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Le ministère des Affaires religieuses se retrouve sans ministre en charge

Matan Kahana avait démissionné en mai et dirigeait l'institution en tant que vice-ministre ; le directeur-général Gal Shem Tov a pris la barre du ministère

Judah Ari Gross est le correspondant du Times of Israël pour les sujets religieux et les affaires de la Diaspora.

Gal Shem-Tov, directeur-général par intérim du ministère des Affaires religieuses, sur une photo non-datée. (Crédit : ministère des Affaires religieuses)
Gal Shem-Tov, directeur-général par intérim du ministère des Affaires religieuses, sur une photo non-datée. (Crédit : ministère des Affaires religieuses)

Le ministère israélien des Services religieux est actuellement dirigé par un fonctionnaire non-élu après que le gouvernement s’est trouvé récemment dans l’incapacité de rassembler un nombre suffisant de votes pour renommer l’ex-ministre Matan Kahana à ses fonctions.

Le directeur-général par intérim du ministère, Gal Shem-Tov, qui n’a pris ses fonctions qu’il y a deux semaines, détient dorénavant la plus grande partie des pouvoirs ministériels pour les opérations du quotidien, à l’exception de celles nécessitant de par la loi l’approbation du ministre. Le gouvernement est en mesure, pour le moment, de transférer cette autorité à un autre ministre en poste.

Ce n’est pas la première fois qu’un ministère est entièrement dirigé par un fonctionnaire et non par un responsable élu – une situation similaire avait concerné, l’année dernière, le ministère des Communications. Le conseiller légal du ministère et la procureure-général ont la charge délicate de naviguer dans les particularités de l’arrangement.

Kahana a été ministre des Services religieux jusqu’au mois de mai dernier – quand il a quitté le gouvernement dans le cadre d’une manœuvre politique qui avait pour objectif de mieux ancrer le contrôle de la Knesset par le gouvernement. Le ministère était automatiquement revenu au Premier ministre d’alors, Naftali Bennett, et Kahana avait été désigné vice-ministre même s’il s’occupait, dans les faits, des opérations quotidiennes de l’institution.

Les députés ultra-orthodoxes, qui refusent de servir à des postes de ministre pour des raisons religieuses, ont opté, dans le passé, pour des arrangements similaires – avec un Premier ministre officiellement à la tête du ministère et où, vice-ministres, ils assumaient de-facto la charge du portefeuille. Les autorités rabbiniques ont estimé, dans le passé, qu’accepter un titre de ministre impliquerait une reconnaissance de la légitimité d’un État juif laïc.

En 2015, la Haute cour de justice avait émis un jugement limitant cette pratique. Et par le biais d’un amendement consécutif qui avait été apporté aux Lois fondamentales, le Premier ministre ne peut dorénavant contrôler un ministère que pour une période de trois mois.

Cette période de trois mois a expiré lundi à 23h59 pour le ministère des Services religieux – et aucun responsable élu n’était en poste à ce moment-là.

Depuis la démission de Kahana, au mois de mai, la coalition a tenté de le réinstituer à ses fonctions mais elle a été dans l’incapacité de rassembler une majorité pour ce faire en raison du nombre croissant de ses déserteurs et en raison des différences et des griefs qui régnaient en son sein.

Jusqu’à ce qu’un nouveau ministre soit désigné par le gouvernement actuel – ce qui est une perspective improbable – ou jusqu’à la formation d’un nouveau gouvernement, le ministère sera dirigé par son directeur-général.

Un porte-parole de Kahana a confié que l’ancien ministre ne s’impliquerait pas dans les activités du ministère, même de manière non-officielle.

« En ce qui concerne ce ministère – c’est fini, c’est terminé », a commenté le bureau de Kahana.

Matan Kahana, alors ministre des Affaires religieuses, arrivant à une réunion du cabinet au bureau du Premier ministre à Jérusalem, le 1er mai 2022. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Shem-Tov, qui occupait précédemment le poste de directeur-général adjoint, a pris ses fonctions après le départ de son prédécesseur, Shimon Matuk, en date du 1er août.

Shem-Tov, 44 ans, qui a rejoint le ministère des Services religieux à l’issue d’une longue carrière dans l’armée de l’air, devra diriger le bureau dans une période particulièrement difficile en amont des élections qui auront lieu cet automne.

« La période électorale est une période dure mais elle nous permettra également de nous préparer à terminer les missions du ministère pour 2022 et à faire des plans de travail pour 2023 », a dit Shem-Tov aux employés du ministère lorsqu’il a pris ses fonctions, au début du mois.

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