Le Maroc silencieux sur les rumeurs de la visite de Netanyahu le mois prochain
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Le Maroc silencieux sur les rumeurs de la visite de Netanyahu le mois prochain

Un ministre n'a pas voulu se prononcer sur les informations, mais la récente visite de Républicains juifs de premier plan en Afrique du Nord ne fait qu'alimenter les spéculations

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, (deuxième à gauche), et son épouse second Sara, (à gauche), le Premier ministre canadien Justin Trudeau, le roi marocain Mohammed VI, (à droite), et le prince héritier Moulay Hassan lors des cérémonies à l'Arc de Triomphe, à Paris, le 11 novembre 2018 (Crédit : AP Photo/Francois Mori, Pool)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, (deuxième à gauche), et son épouse second Sara, (à gauche), le Premier ministre canadien Justin Trudeau, le roi marocain Mohammed VI, (à droite), et le prince héritier Moulay Hassan lors des cérémonies à l'Arc de Triomphe, à Paris, le 11 novembre 2018 (Crédit : AP Photo/Francois Mori, Pool)

Le ministre marocain de la Communication a refusé de commenter ce week-end les informations selon lesquelles le Premier ministre Benjamin Netanyahu chercherait à organiser une visite d’Etat au Maroc juste avant que les Israéliens ne se rendent aux urnes le 9 avril prochain.

« Nous n’avons pas affaire à des rumeurs », a déclaré jeudi le porte-parole du gouvernement Mustapha El-Khalfi, interrogé sur les articles, selon le site web d’information marocain Goud.

Le site Web francophone Le Desk a rapporté le mois dernier que le conseiller à la sécurité nationale Meir Ben-Shabbat travaille, avec le soutien des États-Unis, à organiser une réunion entre Netanyahu et le roi Mohammed VI au Maroc.

La visite aurait lieu vers le 30 mars, juste après une visite du pape François dans le pays africain, selon la Douzième chaîne d’information d’Israël.

Selon Le Desk, Mohammed VI pourrait considérer le développement de liens plus étroits avec Israël comme une avancée avec l’administration Trump, alors que le Maroc courtise le soutien américain pour ses revendications au Sahara occidental, que la plupart du monde considère comme un territoire occupé.

Mohammed VI, roi du Maroc, à l’ambassade marocaine aux Etats-Unis, à Washington, D.C., le 20 novembre 2013. (Crédit : Département d’Etat des Etats-Unis)

Le bureau de Netanyahu a également refusé de commenter les informations.

Les spéculations se sont intensifiées récemment après la visite au Maroc, à la fin du mois dernier, d’une délégation de dirigeants Républicains juifs des États-Unis.

Parmi les invités figuraient les dirigeants de la Republican Jewish Coalition, Norm Coleman et Matt Brooks, ainsi que le diplomate Elliot Abrams, récemment nommé envoyé spécial du président américain Donald Trump au Venezuela, Ari Fleischer, ancien porte-parole de la Maison Blanche, et Andrew King, lobbyiste pro-Maroc.

Coleman a tweeté une photo de la délégation avec le ministre marocain des Affaires étrangères Nasser Bourita.

Israël et le Maroc n’ont pas de relations diplomatiques officielles. En 2017, Mohammed VI a annulé sa participation à un sommet ouest-africain pour éviter Netanyahu.

« Israël ne répond pas aux informations faisant état de contacts avec des États avec lesquels Israël n’entretient pas de relations diplomatiques », a déclaré le cabinet du Premier ministre à la Douzième chaîne à l’époque.

M. Netanyahu, qui est également ministre des Affaires étrangères et de la Défense d’Israël, a fait de l’ouverture diplomatique en Afrique, en Amérique latine et en Extrême-Orient la pierre angulaire de sa politique étrangère, et a insisté pour que des liens plus ouverts soient établis avec les États arabes modérés. En octobre, il a fait une visite exceptionnelle à Oman.

On le soupçonne également de chercher à obtenir des visites très médiatisées pour souligner ses réussites diplomatiques à l’approche des élections.

Une rue à Rabat, au Maroc (Crédit : CC-BY SA Nawalbennani/Wikimedia Commons)

En janvier, des responsables israéliens ont indiqué que Jérusalem se préparait à une visite « historique » du Premier ministre du Mali, Soumeylou Boubeye Maiga, probablement avant les élections.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu est accueilli par le Président tchadien Idriss Déby au palais présidentiel à N’Djamena, le 20 janvier 2019 (Koby Gideon/GPO)

Cette décision a été prise le lendemain du jour où Netanyahu a officialisé le rétablissement des relations diplomatiques avec le Tchad lors de la toute première visite d’un Premier ministre israélien dans ce pays d’Afrique à majorité musulmane.

Le Tchad avait rompu ses liens avec Israël en 1972, sous la pression de l’homme fort libyen Mouammar Kadhafi.

Lors de son intervention aux côtés du président tchadien Idriss Déby au palais présidentiel de N’Djamena, Netanyahu a qualifié ce geste de « percée au cœur du monde musulman ».

Il a également indiqué que d’autres pays musulmans d’Afrique se rapprocheraient bientôt d’Israël. « Il y aura d’autres nouvelles importantes. Il y aura encore plus de pays », a-t-il dit, sans préciser.

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