Le ministre palestinien des Affaires étrangères appelle au boycott des implantations
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Le ministre palestinien des Affaires étrangères appelle au boycott des implantations

L’AP n’a pas encore utilisé tout son arsenal légal contre Israël au TPI, affirme Riyad al-Maliki

Elhanan Miller est notre journaliste spécialiste des affaires arabes

Riyad al-Maliki, ministre des Affaires étrangères de l'Autorité palestinienne. (Crédit :  Issam Rimawi/Flash90)
Riyad al-Maliki, ministre des Affaires étrangères de l'Autorité palestinienne. (Crédit : Issam Rimawi/Flash90)

L’Autorité palestinienne (AP) a demandé à l’Union européenne de bloquer l’entrée des Israéliens vivant au-delà de la Ligne Verte dans les 26 pays de la zone Schengen d’Europe, a déclaré le ministre des Affaires étrangères de l’AP à un quotidien arabe dimanche.

Dans un long entretien avec le journal basé à Londres Asharq al-Awsat à la suite de sa rencontre avec le ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius, Maliki a exprimé son agacement sur le fait que la décision de l’Union européenne d’étiquetter des produits d’implantations n’a pas encore été mise en pratique.

« Si l’UE estime que les produits des implantations devraient être ‘boycottés’, les habitants font partie de ces produits et devraient être considérés de la même façon », a déclaré Maliki au quotidien.

L’AP a également appelé l’EU et les Etats-Unis à placer les habitants d’implantations ayant perpétré des attaques ciblées contre des propriétés palestinienne sur leur liste terroriste ».

L’EU examinait la possibilité de mettre une une liste noire « les habitants d’implantations violents » en fin d’année dernière, ont déclaré des diplomates à Reuters. Cette sanction affecterait 200 individus, ont-ils estimé. Les pays de l’Espace Schengen, comprenant la plupart de l’Europe occidentale, ont aboli les contrôles de passeports et d’autres formes à leurs frontières communes.

La visite de Maliki en France visait à faire pression sur le gouvernement de Manuel Valls pour faire avancer son plan de paix, y compris une limite de 24 mois aux négociations bilatérales entre Israël et les Palestiniens, avec la menace d’une décision du Conseil de Sécurité des Nations unies contre Israël au cas où les négociations ne parviendraient pas à un accord.

La Franche, a assuré le ministre des Affaires étrangères, avait subi une intense pression de la part des Israéliens et des Américains pour abandonner la menace de l’utilisation du Conseil de Sécurité. Mais Fabius a nié que l’option des Nations unies n’était plus sur la table, a déclaré Maliki.

Le ministre a expliqué que les Palestiniens sont réticents à lancer une autre tentative au Conseil de Sécurité si c’est seulement pour la voir échouer, comme en décembre dernier.

Alors, une nouvelle tentative devrait se concentrer sur la question des implantations, une question contre laquelles les Américains ne peuvent pas diplomatiquement se permettre d’utiliser leur droit de veto, plutôt qu’une tentative sans espoir de forcer Israël à négocier dans un calendrier fixe.

« En agissant aisni, nous obtiendrions quelque chose du Conseil de Sécurité menant au changement. C’est très important pour nous, étant donné le manque de toute forme de mouvement, nous voulons du mouvement et c’est ce qui nous intéresse », a déclaré Maliki.

Les dirigeants palestiniens ont clairement exprimé qu’ils avaient abandonné l’espoir que les Etats-Unis puissent être un intermédiaire équitable pour la paix. Lors d’un voyage récent à Moscou, Maliki a discuté avec le ministre des Affaires étrangères Sergeï Lavrov sur la possibilité de copier le modèle P5+1, utilisé pour négocier avec l’Iran sur ses aspirations nucléaires, pour le contexte israélo-palestinien.

« Il a promis de discuter de la question avec [le Secrétaire d’Etat américain John] Kerry », a déclaré Maliki de Lavrov.

Interrogé pour savoir si l’Autorité palestinienne a l’intention de continuer à se confronter à Israël devant le Tribunal Pénal International, Maliki a déclaré que son gouvernement a pour l’instant agi prudemment, évitant d’utiliser des armes terribles contre l’Etat juif.

Pour l’instant, les Palestiniens ont simplement demandé à la procureure du TPI Fatou Bensouda d’examiner la question palestinienne dans son ensemble, et elle a commencé une enquête indépendante basée sur les preuves disponibles.

Pourtant, Maliki a noté qu’il y a un autre outil à la disposition des Palestiniens au TPI connu comme « référentiels », avec lequel le Gouvernement palestinien peut demander une enquête immédiate dans un cas spécifique, comme l’attaque contre la famille Dawabsha dans le village de Cisjordanie de Duma, apparemment par des extrémistes israéliens.

« Pour l’instant, nous n’avons pas utilisé les référentiels, mais nous nous sommes contentés de la première méthode concernant Gaza, les implantations et d’autres questions, a-t-il déclaré. Les référentiels sont une arme qui n’a pas encore été utilisée. Nous les utiliserons au bon moment, quand nous pensons que ça sera utile de le faire ».

Maliki a évité d’expliquer quand exactement ce moment pourrait être.

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