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Le maire de New York condamne les attaques antisémites presque quotidiennes

La haine anti-juive "ne sera pas tolérée," prévient Eric Adams ; la communauté réclame des sanctions plus fortes contre les attaquants

Luke Tress est le vidéojournaliste et spécialiste des technologies du Times of Israël

Une femme frappe un homme juif à Brooklyn dans une vidéo diffusée le 18 septembre 2022. (Capture d'écran)
Une femme frappe un homme juif à Brooklyn dans une vidéo diffusée le 18 septembre 2022. (Capture d'écran)

NEW YORK — Eric Adams, le maire de New York City, a condamné dimanche les agressions prenant pour cible les Juifs de la ville dans un contexte d’attaques quasi-quotidiennes. Les membres de la communauté ont appelé, de leur côté, les autorités à réagir.

« Ces agressions scandaleuses qui prennent pour cible des membres de notre communauté juive ne seront pas tolérées, pas dans notre ville », a dit Adams en réponse à une vidéo montrant une femme en train d’agresser un homme juif, lui faisant tomber son chapeau traditionnel.

Les images, postées par Boro Park Shomrim, un groupe de veille de quartier, montrent une femme poursuivre un ultra-orthodoxe sur le trottoir, lui criant dessus. Elle fait ensuite tomber sa kippah et son shtreimel, un chapeau traditionnel porté par les haredim à Shabbat et lors des fêtes, d’un geste brusque de la main.

Boro Park Shomrim a indiqué que la femme avait été arrêtée.

« Nous assurerons la sécurité dans nos rues », a ajouté Adams, qui a remercié la police pour « sa réponse rapide à ces actes de haine antisémite ».

La gouverneure de l’état de New York, Kathy Hochul, a estimé que « ces actes d’antisémitisme sont immondes et inacceptables ».

« Les crimes de haine ne seront pas tolérés à New York et nous avons renforcé nos lois de manière à faire en sorte que les auteurs de ces agressions assumeront mieux leurs responsabilités », a continué Hachul.

L’AJC (American Jewish Committee), l’ADL (Anti-Defamation League), Jerry Nadler, représentant à la chambre américaine, et des politiciens locaux ont aussi condamné cette agression.

Un incident presque identique avait eu lieu à Boro Park, en début de semaine dernière, quand un homme circulant en vélo avait délibérément fait tomber le chapeau d’un homme juif qui marchait dans la rue.

Ce sont les Juifs qui sont la cible, chaque année, du plus grand nombre de crimes de haine à New York – que ce soit par nombre d’habitants ou en valeur absolue – et l’ADL a fait part d’un nombre d’incidents antisémites sans précédent en 2021.

La police de New York a confirmé qu’il y avait eu 149 crimes de haine anti-juifs entre le début de l’année et le 28 juin, ce qui représente un incident toutes les 29 heures en moyenne. Les agressions vont des attaques violentes aux injures raciales en passant par les actes de vandalisme, et il est probable qu’un grand nombre d’incidents n’ont jamais été signalés.

Pour le mois d’août, la police du district de New York a fait état de 24 crimes de haine anti-juifs, ce qui est un chiffre nettement supérieur à celui des crimes de haine enregistrés dans les autres communautés et ce qui représente un bond de 118 % par rapport au mois d’août 2021.

De nombreuses attaques ont pris pour cible des Juifs identifiables comme tels, ainsi que des cibles juives à Brooklyn. Les communautés ultra-orthodoxes dans le secteur se sentent également agressées en raison de l’émoi suscité par la question de l’enseignement laïc dans le système scolaire religieux des yeshivot, et certains leaders de la communauté ont averti que le problème pourrait encore davantage attiser l’antisémitisme.

Graffiti à caractère antisémite inscrit sur le mur d’une synagogue de New York, le 17 août 2022. (Crédit : Autorisation)

La majorité des attaques n’a pas entraîné de sanction sérieuse, suscitant ainsi la colère des défenseurs des Juifs qui ont demandé des changements dans les lois portant sur le régime de la libération sous caution de manière à durcir la répression des assaillants.

A la fin du mois dernier, la police avait annoncé deux arrestations dans le cadre d’un dossier de crime de haine anti-juif alors que les responsables de la communauté appelaient à des réformes législatives et expliquaient que les Juifs étaient « terrifiés ». Les policiers ont aussi annoncé qu’ils allaient renforcer leurs patrouilles autour des synagogues.

Jeudi, le représentant à la chambre américaine Ritchie Torres a appelé le FBI et le procureur-général américain à ouvrir une enquête sur la réponse apportée par New York à ce problème croissant d’antisémitisme, soulignant le faible nombre de sanctions sérieuses prononcées dans des dossiers de crimes de haine anti-juifs.

« Les autorités fédérales ne peuvent plus rester à ne rien faire alors que les violences antisémites sont hors de contrôle et ne sont pas sanctionnées dans la plus grande ville américaine », a expliqué Torres, représentant démocrate du 15e district de New York, dans le Bronx, au Congrès et soutien fervent des communautés juives et d’Israël.

Dans un cas rare, une cour fédérale américaine a mis en examen un activiste pro-palestinien pour crime de haine après son agression d’un homme juif en marge d’une manifestation, au mois d’avril. Des investigations avaient établi que l’homme avait déjà agressé deux autres Juifs l’année dernière, sans provocation de leur part.

Parmi les incidents qui ont été enregistrés la semaine dernière, un homme juif a reçu sans raison des coups de poing répétés au visage dans le Queens ; des graffitis nazis ont été peints à la bombe sur une fontaine de Manhattan et une femme juive a été prise pour cible au pistolet à bille à Brooklyn.

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