Le monde devrait saluer Israël pour la mort de Fakhrizadeh – Officiel israélien
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Le monde devrait saluer Israël pour la mort de Fakhrizadeh – Officiel israélien

La frappe d'Israël en territoire ennemi est "sans précédent" et les Iraniens semblent dans l'incapacité d'y mettre un terme, dit un ex-responsable de la CIA

  • Cette photo de l'agence de presse semi-officielle Fars montre les lieux de l'assassinat de Mohsen Fakhrizadeh à Asbard, une petite ville de l'est de la capitale de Téhéran, le 27 novembre 2020. (Crédit : Agence de presse Fars via AP)
    Cette photo de l'agence de presse semi-officielle Fars montre les lieux de l'assassinat de Mohsen Fakhrizadeh à Asbard, une petite ville de l'est de la capitale de Téhéran, le 27 novembre 2020. (Crédit : Agence de presse Fars via AP)
  • Les étudiants appartenant aux forces paramilitaires iraniennes Basij incendies des drapeaux israéliens et américains pendant une manifestation devant le ministère des Affaires étrangères de Téhéran, le 28 novembre 2020. (Crédit : Atta Kenare/AFP)
    Les étudiants appartenant aux forces paramilitaires iraniennes Basij incendies des drapeaux israéliens et américains pendant une manifestation devant le ministère des Affaires étrangères de Téhéran, le 28 novembre 2020. (Crédit : Atta Kenare/AFP)
  • L'Ayatollah Ebrahim Raisi , responsable du système judiciaire iranien, rend hommage au scientifique assassiné Mohsen Fakhrizadeh en compagnie de sa famille à Téhéran, en Iran, le 28 novembre 2020. (Crédit : Agence de presse Mizan via AP)
    L'Ayatollah Ebrahim Raisi , responsable du système judiciaire iranien, rend hommage au scientifique assassiné Mohsen Fakhrizadeh en compagnie de sa famille à Téhéran, en Iran, le 28 novembre 2020. (Crédit : Agence de presse Mizan via AP)
  • Des étudiants de la force paramilitaire iranienne Basij brûlent des portraits du président américain en exercice Donald Trump et de son futur successeur Joe Biden, lors d'un assemblement devant le ministère des Affaires étrangères à Téhéran, le 28 novembre 2020, dénonçant l'assassinat de l'éminent scientifique nucléaire Mohsen Fakhrizadeh dans la capitale la veille. (Crédit : Atta Kenare/AFP)
    Des étudiants de la force paramilitaire iranienne Basij brûlent des portraits du président américain en exercice Donald Trump et de son futur successeur Joe Biden, lors d'un assemblement devant le ministère des Affaires étrangères à Téhéran, le 28 novembre 2020, dénonçant l'assassinat de l'éminent scientifique nucléaire Mohsen Fakhrizadeh dans la capitale la veille. (Crédit : Atta Kenare/AFP)
  • Cette photo de l'agence de presse semi-officielle Fars montre les lieux de l'assassinat de Mohsen Fakhrizadeh à Asbard, une petite ville de l'est de la capitale de Téhéran, le 27 novembre 2020. Insert : Mohsen Fakhrizadeh. (Crédit : Agence de presse Fars via AP)
    Cette photo de l'agence de presse semi-officielle Fars montre les lieux de l'assassinat de Mohsen Fakhrizadeh à Asbard, une petite ville de l'est de la capitale de Téhéran, le 27 novembre 2020. Insert : Mohsen Fakhrizadeh. (Crédit : Agence de presse Fars via AP)

Un officiel israélien qui s’est exprimé auprès du New York Times sous couvert d’anonymat a déclaré, samedi, que le monde devrait remercier Israël pour l’assassinat du « cerveau » présumé du programme d’armement nucléaire iranien, Mohsen Fakhrizadeh, même si Jérusalem n’a pas officiellement revendiqué l’opération.

Le haut-responsable qui, selon l’article du journal, aurait été impliqué pendant des années dans la traque de Fakhrizadeh pour le compte de l’Etat juif, aurait aussi dit que le pays continuerait à prendre toutes les initiatives nécessaires contre le programme nucléaire de Téhéran.

Bruce Reidel, chercheur à la Brookings Institution et ancien officiel au sein de la CIA (Central Intelligence Agency), qui connaît bien le dossier israélien, a fait savoir au journal américain que Jérusalem avait déployé des moyens extraordinaires pour cibler des personnalités individuelles en territoire ennemi.

« C’est sans précédent », a expliqué Riedel. « Et il n’y a actuellement aucun signe qui montrerait que les Iraniens soient en mesure de contrer le manière efficace ce genre d’attaque ».

Bruce Riedel. (Autorisation : Brookings)

Reidel a aussi déclaré que l’Etat juif avait utilisé ses liens étroits avec des pays voisins de l’Iran, comme l’Azerbaïdjan, pour mener des opérations de surveillance et de recrutement, notant l’usage, par le pays, de drones fabriqués en Israël lors de son récent conflit avec l’Arménie – ce qui est l’une des facettes de ces relations bilatérales.

Reidel a expliqué que l’assassinat de Fakhrizadeh, qui est mort vendredi dans une attaque à la bombe et une fusillade survenues aux abords de Téhéran – une attaque qui a été très largement attribuée à Israël – pourrait indiquer qu’après une pause, Jérusalem réactivait ses réseaux opérationnels constitués d’immigrants iraniens au sein de l’Etat juif et de collaborateurs iraniens.

« Je pense que le match est en cours ou qu’il débute sur le terrain », a commenté l’ancien responsable des renseignements.

L’assassinat de Fakhrizadeh a été le point fort d’un long plan stratégique ourdi par Israël pour saboter le programme nucléaire de l’Iran et priver la république islamique d’une source irremplaçable de connaissance, a noté samedi la télévision israélienne.

Une source issue des renseignements occidentaux dont l’identité n’a pas été révélée a déclaré que la mort du scientifique, qualifié dans le passé de « père » du projet de développement d’armements nucléaires en Iran, avait été « l’apogée » des plans à long-terme de l’Etat juif, des propos repris par la Douzième chaîne.

Le ministre de l’énergie, Yuval Steinitz, lors d’une conférence à Tel Aviv, le 27 février 2019. (Flash90)

Le ministre de l’Energie, Yuval Steinitz, a déclaré au micro de la chaîne Kan, dimanche, que l’assassinat de Fakhrizadeh était une bonne chose pour le monde entier.

« Cet assassinat en Iran, peu importe qui l’a commis, ne sert pas seulement Israël mais la région toute entière et aussi le monde », a dit Steinitz.

Il y a eu peu de commentaires officiels de la part des responsables israéliens sur cet assassinat mais dans une vidéo qui a été postée vendredi sur Twitter, peu après l’annonce du meurtre présumé, le Premier ministre Benjamin Netanyahu, faisant le bilan de ses réalisations hebdomadaires, a noté qu’il ne présentait sur les images « qu’une liste partielle, car il m’est impossible de tout vous dire. »

Il pouvait toutefois se référer également à sa visite – largement répercutée dans les médias, mais qui n’a pas été officiellement confirmée – en Arabie saoudite.

Le député de l’opposition Ram Ben-Barak, qui appartient à la formation Yesh Atid et qui a été, dans ce passé, vice-directeur de l’agence d’espionnage du Mossad, a indiqué, dimanche, s’inquiéter des fuites d’information.

« Je suis très troublé par la gestion de cette opération toute entière », a déclaré Ben-Barak au micro de la radio militaire. « Toute l’excellence de cette campagne se trouve dans son caractère secret mais il y a des fuites délibérées, comme cela a aussi été le cas concernant le vol en Arabie saoudite. Savoir qu’il y a un Premier ministre qui ne consulte que ceux qui lui sont le plus proches m’empêche de dormir. »

Le Dr. Mohsen Fakhrizadeh sur une photo non-datée. (Autorisation)

Israël, pour sa part, se prépare à des représailles possibles de la part de l’Iran, les responsables iraniens et les médias américains ayant indiqué que l’Etat juif était à l’origine de l’attaque. Jérusalem n’a pas fait de commentaire officiel suite à l’assassinat.

Une tribune publiée dans un journal iranien de la ligne dure dans la matinée de dimanche a suggéré que la république islamique pourrait s’en prendre à la ville portuaire de Haïfa, au nord de l’Etat juif, s’il s’avérait que ce dernier était responsable de la mort de Fakhrizadeh.

Si cela fait longtemps que le journal Kayhan prône des ripostes agressives pour répondre à des opérations ayant pris l’Iran pour cible, la tribune écrite dimanche est allée plus loin, suggérant que toute agression devait pouvoir détruire des structures et « entraîner un lourd bilan humain ».

Selon le New York Times, si certains hauts-responsables iraniens préféreraient attendre de voir comment vont se passer les choses sous l’autorité du président-élu Biden et de sa prochaine administration, les pressions des plus radicaux à répondre avec force à l’assassinat de Fakhrizadeh sont croissantes. De telles ripostes seraient susceptibles d’entraîner une escalade dans laquelle l’administration sortante de Donald Trump pourrait s’impliquer militairement, ce qui pourrait aboutir à un conflit bien plus important.

Les éventuelles réactions de Téhéran sont débattues au sein de l’Etat juif, les spécialistes suggérant des scénarios variés : le renforcement du programme nucléaire et des travaux d’enrichissement de l’uranium au sein de la république islamique et le retrait de cette dernière de tous les traités internationaux ; le lancement d’une attaque majeure en Israël en utilisant des missiles ou d’autres moyens ; des attaques contre les ambassades israéliennes et contre des cibles juives dans le monde entier ; des attaques contre les navires iraniens ou des agressions de la part des groupes mandataires de Téhéran le long des frontières israéliennes avec Gaza, le Liban et la Syrie.

Des reportages diffusés à la télévision ont annoncé qu’Israël avait placé ses ambassades en état d’alerte élevé et que les communautés juives du monde entier prenaient des précautions particulières.

Le cabinet de sécurité israélien devait se rencontrer, dimanche, pour une réunion qui avait été prévue. Rien ne semble indiquer, pour le moment, que l’armée israélienne pourrait élever son état d’alerte le long des frontières du pays.

Le New York Times a présumé, samedi, que le principal objectif poursuivi par l’assassinat avait été d’empêcher la future administration américaine de trouver une solution diplomatique au conflit avec l’Iran. Le président élu-américain, Joe Biden, avait fait part de son intention de réintégrer l’accord sur le nucléaire conclu en 2015 avec Téhéran, qui a largement perdu de son poids depuis le retrait du président américain du pacte, en 2018.

Le président désigné des États-Unis, Joe Biden, au Queen Theater à Wilmington, Delaware, le 10 novembre 2020. (AP Photo/Carolyn Kaster)

Amos Yadlin, ancien chef des renseignements militaires israéliens et qui est à la tête du think-tank de l’Institut d’études de sécurité nationales, a déclaré à la Douzième chaîne que « celui qui a pris cette décision savait qu’à la Maison Blanche, la personne qui considère la menace iranienne exactement de la même manière que lui partira dans 55 jours… Avec Joe Biden, c’est une autre histoire ».

Yadlin a aussi présumé que la visite réalisée par le secrétaire d’Etat Mike Pompeo, au début du mois, avait pu être liée à l’assassinat de vendredi.

« Apparemment, Pompeo n’est pas uniquement venu ici pour aller boire du vin à la cave de Psagot », a-t-il dit sèchement.

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