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Le meilleur film de tous les temps est l’œuvre de la réalisatrice juive Chantal Akerman

'Jeanne Dielman', sorti en 1975, prend pour la première fois la tête d'un palmarès très respecté de la profession, sur les pas de 'Vertigo' d’Hitchcock et 'Citizen Kane' de Welles

Le 3 septembre 2011, la réalisatrice belge Chantal Akerman posait lors de la 68e édition du Festival du film de Venise pour son film "La folie Almayer", à Venise, en Italie. (Crédit : AP/Jonathan Short)
Le 3 septembre 2011, la réalisatrice belge Chantal Akerman posait lors de la 68e édition du Festival du film de Venise pour son film "La folie Almayer", à Venise, en Italie. (Crédit : AP/Jonathan Short)

Le chef-d’œuvre féministe de la cinéaste juive belge Chantal Akerman a été mis à l’honneur par la profession à l’occasion de la publication de son traditionnel palmarès.

Tourné en 1975, le film « Jeanne Dielman, 23 ans, Quai du Commerce, 1080 Bruxelles » succède donc à « Vertigo », film à suspense d’Alfred Hitchcock, comme meilleur film de tous les temps, à la tête du palmarès du magazine britannique Sight and Sound, établi tous les dix ans depuis 1952 en coopération avec le British Film Institute.

C’est la première fois que le film d’un réalisateur juif s’arroge la première place de ce palmarès.

« Citizen Kane » d’Orson Welles a figuré en tête du palmarès pendant une cinquantaine d’années avant d’être détrôné par « Vertigo », en 2012.

Le palmarès 2022 des 100 meilleurs films a été établi grâce au vote de 1 639 critiques, universitaires et autres membres de la profession, soit deux fois plus de participants que lors de la dernière édition. Le rédacteur en chef de Sight and Sound, Mike Williams, a déclaré au New York Times que le recours à un électorat plus massif et diversifié avait sans doute contribué à faire entrer au palmarès des cinéastes jusqu’alors négligés.

Les précédents palmarès avaient nettement moins bien classé le film « Jeanne Dielman ».

Akerman, qui est décédée en 2015 à l’âge de 65 ans, était originaire de Bruxelles, née dans une famille de survivants de la Shoah. Les thèmes juifs et de la Shoah sont perceptibles dans nombre de ses films, et en particulier le documentaire de 2006 « Down There », dans lequel elle raconte le mois passé en sous-location dans un appartement de Tel Aviv.

D’une durée de près de trois heures et demie, le film « Jeanne Dielman », volontiers austère et minimaliste, promène sa caméra sur les pas d’une femme au foyer aisée qui se prostitue, et que l’on voit absorbée par ses tâches ménagères ou ses rencontres tarifées.

« Dans un film qui, de manière angoissante, dépeint l’oppression des femmes, Akerman a fait du cinéma, si souvent lui-même instrument d’oppression des femmes, une force libératrice », a écrit Laura Mulvey pour le British Film Institute.

Un autre film d’Akerman, « News From Home », figure également en bonne place de ce palmarès, à la 52e place, à égalité avec une autre oeuvre. Ce film de 1976 met en scène la réalisatrice qui lit des lettres de sa mère, dans un New York décrépit.

Le film « Shoah », de Claude Lanzmann, sorti en 1985, figure à la 27e place de ce palmarès.

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