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Le maire de Hadera mis en examen pour corruption

Zvi Gendelman est accusé de corruption, de fraude et d'entrave à la justice pour avoir servi les intérêts de Sammy Levy, un promoteur immobilier qui a soutenu sa campagne

Le maire de Hadera, Zvi Gendelman, arrive pour la prolongation de sa détention provisoire au tribunal de première instance de Rishon Letzion, le 4 juin 2018. (Crédit : Flash90)
Le maire de Hadera, Zvi Gendelman, arrive pour la prolongation de sa détention provisoire au tribunal de première instance de Rishon Letzion, le 4 juin 2018. (Crédit : Flash90)

Les procureurs ont déposé mardi un acte d’accusation contre le maire de Hadera, Zvi Gendelman, pour une série d’accusations de corruption, notamment de pots-de-vin, de fraude et d’obstruction à la justice.

Gendelman a également été accusé d’abus de confiance et de crimes informatiques.

Parallèlement à l’acte d’accusation, le procureur général Avichai Mandelblit a déposé une demande auprès d’une commission de surveillance des maires municipaux pour suspendre Gendelman de son poste de maire de la ville côtière du nord.

Selon l’acte d’accusation, après avoir été élu maire en 2013, Gendelman n’a pas signalé son conflit d’intérêts concernant le promoteur immobilier Sammy Levy, un ancien haut fonctionnaire municipal, qui a soutenu Gendelman lorsqu’il s’est présenté à la mairie.

Gendelman a été accusé d’avoir utilisé sa position de maire pour aider Levy – un ancien responsable municipal par intérim – dans ses transactions commerciales en échange du soutien de Levy dans sa campagne électorale. Les deux hommes n’ont pas déclaré leurs liens aux autorités comme l’exige la loi électorale.

Gendelman a dirigé la commission d’urbanisme de 2013 à 2018, date à laquelle une enquête de police a été ouverte sur ses activités. Au cours de cette période, il ne s’est pas récusé de la participation aux débats sur des questions relatives à Levy, y compris une décision d’approuver un permis irrégulier pour une entreprise appartenant à Levy pour entreprendre des travaux de construction dans un immeuble de bureaux dans la ville.

Les procureurs accusent également Gendelman d’avoir signé d’autres permis de construire pour Levy et d’avoir participé à l’octroi d’un permis de construire une maison de soins pour personnes âgées sur un terrain appartenant à l’entrepreneur. Ils affirment que Levy a eu un accès libre au maire.

L’acte d’accusation mentionne également une demande de janvier 2018, faite en vertu des lois sur la liberté d’information, pour examiner les horaires des réunions de Gendelman. Gendelman et son administrateur de bureau auraient accepté de supprimer certains des enregistrements de réunions stockés dans un système de calendrier informatisé, y compris les réunions avec Levy.

En outre, Gendelman est accusé d’avoir dit à son chauffeur d’avertir Levy de ne pas s’approcher de la municipalité après que le maire eut appris qu’un membre du conseil municipal avait informé la police des liens entre eux deux.

Le chauffeur a été inculpé pour obstruction à la justice tandis que le directeur de bureau de Gendelman a été inculpé dans le cadre d’un accord de plaidoyer pour fraude et abus de confiance, recel d’objets frauduleux et délit informatique.

En demandant la suspension de Gendelman, Mandelblit a écrit à la commission que, bien que le maire n’ait été qu’inculpé et non condamné, la poursuite de son mandat après l’inculpation pourrait entraîner « de graves dommages à la confiance publique » et aux valeurs de pureté morale et d’état de droit.

Mandelbit a également demandé au comité de donner son avis sur la possibilité pour Gendelman de continuer à exercer les autres fonctions qu’il occupe en tant que membre du conseil municipal de Hadera.

L’enquête de police concernant Gendelman faisait partie d’une enquête plus large sur la corruption dans la ville. Le maire faisait partie de plusieurs suspects interrogés par l’unité anti-fraude de la police, Lahav 433, en juin 2018 après des descentes matinales à leurs domiciles et bureaux. Il a été interrogé sur des soupçons de pots-de-vin, de corruption et d’infractions fiscales, et a été placé en détention provisoire pendant une semaine.

Lors de l’enquête, une collaboration entre Lahav 433 et l’unité d’enquête Yahalom de l’administration fiscale, la police a mis sur écoute le bureau de Gendelman et a passé des mois à reconstituer la relation entre le maire et l’entrepreneur.

Malgré l’enquête à son encontre, Gendelman a été réélu maire de Hadera en octobre 2018, avec 41 % des voix.

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