Le meilleur ami de l’homme est le héros d’un nouveau film sur la Shoah
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Le meilleur ami de l’homme est le héros d’un nouveau film sur la Shoah

Basé sur un roman israélien à succès, le film "Shepherd : L'histoire d'un chien juif" réduit la complexité du récit pour transmettre des leçons historiques et éthiques aux jeunes

  • August Maturo dans le rôle de "Joshua" et le chien "Caleb" dans "Shepherd : L'histoire d'un chien juif" 
(Crédit : JDog Films)
    August Maturo dans le rôle de "Joshua" et le chien "Caleb" dans "Shepherd : L'histoire d'un chien juif" (Crédit : JDog Films)
  • Le chien 'Caleb' dans 'Shepherd : L'histoire d'un chien juif " (Crédit : JDog Films)
    Le chien 'Caleb' dans 'Shepherd : L'histoire d'un chien juif " (Crédit : JDog Films)
  • Ken Duken dans le rôle de "Ralph" (à gauche) et August Maturo dans le rôle de "Joshua" dans "Shepherd : L'histoire d'un chien juif" (Crédit : JDog Films)
    Ken Duken dans le rôle de "Ralph" (à gauche) et August Maturo dans le rôle de "Joshua" dans "Shepherd : L'histoire d'un chien juif" (Crédit : JDog Films)
  • Le chien "Caleb", désormais appelé "Blitz", est entraîné à faire le salut nazi dans "Shepherd : 
The Story of a Jewish Dog" 
(Crédit : JDog Films).
    Le chien "Caleb", désormais appelé "Blitz", est entraîné à faire le salut nazi dans "Shepherd : The Story of a Jewish Dog" (Crédit : JDog Films).
  • Le jeune Joshua (August Maturo) au moment où il aperçoit son chien "Caleb" (devenu un chien de garde nazi nommé "Blitz") à son arrivée dans un camp de concentration dans "Shepherd : L'histoire d'un chien juif" (Crédit : JDog Films)
    Le jeune Joshua (August Maturo) au moment où il aperçoit son chien "Caleb" (devenu un chien de garde nazi nommé "Blitz") à son arrivée dans un camp de concentration dans "Shepherd : L'histoire d'un chien juif" (Crédit : JDog Films)
  • De droite à gauche : Ayelet Zurer dans le rôle de Shoshana, August Maturo dans le rôle de Joshua, et Viktoria Stefanovszky dans le rôle de Rachel avec le chiot Caleb dans 'Shepherd : The Story of a Jewish Dog" 
(Crédit : JDog Films)
    De droite à gauche : Ayelet Zurer dans le rôle de Shoshana, August Maturo dans le rôle de Joshua, et Viktoria Stefanovszky dans le rôle de Rachel avec le chiot Caleb dans 'Shepherd : The Story of a Jewish Dog" (Crédit : JDog Films)
  • (Crédit : Ken Duken dans le rôle de "Ralph" et le chien "Caleb" dans "Shepherd : L'histoire d'un chien juif " (JDog Films)
    (Crédit : Ken Duken dans le rôle de "Ralph" et le chien "Caleb" dans "Shepherd : L'histoire d'un chien juif " (JDog Films)

Croisez le feuilleton « Lassie » avec la Shoah, et vous obtenez « Shepherd : The Story of a Jewish Dog », un film sorti en salles le 28 mai aux Etats-Unis.

Défiant la classification conventionnelle, « Shepherd » est un film sur le récit d’un garçon et son chien, destiné à un large public (à partir de 11 ans). Mais avec le génocide de 6 millions de juifs d’Europe en toile de fond, il s’agit autant, sinon plus, d’éducation que de plaisir visuel.

« Les statistiques selon lesquelles, si peu de jeunes savent ce qu’était Auschwitz, sont vraiment troublantes. Il est de notre responsabilité de maintenir en vie les histoires (de la Shoah) par tous les moyens possibles », a déclaré le scénariste et réalisateur du film, Lynn Roth, pour expliquer la raison d’être de ce film familial sur la Shoah.

Lors d’une interview accordée au Times of Israel depuis son domicile de Los Angeles, Lynn Roth a expliqué avoir trouvé sa façon de transmettre l’histoire de la Shoah aux jeunes générations en 2007.

Alors qu’elle donnait un cours magistral sur la réalisation de films, un étudiant israélien lui a présenté le roman d’Asher Kravitz, The Jewish Dog, qui venait alors d’être publié.

Lynn Roth, directrice de « Shepherd:
The Story of a Jewish Dog. »

(Crédit : Courtesy)

« J’ai été totalement emballée par sa perspective unique », a déclaré Roth, qui a lu la version originale en hébreu, avec l’aide de sa défunte mère, qui a été élevée en Palestine mandataire britannique avant d’immigrer aux Etats-Unis dans les années 1940.

Roth a pris une option sur le livre année après année jusqu’à ce qu’elle puisse enfin commencer à développer le film en 2014, le tournage se déroulant finalement à Budapest et dans les environs.

Le roman de Kravitz est raconté par un chien nommé Caleb, qui appartient à l’origine à une famille juive en Allemagne, dans les années 1930.

Lorsque les lois raciales nazies refusent aux juifs le droit de posséder des animaux de compagnie, la famille est contrainte de donner Caleb à un collègue non juif du père.

Diverses aventures et évasions s’ensuivent jusqu’à ce que Caleb finisse dans une fourrière, mais il est ensuite choisi pour être entraîné comme chien de garde par les nazis. Au cours de l’entraînement, Caleb développe un lien fort avec son entraîneur et partenaire, un loyal soldat nazi nommé Ralph.

Après avoir terminé son cours, Caleb, désormais baptisé Blitz, et son maître sont affectés à un camp de concentration, où ils gardent et terrorisent les détenus.

Le destin a voulu que Joshua, un fils de la famille juive qui possédait à l’origine Caleb, soit déporté dans ce même camp de concentration. Le chien et le garçon se reconnaissent.

Finalement, Caleb montre où sont son véritable amour et sa loyauté et aide Joshua et les autres détenus à s’échapper.

De droite à gauche : Ayelet Zurer dans le rôle de Shoshana, August Maturo dans le rôle de Joshua, et Viktoria Stefanovszky dans le rôle de Rachel avec le chiot Caleb dans ‘Shepherd : The Story of a Jewish Dog »(Crédit : JDog Films)

Ceux qui connaissent le livre de Kravitz en reconnaîtront les grandes lignes dans « Shepherd », mais pas le ton.

« The Jewish Dog » est avant tout un commentaire politique et philosophique sur l’Allemagne des années 30, la Shoah, et les différences inhérentes entre l’homme et la bête.

Le livre est nerveux et sardonique, et même parfois fantaisiste (Caleb prie un chien céleste). Il n’y a aucune de ces ironies dans la version cinématographique de Roth. Elle a délibérément transformé un livre sagace pour adultes, en un film qui peut être regardé et compris par des élèves de collège, ainsi que par leurs professeurs, leurs parents et leurs grands-parents.

Les lieux spécifiques, tels que Stuttgart et Treblinka, et les sujets épineux, tels que la persécution des homosexuels par les nazis, le suicide et les relations amoureuses entre juifs et non-juifs, ont disparu.

Bien qu’il y ait un peu de violence, rien de tout cela n’est interdit aux mineurs, et il n’y a certainement rien que les enfants d’aujourd’hui ne puissent voir dans les médias.

« C’est une façon plus agréable de faire un film sur la Shoah. Tout n’a pas besoin d’être brutal », explique Roth. « Je voulais que ça soit sincère et émotionnel, un peu à l’ancienne. Je sais que les chiens peuvent déclencher des émotions profondes chez les gens, et je voulais que le public fasse un effort pour comprendre ce que le chien pense et ressent. J’ai essayé de faire une analogie entre le sort du chien et celui des gens », a-t-elle ajouté.

Je sais que les chiens peuvent déclencher des émotions profondes chez les gens

La décision de Roth de ne pas mettre en scène un chien parlant a pour conséquence de supprimer la voix narrative du livre. Ainsi, le film met encore plus l’accent sur la relation entre Caleb et Joshua (qui est un garçon dans le film, mais un jeune homme d’une vingtaine d’années dans le livre).

Le chien « Caleb », désormais appelé « Blitz », est entraîné à faire le salut nazi dans « Shepherd : The Story of a Jewish Dog » (Crédit : JDog Films).

Joshua est interprété avec talent par August Maturo, un jeune acteur hollywoodien qui, selon Roth, n’avait jamais entendu parler de la Shoah avant d’être invité à faire un essai pour le rôle.

« Une fois qu’il a obtenu le rôle, il a lu tous les livres et regardé tous les films sur la Shoah qu’il pouvait », a déclaré Roth.

Maturo a été soutenu par une distribution incluant l’actrice israélienne de renom Ayelet Zurer (Shoshana, la mère de Joshua) et l’acteur allemand Ken Duken (Ralph, le maître-chien nazi).

Le reste de la distribution était composé de comédiens de théâtre hongrois.

Un groupe de chiens presque identiques a joué le rôle de Caleb et a été spécialement entraîné à Budapest pendant quatre mois avant le début du tournage.

« Shepherd » ne sera peut-être pas du goût de tout le monde, mais certains apprécieront ses tentatives sincères de transmettre aux jeunes téléspectateurs une prise de conscience, qu’il y a du bon dans les mauvaises personnes, et du mauvais dans les bonnes personnes.

La complexité du livre n’est pas complètement perdue dans l’adaptation à l’écran.

Roth, grande amatrice de chiens, croit en leur capacité à enseigner aux humains leurs défauts moraux.

« Des atrocités sont encore commises. Les futures générations doivent s’en rendre compte et atténuer les mauvaises pulsions de l’espèce humaine », a-t-elle déclaré.

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