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Le MI6 doute que Khamenei soutienne un retour à l’accord sur le nucléaire

L'apparition de M. Moore lors de cette conférence dans l'État américain du Colorado a été présentée comme la première fois qu'il s'exprimait en public à l'étranger

Le guide suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei, s'adresse à la nation dans un discours télévisé marquant l'anniversaire du prophète musulman Mahomet, à Téhéran, en Iran, le 3 novembre 2020. (Crédit : Bureau du guide suprême iranien via AP)
Le guide suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei, s'adresse à la nation dans un discours télévisé marquant l'anniversaire du prophète musulman Mahomet, à Téhéran, en Iran, le 3 novembre 2020. (Crédit : Bureau du guide suprême iranien via AP)

Le chef du renseignement extérieur britannique, le MI6, a dit jeudi douter que le guide suprême iranien Ali Khamenei soutienne un retour à l’accord sur le nucléaire de 2015, en dépit des négociations marathon sur la question.

« Si nous parvenons à obtenir un accord, ce sera probablement le meilleur moyen encore à notre disposition de limiter le programme nucléaire iranien. Je ne suis pas convaincu que nous y arrivions », a déclaré Richard Moore lors du Forum sur la sécurité d’Aspen.

« Je ne pense pas que le guide suprême de l’Iran veuille conclure un accord. Les Iraniens ne vont pas non plus vouloir mettre fin aux discussions, donc elles pourraient se poursuivre pendant un moment », a-t-il ajouté.

L’apparition de M. Moore lors de cette conférence dans l’État américain du Colorado a été présentée comme la première fois qu’il s’exprimait en public à l’étranger.

Le président Joe Biden s’est dit favorable à un retour dans l’accord de 2015, négocié sous l’administration de Barack Obama avant que Donald Trump n’en retire Washington en 2018, dénonçant un texte trop laxiste.

Portrait officiel de Richard Moore, chef du MI6. (Crédit : Gouvernement britannique / OGL 3)

Mais les pourparlers indirects à Vienne sur le sujet traînent, en partie parce que les États-Unis refusent la demande iranienne de l’annulation du placement par M. Trump des puissants Gardiens de la révolution sur la liste américaine des organisations terroristes.

« Je pense que l’accord est absolument sur la table. Et les puissances européennes et l’administration ici sont très, très claires à ce sujet. Et je ne pense pas que les Chinois et les Russes sur cette question le bloqueraient. Mais je ne pense pas que les Iraniens en veuillent », a insisté M. Moore.

Le 14 juillet 2015, l’Iran concluait avec l’Union européenne et six grandes puissances, dont les États-Unis, un accord – le JCPOA – garantissant le caractère civil de son programme nucléaire contre un allègement des sanctions visant Téhéran.

Le retour à un accord pourrait permettre la levée de sanctions qui grippent actuellement l’économie iranienne.

Le ministre de la Défense Benny Gantz s’exprime lors d’une conférence de la Cyber Week à Tel Aviv, le 29 juin 2022. (Crédit : Ariel Hermoni/Defense Ministry)

Israël se prépare

Israël, de son côté, est opposé à l’accord et veut à tout prix empêcher Téhéran d’avoir la bombe. Son ministre de la Défense, Benny Gantz, a dit jeudi à Aspen que l’Iran était déjà engagé, sans même l’aspect nucléaire, dans des « activités pernicieuses ».

« Devons-nous nous engager dans une guerre à la première occasion ? Non. Devons-nous être prêt à mener une opération militaire pour la prévenir si besoin ? La réponse est oui. Nous préparons-nous à cela ? Oui », a déclaré M. Gantz. 

Selon le chef de la CIA Bill Burn, le temps qu’il faudrait à Téhéran pour constituer sa bombe atomique s’évalue désormais en termes de « semaines », alors que cela était de plus d’un an avant le retrait des États-Unis de l’accord.

« Selon nos analyses du renseignement collecté, les Iraniens n’ont pas repris leur militarisation (nucléaire) dans laquelle ils s’étaient engagés jusqu’à 2014 », avait dit mercredi à Aspen le chef de l’agence de renseignement américaine, avant d’ajouter que les tendances étaient « cependant troublantes ».

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