Miri Regev demande un examen plus approfondi des subventions du cinéma
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Miri Regev demande un examen plus approfondi des subventions du cinéma

Le ministère de la Culture cherche des informations détaillées sur le processus d'approbation des films, probablement pour freiner ceux qui dépeignent Israël négativement

Jessica Steinberg est responsable notre rubrique « Culture & Art de vivre »

Miri Regev, au centre, s'adressant aux médias d'un vestiaire à Gaziantep, en Turquie, le 22 février 2017 (Crédit : Ministère des Sports)
Miri Regev, au centre, s'adressant aux médias d'un vestiaire à Gaziantep, en Turquie, le 22 février 2017 (Crédit : Ministère des Sports)

Le ministère de la Culture a demandé aux fonds cinématographiques israéliens de fournir des informations détaillées sur le processus d’approbation des films, probablement pour freiner ceux qui dépeignent Israël négativement.

L’examen, apparemment dirigé par la très controversée ministre de la Culture, Miri Regev – elle avait menacé de stopper le financement public pour les productions culturelles et les organisations qui semblent déloyales à l’État juif – étudiera la façon dont les fonds approuvent ou rejettent des propositions de film, et qui sont les décideurs.

Une grande partie du budget de la plupart des fonds cinématographiques provient de l’État.

Selon la presse hébraïque, le New Fund for Cinema and Television devait fournir des informations sur le processus d’approbation de la série documentaire Megiddo, qui raconte l’histoire des Palestiniens écroués dans les prisons israéliennes pour des infractions à la sécurité.

Le metteur en scène de Megiddo, Itzik Lerner a passé des années à obtenir la permission de filmer dans la prison de Megiddo, et a réalisé une trilogie, qui est diffusée sur la chaîne documentaire YES ce mois-ci.

Une source proche du New Fund for Cinema and Television a indiqué que plusieurs fonds cinématographiques ont subi un processus de vérification conséquent au cours des derniers mois et ont dû fournir des informations détaillées au ministère, afin d’obtenir davantage de subventions de la part de l’État en janvier.

Le ministère a ensuite déclaré qu’ils voulait un examen plus approfondi de ce processus d’approbation, et souhaitait remonter 5 ans en arrière.

« Ils voulaient savoir pourquoi chaque film a été choisi, et qui a dit oui, et qui a dit non, et pour quelles raisons », a déclaré la source, sous couvert d’anonymat.

La source a indiqué que les trois fonds cinématographiques en question sont la Yehoshua Rabinovich Foundation for the Arts, le New Fund for Cinema and Television et le Gesher Multicultural Film Fund.

Tous les trois sont financés indépendamment et bénéficient également de subventions de la part du ministère de la Culture.

Plusieurs films récents qui ont été placés sous e coup de la censure de Regev ont été subventionnés par le Fonds, y compris le film primé Five Broken Cameras, qui montre des témoignages en direct des manifestations dans un village palestinien. Il a été financé en partie par le New Fund for Cinema and Television. Le documentaire The Gatekeepers, dans lequel des anciens directeurs du Shin Bet discutent des succès et des échecs de l’agence depuis 1967, a été financé par le Rabinovich Fund.

https://youtu.be/XID_UuxiGxM

Les demandes actuelles de renseignements du ministère proviennent d’un comité dirigé par la directrice de l’administration du ministère de la Culture, Galit Wahba-Shasho.

Dans une lettre adressée au New Fund for Cinema and Television, Wahba-Shasho a déclaré qu’elle était obligée de présenter des données sur les activités des fonds sur les cinq dernières années.

Depuis mars 2015, après les élections de la Knesset et l’entrée en fonction de Regev, il semblerait que l’on assiste à un processus de triage.

En septembre dernier, Regev a quitté les prix Ophir – l’équivalent israélien des Oscars – à la lecture d’un poème du poète palestinien Mahmoud Darwis, parce que ses poèmes prêchaient contre l’existence d’un État juif.

Au cours de la même cérémonie de remise des prix, deux actrices palestiniennes du film primé Tempête de Sable ont refusé de monter sur l’estrade pour recevoir leur récompense des mains de Regev, en signe de protestation contre les opinions politiques de la ministre.

À l’époque, Regev avait déclaré que « quiconque s’identifie comme un Palestinien n’avait qu’à se déplacer et aller vivre ailleurs. Je sais que tous les citoyens de cet État sont des citoyens d’Israël. Et si les acteurs qui reçoivent des prix de l’État d’Israël se définissent comme des Palestiniens, c’est un problème très sérieux ».

Regev, qui a été porte-parole de l’armée israélienne avant d’être élue à la Knesset en 2008, a déclaré en septembre dernier qu’elle mettrait sur pied un comité chargé d’examiner la gestion de l’Académie israélienne du cinéma et de la télévision, ainsi que le financement du cinéma, et qu’elle présenterait un apport au ministère dans les trois mois.

L’an dernier, elle avait parlé de retirer le financement d’un théâtre portuaire de Jaffa dirigé par l’acteur arabe Norman Issa, parce qu’il avait refusé de participer à une production du théâtre de Haifa dans la vallée du Jourdain, considérée comme partie de Cisjordanie, ce qui avait valu à Regev une pluie de critiques.

En décembre dernier, Regev s’en est pris à la Cinémathèque de Tel-Aviv, où le complexe d’art a promu le Festival de 48mm, connu aussi sous le nom de The Third International Film Festival on Nakba and Return.

En janvier, Regev a parlé d’amender la loi de 2011, connue sous le nom de loi de Nakba, qui permet au gouvernement de cesser de financer les organisations qui dépeignent l’establishment israélien d’Israël comme une « catastrophe », selon les Palestiniens.

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