusion prendra fin avant les Jeux asiatiques de 2018 (18 août-2 septembre à Jakarta) et les Championnats du monde de lutte », a-t-il rappelé.

Cette photo prise le 20 août 2016 montre J’den Michael Tbory Cox (rouge) des USA luttant avec l’Iranien Ali Reza Karimi lors d’un match aux Jeux Olympiques de 2016 à Rio de Janeiro. (AFP Photo/Jack Guez)

Le 27 novembre, Alireza Karimi Machiani s’était volontairement laissé battre par le Russe Alikhan Zabraïlov alors qu’il menait lors des Mondiaux U23. En cas de victoire, il aurait dû affronter un Israélien au tour suivant.

Selon des images de la compétition disponibles sur Internet, le lutteur abandonne totalement le combat et se laisse dominer après qu’une voix hors champ, attribuée à son entraîneur, lui crie en persan : « Tu dois perdre Alireza ! ».

Machiani avait déjà refusé de combattre face à un Israélien lors des Championnats du monde de 2013. Il avait alors reçu le soutien de son gouvernement et de sa fédération.

La dernière compétition entre équipes iraniennes et israéliennes au niveau international remonte à un match de lutte en 1983 à Kiev, Ukraine.

Occasionnellement, des joueurs iraniens qui jouent pour des équipes étrangères ont affronté des équipes israéliennes. En août, Téhéran a critiqué deux footballeurs iraniens qui jouent pour une équipe grecque pour avoir participé à un match contre une équipe israélienne.

La République islamique d’Iran ne reconnaît pas Israël, qu’elle qualifie de « Grand Satan », et soutient des groupes terroristes anti-israéliens comme le Hezbollah libanais et le Hamas palestinien. Elle interdit à ses sportifs de disputer des compétitions contre des joueurs ou des équipes de l’État hébreu.

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