Le Maroc, candidat pour normaliser ses liens avec Israël ?
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Le Maroc, candidat pour normaliser ses liens avec Israël ?

En échange de la normalisation, Rabat chercherait à obtenir la reconnaissance américaine de sa souveraineté sur le territoire contesté du Sahara occidental

Le roi du Maroc Mohammed VI (au centre) s'entretient avec Jared Kushner, conseiller principal du président américain Donald Trump (à gauche) sous le regard du prince héritier Moulay Hassan (à droite) avant un repas de l'Iftar, le repas du soir où les musulmans mettent fin à leur jeûne quotidien du Ramadan au coucher du soleil, à la résidence royale du roi à Sale, au Maroc, le 28 mai 2019. (Palais royal marocain, via AP)
Le roi du Maroc Mohammed VI (au centre) s'entretient avec Jared Kushner, conseiller principal du président américain Donald Trump (à gauche) sous le regard du prince héritier Moulay Hassan (à droite) avant un repas de l'Iftar, le repas du soir où les musulmans mettent fin à leur jeûne quotidien du Ramadan au coucher du soleil, à la résidence royale du roi à Sale, au Maroc, le 28 mai 2019. (Palais royal marocain, via AP)

Le Maroc serait probablement l’un des prochains Etats arabes à normaliser ses relations diplomatiques avec Israël. Cette démarche s’inscrirait dans la lignée de l’accord supervisé par les Etats-Unis entre les Emirats arabes unis et Israël, selon un reportage israélien vendredi.

Citant un officiel américain anonyme, la chaîne publique Kan a déclaré que le Maroc était perçu comme un candidat probable, étant donné qu’il avait déjà des liens touristiques et commerciaux avec Israël. Le reportage évoquait aussi les efforts du pays d’Afrique du nord pour protéger sa petite communauté juive.

Établir des relations diplomatiques formelles avec Israël pourrait améliorer les relations du Maroc avec les Etats-Unis. Le reportage expliquait qu’en échange de la normalisation, Rabat cherchait à obtenir la reconnaissance américaine de sa souveraineté sur le territoire contesté du Sahara occidental.

Le Maroc a occupé de larges zones du Sahara occidental en 1975 quand l’Espagne s’est retirée de la zone. Le Maroc a ensuite annexé les territoires dans une action qui n’a pas été reconnue internationalement.

Un reportage de février de la Treizième chaîne expliquait que le Premier ministre Benjamin Netanyahu tentait d’organiser un tel accord tripartite. Il aurait incité Washington à promouvoir l’accord, mais l’Administration Trump devait encore donner son feu vert.

Le Maroc est considéré comme un allié des Etats-Unis, et le pays maintient des liens informels mais étroits avec Israël en matière de renseignement.

Des Juifs marocains et des touristes juifs israéliens pendant la fête de Simchat Torah à la synagogue de Marrakech, le 12 octobre 2017. (Crédit : Fadel Senna/AFP)

Alors que les pays n’ont pas relations officielles, le Maroc a accueilli des responsables israéliens, et les Israéliens sont autorisés à visiter le pays.

Quelque 3 000 Juifs vivent au Maroc, une petite fraction du nombre d’avant la création d’Israël en 1948, mais toujours la plus grande communauté du monde arabe.

Le Maroc a une position encore plus particulière puisque le préambule de sa constitution évoque son « affluent hébraïque », que des juifs marocains ont occupé des postes de ministres, et que Mohammed VI, comme son père avant lui, en compte un parmi ses conseillers – André Azoulay. C’est sous l’impulsion royale qu’ont été menés ces dernières années des programmes de rénovation des cimetières juifs et des quartiers urbains où vivait autrefois cette communauté qui comptait 200 000 à 300 000 membres avant les vagues de départ liées à la création de l’Etat hébreu en 1948 puis à l’indépendance du pays en 1956.

En plus du Maroc, le Bahreïn et Oman ont aussi été évoqués comme les pays pouvant suivre les traces des Emirats arabes unis et établir des relations diplomatiques avec Israël. Les deux pays ont salué l’annonce que Jérusalem et Abou Dhabi allaient normaliser leurs relations.

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