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Le ministre des Affaires étrangères Eli Cohen s’envole pour l’Azerbaïdjan

Le voyage du chef de la diplomatie israélienne survient au moment où les alliances fleurissent sur la frontière iranienne ; son déplacement durera trois jours

Lazar Berman est le correspondant diplomatique du Times of Israël

Le ministre des Affaires étrangères Eli Cohen, à droite, lors d'une conférence de presse avec son homologue azerbaïdjanais Jeyhun Bayramov, à Jérusalem, le 29 mars 2023. (Crédit : (Miri Shimonovich/ Foreign Ministry)
Le ministre des Affaires étrangères Eli Cohen, à droite, lors d'une conférence de presse avec son homologue azerbaïdjanais Jeyhun Bayramov, à Jérusalem, le 29 mars 2023. (Crédit : (Miri Shimonovich/ Foreign Ministry)

Le ministre des Affaires étrangères Eli Cohen doit décoller, mardi, pour une visite de trois jours en Azerbaïdjan, allié déterminant de l’État hébreu installé sur la frontière nord de l’Iran.

Cohen rencontrera le président Ilham Aliyev à Bakou, dans la matinée de mercredi. Il s’entretiendra dans la journée avec son homologue Jeyhun Bayramov.

Le chef de la diplomatie israélienne arrivera dans le pays en compagnie d’une délégation représentant vingt firmes israéliennes travaillant dans les secteurs de la cybersécurité, de la sécurité nationale, de l’eau et de l’agriculture. Il accueillera un forum commercial aux côtés du ministre de l’Économie d’Azerbaïdjan.

Il devrait aussi rencontrer la communauté juive locale et il reviendra en Israël mercredi matin.

Avant le décollage de son avion, Cohen a indiqué dans un communiqué que la situation géographique de l’Azerbaïdjan – qui se trouve à la frontière de l’Iran – « rend nos relations d’autant plus importantes, leur donnant un potentiel formidable ».

Cohen a ajouté que l’objectif de son déplacement était « de continuer à construire, avec nos amis de Bakou, un front uni et résolu face aux défis communs que nous devons relever », ajoutant qu’il souhaitait également approfondir la coopération en matière d’économie, de commerce, de défense, d’énergie et d’innovation.

L’alliance entre l’Azerbaïdjan et Israël a fleuri suite au soutien apporté au pays par l’État hébreu au cours du conflit avec l’Arménie, en 2020.

Photo d’illustration : des soldats d’Azerbaïdjan marchent en formation sur une route pendant un conflit militaire avec la région séparatiste du Nagorno-Karabakh, le 9 octobre 2020. (Crédit : Azerbaijan’s Defense Ministry via AP)

Cohen avait annoncé qu’il se rendrait à Bakou au mois de mars, lorsque Beymarov était venu lors de l’inauguration d’une ambassade en Israël.

Des informations transmises par les médias étrangers ont indiqué que l’Azerbaïdjan laisserait probablement l’État juif utiliser des bases sur son sol pour lancer des vols de reconnaissance au-dessus de l’Iran et pour envoyer des agents des renseignements dans le pays dans le cadre de la lutte contre le programme nucléaire actuellement mis en œuvre par la république islamique. Si Israël devait prendre la décision de frapper les réacteurs et les usines nucléaires de l’Iran, l’accès aux bases de l’Azerbaïdjan faciliterait grandement la réalisation de cette mission.

La plus importante contribution apportée à la sécurité nationale israélienne par l’Azerbaïdjan reste néanmoins le pétrole. Selon Bayramov, Bakou fournirait 30 % du pétrole israélien.

Israël avait renforcé ses livraisons d’armes à l’Azerbaïdjan pendant le conflit dans la région du Nagorno-Karabakh, en 2020. L’Azerbaïdjan était sortie victorieuse de cette guerre contre l’Arménie qui avait duré six semaines et qui avait coûté la vie à plus de 6 000 soldats. Bakou avait ainsi repris le contrôle de cette région disputée.

Les tensions avec l’Iran avaient atteint leur paroxysme à l’issue de ce conflit, Téhéran réalisant des exercices militaires majeurs sur sa frontière avec l’Azerbaïdjan et durcissant encore davantage sa rhétorique à l’encontre de cette dernière.


L’ambassadeur d’Israël en Azerbaïdjan, George Deek, déposant des fleurs près de bâtiments détruits dans la ville de Ganja après qu’elle a été frappée par des missiles arméniens, en octobre 2020. (Crédit : Ambassade d’Israël à Bakou)

L’ambassadeur israélien en Azerbaïdjan, George Deek, s’était rendu sur le site d’une attaque au missile meurtrière pendant la guerre contre l’Arménie. Il avait confié au Times of Israel que ce geste avait été « un tournant » dans les relations entre les deux pays. Une photo où il apparaissait en train de poser des roses rouges sur le site était depuis devenue une image emblématique dans les vidéos qui accompagnaient les chansons au sujet de la guerre, avait noté l’ambassadeur.

« L’État d’Israël a montré qu’il se tenait aux côtés de l’Azerbaïdjan à un moment de nécessité », avait-il commenté. « Ce qui a été, pour eux, la preuve d’une réelle amitié. Ce moment a été un temps fort de ma carrière diplomatique ».

Mais le soutien le plus tangible à avoir été apporté par l’État hébreu avait été les armements.

Israël est l’un des principaux fournisseurs d’armes de l’Azerbaïdjan. Selon l’Institut de recherche sur la paix internationale de Stockholm, l’État juif a assuré 69 % des importations d’armes pour Bakou entre 2016 et 20220 – représentant 17 % des exportations israéliennes dans le domaine de l’armement pendant la même période.

Le pays à majorité chiite, de son côté, a livré des quantités significatives de pétrole en plus de sa coopération avec l’État juif dans la lutte contre l’Iran.

L’Iran, qui accueille des millions d’Azéris ethniques, accuse depuis longtemps son voisin du nord, au territoire beaucoup plus modeste en taille, de nourrir le mouvement séparatiste au sein de la république islamique.

Israël avait été l’un des premiers pays à reconnaître l’indépendance azérie en 2011. Le pays a une ambassade à Bakou depuis 1992.

Archive : L’ex-ministre de la Défense, Benny Gantz, à l’occasion d’une visite d’Etat en Azerbaïdjan, le 3 octobre 2022. (Crédit : Nicole Laskavi/MOD)

En octobre, Benny Gantz, ministre de la Défense à l’époque, avait fait une visite officielle en Azerbaïdjan où il avait rencontré son homologue Zakir Hasanov et le président Aliyev.

En décembre, l’Azerbaïdjan avait annoncé la nomination de son tout premier ambassadeur en Israël, moins de deux mois après avoir donné son feu vert à l’ouverture d’une ambassade à Tel Aviv.

A ce moment-là, le vice-ministre des Affaires étrangères Fariz Rzayev avait indiqué que suite à la décision prise par l’Azerbaïdjan d’ouvrir une ambassade à Tel Aviv, « rien n’était impossible » concernant les liens bilatéraux entretenus entre les deux pays.

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