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Le ministère des Finances accusé de mener une « attaque frontale » contre l’environnement et le peuple

L'association Adam Teva V'Din se joint à la ministre de l'Environnement pour dénoncer les propositions de coupes budgétaires pour 2024, avant le vote du cabinet prévu dimanche

Sue Surkes est la journaliste spécialisée dans l'environnement du Times of Israel.

La centrale électrique Orot Rabin, sur la plage de Sdot Yam, dans le centre d'Israël, le 11 avril 2023. (Crédit : Yossi Aloni/Flash90)
La centrale électrique Orot Rabin, sur la plage de Sdot Yam, dans le centre d'Israël, le 11 avril 2023. (Crédit : Yossi Aloni/Flash90)

L’organisation de défense de l’environnement Adam Teva V’Din a vivement rejeté mercredi un ensemble de propositions du ministère des Finances visant à réduire les dépenses du gouvernement afin de les allouer au financement de la guerre en cours contre le groupe terroriste palestinien du Hamas à Gaza, avertissant qu’elles constituaient une « attaque frontale contre l’environnement et le peuple ».

L’organisation a appelé à une approche plus « équilibrée » sur le budget 2024, faisant écho aux critiques formulées par la ministre de l’Environnement, Idit Silman, qui a déclaré qu’il était inacceptable de faire des propositions qui n’ont pas été préalablement coordonnées avec le ministère la veille du jour où le cabinet était censé les voter – le vote a depuis été reporté à dimanche.

L’organisation juridique, qui joue un rôle de veille en matière d’environnement, a déclaré que ces propositions « destructrices » étaient contraires à ce qui était nécessaire pour faire face à la crise climatique, qu’elles donnaient la priorité aux combustibles polluants plutôt qu’aux énergies renouvelables, qu’elles décourageaient l’achat de véhicules électriques, qu’elles nuisaient à l’agriculture israélienne et qu’elles ignoraient la santé publique en n’insistant pas pour que davantage de fruits et de légumes soient exempts de résidus de pesticides nocifs à la consommation.

Le ministère des Finances a envoyé ses longues propositions à tous les ministères mercredi matin, en amont du vote du cabinet initialement prévu jeudi, repoussé à dimanche.

Le ministre des Finances, Bezalel Smotrich, a déclaré que le report de ce vote sur l’amendement au budget 2024 permettrait d’achever le « travail juridique professionnel » sur les décisions du gouvernement dans le budget révisé, compte tenu des dépenses conséquentes liées à la guerre en cours.

Parmi ses propositions environnementales, le ministère des Finances recommande la mise en place d’une taxe sur le carbone, attendue de longue date, soulignant l’importance pour l’économie de taxer les coûts réels et complets des émissions, conformément au principe du « pollueur-payeur », tout en encourageant les changements de comportement et une éventuelle transition vers des énergies plus propres et vers une efficacité énergétique.

Il recommande d’augmenter progressivement les taxes sur les combustibles fossiles (à l’exception de l’essence et du diesel qui, selon lui, sont déjà suffisamment taxés). Par exemple, la taxe sur chaque tonne de charbon serait de 147 shekels en 2024, augmentant progressivement jusqu’à 515 shekels en 2029 et au-delà. Sur le gaz fossile, elle passerait de 33 shekels en 2024 à 192 shekels en 2029 et au-delà.

Toutefois, selon Adam Teva V’Din, il s’agirait d’une taxe uniforme pour tous les Israéliens qui nuiraient de manière disproportionnée aux populations défavorisées.

Des éoliennes à énergie renouvelable devant le mont Hermon, sur le plateau du Golan, le 3 janvier 2021. (Crédit : Michael Giladi/Flash90)

En outre, contrairement à ce qui se passe dans d’autres pays dotés d’une taxe sur l’émission de carbone, non seulement les recettes ne seront pas utilisées pour encourager le passage aux énergies renouvelables, mais le président de l’Autorité de l’électricité israélienne sera également tenu de réduire les subventions accordées aux énergies renouvelables au fur et à mesure que la taxe sur le carbone augmentera.

Parallèlement, le ministère de l’Énergie recevrait un budget pour accélérer le déploiement du gaz fossile, qui, bien que moins polluant que le charbon ou le pétrole, est néanmoins un combustible fossile à l’origine du dérèglement climatique.

« Chaque décision ici nécessite une discussion approfondie, pour s’assurer qu’elle est équilibrée, que les préjudices et les dommages ne dépassent pas les économies à court terme (…) et que les dommages causés à la vie de la population israélienne ne sont pas déraisonnables », a souligné Adam Teva V’Din.

Dans son document, le ministère des Finances propose également une taxe sur les décharges face aux émissions de gaz à effet de serre (principalement le méthane). Adam Teva V’Din a averti que sans une application accrue (et correctement budgétée) par le ministère de l’Environnement, la taxe encouragerait davantage les déversements illégaux et l’enfouissement de déchets afin d’éviter les paiements.

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Le ministère des Finances souligne aussi l’importance des véhicules électriques pour atteindre les objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre du pays, mais affirme qu’ils sont tout aussi responsables d’embouteillages que les voitures à moteur à combustion.

A Renault electric car recharges at a charging station in Ramat Hasharon (Photo credit: Roni Schutzer/Flash90)
Une voiture électrique Renault en charge, à Ramat HaSharon. (Crédit : Roni Schutzer/Flash90)

Face à cela, le ministère propose une taxe sur les déplacements de 15 agorot par kilomètre qui remplacerait progressivement l’actuelle taxe à l’achat. Selon le ministère, cette taxe serait légèrement inférieure à la taxe d’accise actuellement appliquée à l’essence et au diesel.

Adam Teva V’Din a averti que taxer les véhicules électriques avant qu’ils n’aient réellement pénétré le marché israélien pourrait avoir un effet dissuasif sur leur achat, et a demandé que les systèmes de transports publics électriques, tels que les trains et les bus, soient exemptés de cette taxe.

Le ministère des Finances propose également de faire des économies en réduisant de 15 % les budgets pluriannuels d’une série d’initiatives. Il s’agit notamment de projets visant à combler les écarts d’infrastructure entre les communautés arabes et juives et à lutter contre les incendies de forêt.

Adam Teva V’Din a souligné que la réduction des budgets pour les communautés arabes ferait perdurer une situation dans laquelle les villes arabes manquent d’infrastructures modernes d’élimination des déchets, et où les déchets sont donc déversés illégalement, ce qui provoque souvent des incendies, et où leur enlèvement est trop souvent laissé aux mains de criminels.

L’organisation a également déploré une proposition visant à réduire le budget de l’Unité centrale d’application et d’investigation du ministère de l’Agriculture, au motif qu’elle n’avait pas atteint ses objectifs de performance.

Cette unité est chargée de contrôler le transfert de produits agricoles de l’Autorité palestinienne (AP) vers Israël, de superviser l’industrie de l’abattage, d’appliquer la loi contre la cruauté envers les animaux et de superviser l’utilisation des pesticides.

Adam Teva V’Din a souligné qu’en Israël, 11 à 18 % des fruits et légumes consommés par la population contenaient une quantité excessive de résidus de pesticides, alors que le taux moyen en Europe est de 4 %.

An agricultural aircraft sprays crops with fertilizers, pesticides, and fungicides. (photo credit: Doron Horowitz/Flash90)
Un avion agricole répand des fertilisants, des pesticides et des fongicides. (Crédit : Doron Horowitz/Flash90)

Enfin, l’organisation a critiqué une proposition visant à réduire les budgets des scientifiques en chef dans plusieurs ministères, avertissant que cela risquait de nuire « non seulement à la science qui devrait être la base des décisions politiques dans les ministères, mais aussi à la capacité d’Israël à s’établir en tant que leader de l’innovation et de la recherche dans le monde, et notamment sur la question du climat ».

L’année dernière, Israël a approuvé les budgets de l’État pour 2023 et 2024, mais la guerre en cours contre le groupe terroriste palestinien du Hamas a ébranlé les finances du gouvernement, nécessitant des mises à jour budgétaires et des dépenses supplémentaires.

En décembre, un budget supplémentaire a été approuvé pour couvrir les coûts des combats en cours depuis le 7 octobre contre le Hamas et le groupe terroriste chiite libanais du Hezbollah, notamment avec une augmentation des dépenses militaires et des dépenses civiles telles que l’hébergement des personnes évacuées du nord et du sud.

Ce budget s’est heurté à une opposition à droite comme à gauche alors qu’il allouait également des fonds à certains projets qui n’étaient pas liés à l’effort de guerre.

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