Le Maroc allège son confinement, maintient l’état d’urgence sanitaire
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Le Maroc allège son confinement, maintient l’état d’urgence sanitaire

Aucune annonce n'a été faite sur la réouverture des frontières, fermées depuis mi-mars, alors que plus de 30 000 Marocains sont bloqués aux quatre coins du monde

Un potier marocain expose son travail dans une boutique de la ville de Sale, au nord de la capitale Rabat, le 3 juin 2020, lors de la nouvelle épidémie de coronavirus. (Photo par FADEL SENNA / AFP)
Un potier marocain expose son travail dans une boutique de la ville de Sale, au nord de la capitale Rabat, le 3 juin 2020, lors de la nouvelle épidémie de coronavirus. (Photo par FADEL SENNA / AFP)

Le Maroc a annoncé mardi un assouplissement des mesures de restriction dès jeudi et la prolongation de l’état d’urgence sanitaire d’un mois, tous deux en vigueur depuis mi-mars pour freiner la propagation du nouveau coronavirus.

A l’issue d’un Conseil de gouvernement mardi soir, l’exécutif a annoncé la prolongation de l’état d’urgence sanitaire jusqu’au 10 juillet et « l’assouplissement progressif des mesures de confinement », en « prenant en compte les écarts sanitaires entre régions », selon un communiqué officiel.

Le dispositif d’allégement des restrictions n’a pas été détaillé, mais le Premier ministre Saad-Eddine El Othmani est attendu mercredi au Parlement pour en présenter les grandes lignes.

Les restrictions avaient déjà été sensiblement assouplies fin mai, avec l’ouverture de certains commerces, bien que l’activité économique reste encore largement paralysée.

Aucune annonce n’a été faite sur la réouverture des frontières, fermées depuis mi-mars, alors que plus de 30 000 Marocains sont bloqués aux quatre coins du monde, multipliant les appels pour rentrer chez eux.

Dans le cadre d’une patrouille combinée de forces de sécurité, un policier marocain donne l’instruction à un homme de rentrer chez lui comme mesure de protection contre l’épidémie de COVID-19 dans le quartier de Takadoum de la capitale Rabat, le 27 mars 2020. (Photo par FADEL SENNA / AFP)

Jusqu’ici, quelque 1 100 personnes ont pu regagner leur pays depuis l’Algérie et les enclaves espagnoles de Ceuta et Melilla.

« Le Maroc entamera dans 48 heures le rapatriement des Marocains bloqués en Espagne » suivis de ceux se trouvant en Turquie, en France, dans les pays du Golfe et en Afrique, a annoncé mardi le ministre des Affaires étrangères Nasser Bourita.

Quelque 91 000 personnes ont été interpellées pour violation de l’état d’urgence sanitaire et environ 4 000 d’entre elles placées en détention, selon le dernier bilan officiel publié fin mai.

L’ONG Amnesty international a dénoncé mardi des sanctions « disproportionnées », allant jusqu’à trois mois de prison, en citant « au moins cinq militants des droits humains et journalistes citoyens » poursuivis pour avoir « critiqué de façon pacifique la gestion de la crise du Covid-19 » par le royaume.

Dans le cadre d’une patrouille commune des forces de sécurité, un policier marocain donne l’instruction à un homme de rester chez lui comme mesure de protection contre l’épidémie de COVID-19 dans le quartier de Takadoum de la capitale Rabat, le 27 mars 2020. (Photo par FADEL SENNA / AFP)

Au total, 8 437 cas de contamination ont été enregistrés dans ce pays de 35 millions d’habitants, dont 210 décès et 7 493 guérisons, selon le bilan de mardi. Tous les patients sont traités à la chloroquine.

De 2 000 par jour, le nombre de tests est passé à 17 500 quotidiennement. Une campagne « massive » de dépistage pour les salariés du privé vient d’être lancée par le patronat marocain et un laboratoire de dépistage mobile a été mis en place mardi dans la région de Casablanca, capitale économique et zone la plus touchée.

Rabat a déployé toute une panoplie d’aides pour les entreprises paralysées, les salariés en arrêt de travail temporaire et les travailleurs de l’informel.

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