Le Mexique contredit Teva en considérant les médicaments de Rimsa comme sains
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Le Mexique contredit Teva en considérant les médicaments de Rimsa comme sains

Le géant pharmaceutique israélien affirme devant la justice que l’entreprise mexicaine, qu’il a achetée pour 2,3 milliards de dollars, a dupé les régulateurs et prévoyait de vendre des produits défectueux et illégaux

Les bureaux de la société pharmaceutique israélienne Teva Pharmaceuticals, à Jérusalem, en octobre 2013. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Les bureaux de la société pharmaceutique israélienne Teva Pharmaceuticals, à Jérusalem, en octobre 2013. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Le régulateur pharmaceutique du Mexique a publié un mémorandum qui contredit les accusations des Industries Pharmaceutiques Teva contre le fabricant de médicaments Representaciones e Investigaciones Medicas SA, connu sous le nom de Rimsa, dont il a fait l’acquisition pour 2,3 milliards de dollars en 2015.

La Commission Fédérale pour la Protection contre le Risque Sanitaire du Mexique (CFPRS), une division autonome du ministère de la Santé, a publié un mémorandum le 13 mars affirmant que sur les 147 médicaments produits par Rimsa, il n’a trouvé aucun « effets négatifs inattendus » et a conclu que les médicaments étaient sains.

Le mémorandum, dont le Times of Israël a pu consulter une copie, expliquait également que 16 contrôles opérés par la CFPRS sur Rimsa depuis 2009 n’ont pas découvert d’autres problèmes qui pourraient poser des risques supplémentaires sur la santé. La documentation présentée par l’entreprise a aussi été considérée comme « véridique et correcte » par la CFPRS.

Basée à Jérusalem, l’entreprise Teva, engagée dans une bataille juridique contre Rimsa qui aurait vendu des produits défectueux et trompé les régulateurs, a refusé de commenter les conclusions de la CFPRS puisque l’affaire est toujours en cours.

En septembre 2016, les anciens propriétaires de Rimsa, Fernando Espinosa Abdala et Leopoldo de Jesus Espinosa Abdala, ont lancé des poursuites devant la justice de l’Etat de New York contre la filiale Lemery S.A de Teva, affirmant que Teva souffrait du « cas classique de l’acheteur pris de remords » et accusait les frères Espinosa d’avoir frauduleusement incité Teva à faire l’acquisition des entreprises Rimsa. Teva espérait obtenir « ce qui est une réduction rétroactive » sur l’accord, précisait le document juridique.

Dans son action juridique de riposte contre les frères Espinosa, également déposée en septembre, Teva, le plus grand fabricant de médicaments génériques, a affirmé que Rimsa, à la connaissance des frères Espinosas, était engagé dans un plan prévu sur des années pour vendre des produits défectueux et illégaux et pour cacher ces violations aux régulateurs mexicains.

Rimsa a affirmé, dans son action en justice, que les accusations de Teva étaient infondées et que « dans la mesure où il n’y avait aucune différence dans les procédures de fabrication, ils n’avaient pas d’influence sur la sécurité ou l’efficacité des produits ».

Le document de la CFPRS du 13 mars semblait donner « raison » à Rimsa, a déclaré une personne proche du dossier au Times of Israël, et Rimsa soumettra le document à l’attention du tribunal de New York.

« Cela devrait changer la donne », a déclaré la source, puisque Teva affirme que Rimsa a menti à la fois à l’entreprise et au régulateur.

La CFPRS n’a trouvé aucun problème avec les déclarations des médicaments, affirmant que l’autorisation des 147 médicaments était présente dans les archives de la Commission de l’Autorisation Sanitaire du Mexique, selon le document.

« Teva travaille en pleine coopération avec les autorités mexicaines, a déclaré Teva dans un commentaire par mail au Times of Israël. Concernant Rimsa, « le plan de compensation est toujours en cours. Nous ne commentons pas les affaires en cours. »

Teva, producteur mondial de médicaments génériques et spécialisés, a fait l’acquisition de Rimsa, l’une des plus grandes entreprises pharmaceutiques mexicaines, et de sa propriété intellectuelle, à travers deux de ses filiales, dans un effort visant à se développer sur le marché mexicain en croissance.

En septembre de l’année dernière, les frères Espinosas ont porté plainte contre Teva, et Teva a suivi avec sa propre plainte plus tard dans le même mois.

Le casse-tête à 2,3 milliards de Teva

Dans son action judiciaire, Teva a déclaré que les Espinosas « avaient menti sciemment et caché des violations légales graves » pour atteindre la valeur de 2,3 milliards de dollars. Teva « a subi des pertes substantielles à cause de cela. Les violations légales empêchent le producteur de vendre ses produits, en diminuant sérieusement la valeur des produits » dont Teva a fait l’acquisition lors de la transaction.

« A l’insu de Teva, Rimsa était engagé dans un plan organisé sur des années pour vendre des produits défectueux et illégaux et pour cacher ces violations aux régulateurs mexicains », a expliqué Teva dans l’affaire.

Une semaine après la réalisation de la transaction, Teva a reçu un email anonyme l’avertissant des enregistrements de faux produits de Rimsa, d’une documentation double et de la fraude, affirme-t-on dans l’action juridique de Teva.

Teva a déclaré, dans son action en justice, que l’enquête qui avait suivi avait révélé que Rimsa vendait d’innombrables produits en violation de la loi, soit parce qu’ils ne correspondaient pas aux recettes enregistrées, soit parce qu’ils avaient des composants de fournisseurs non approuvés, soit parce qu’ils n’avaient pas été vérifiés par les tests nécessaires, « ou la combinaison de ces différents éléments ».

L’enquête a conduit Teva à dialoguer avec la CFPRS sur ces problèmes, et la CFPRS a mené une inspection de trois jours de l’usine de Rimsa. En conséquence de cette inspection, la CFPRS a demandé à Teva d’arrêter la production de 44 produits. Teva a respecté l’ordre et a également arrêté la production commerciale, tout comme la vente de nombreux autres produits. Au final, la CFPRS a fait fermer toute l’usine, affirmé Teva dans son action juridique.

En février, Teva a déclaré que son directeur exécutif en chef Erez Vigodman allait démissionner, trois ans après avoir pris ce poste dans un effort destiné à renverser la tendance négative de l’activité du producteur pharmaceutique.

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