Le mont du Temple ne doit pas concerner les Juifs, dit Shalom Cohen
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Le mont du Temple ne doit pas concerner les Juifs, dit Shalom Cohen

Le chef spirituel du Shas a prononcé ces mots lors d'un entretien avec l'envoyé émirati Al Khajah, et il a dit que les violences récentes sur le mont avaient été "folles"

L'ambassadeur des EAU Mohammad Mahmoud Al Khajah, à gauche, rencontre le chef spirituel du parti Shas, le rabbin  Shalom Cohen, à Jérusalem, le 30 mai 2021. (Capture d'écran : YouTube)
L'ambassadeur des EAU Mohammad Mahmoud Al Khajah, à gauche, rencontre le chef spirituel du parti Shas, le rabbin Shalom Cohen, à Jérusalem, le 30 mai 2021. (Capture d'écran : YouTube)

Le chef spirituel du parti Shas, le rabbin Shalom Cohen, a rencontré dimanche l’ambassadeur des Émirats arabes unis en Israël. Il lui a dit que les Juifs ne devraient pas entrer sur le mont du Temple et que la situation dans ce lieu saint de Jérusalem ne devait pas préoccuper les Juifs.

Selon la station de radio publique Kan, Cohen a déclaré à l’envoyé émirati Mahmoud Al Khajah que « la question du mont du Temple ne nous concerne pas. Ce sont les Arabes qui en ont la charge ».

Le mont du Temple est le lieu le plus saint du judaïsme, qui accueillait les Temples bibliques. Il est également le troisième site le plus sacré de l’islam avec la mosquée al-Aqsa.

Israël avait capturé le mont du Temple et la Vieille Ville de Jérusalem pendant la guerre des Six jours, en 1967, appliquant sa souveraineté sur la ville entière tout en permettant à l’autorité religieuse jordanienne du Waqf de continuer à administrer le mont du Temple. Les Juifs ont le droit de s’y rendre mais il leur est interdit d’y prier.

Les violences, sur le site sensible, avaient explosé au début du mois, pendant le mois sacré du ramadan – après des répressions policières sur des émeutiers arabes et palestiniens qui avaient rassemblé des pierres et des pétards pour agresser les visiteurs et les policiers juifs. Les tensions s’étaient rapidement propagées dans le pays, ce qui avait entraîné les pires émeutes connues entre Juifs et Arabes depuis des années.

Le groupe terroriste du Hamas avait ensuite tiré des roquettes sur les municipalités israéliennes, dont Jérusalem, en les qualifiant de soutien aux Palestiniens sur le mont du Temple. Des frappes israéliennes sur des cibles de Gaza avaient eu lieu en riposte et onze jours de combats avaient suivi, finalement conclus par un cessez-le-feu signé en date du 21 mai.

Au cours de la visite de l’envoyé au domicile du rabbin, dans la journée de dimanche, les deux hommes se sont parlés par traducteurs interposés – même si Cohen s’est laissé aller à quelques mots en arabe.

« C’est fou », a dit Cohen, qui est âgé de 89 ans. « Le mont du Temple, tout ce qu’il se passe ».

Khajah a répondu : « Monsieur, comme vous l’avez dit, c’est fou – c’est fou ce qui arrive. Nous avons besoin de votre sagesse et nous avons besoin de votre coopération ».

Khajah a aussi dit à Cohen avoir été fortement impressionné par l’esprit de tolérance en Israël, notant qu’il avait vu une mosquée au centre de Tel Aviv.

Affrontements entre les forces de sécurité israéliennes et des fidèles musulmans au mont du Temple dans la Vieille Ville de Jérusalem, le 11 août 2019. (Crédit : Ahmad Gharabli/AFP)

Les propos tenus par Cohen se fondent apparemment sur son avis religieux – celui qu’en raison de la sainteté du mont du Temple, les Juifs ne devraient pas être autorisés à pénétrer dans le complexe. Il y a des opinions différentes à ce sujet au sein du judaïsme orthodoxe – les plus ultra-orthodoxes ayant tendance, en majorité, à éviter de se rendre sur le mont du Temple par crainte de fouler le saint des saints, ce lieu où se dressaient les temples détruits.

Le rabbin et l’envoyé ont échangé des cadeaux, et ce dernier a réclamé une bénédiction pour la réussite de sa mission. Khajah a aussi invité Cohen à se rendre aux EAU pour prendre part à l’inauguration de la Maison de la famille d’Abraham, un complexe interconfessionnel en cours de construction aux Émirats qui comprendra une synagogue, une mosquée et une église.

Même si la situation s’est apaisée sur le mont du Temple, les tensions restent sous-jacentes et la police continue de tenter de retrouver les personnes impliquées dans les violences.

Lundi, un résident de Jérusalem-Est a été mis en examen pour avoir jeté des pierres sur les forces de l’ordre pendant les affrontements du début du mois. L’homme, âgé de 51 ans, a été accusé d’avoir commis des violences sur le mont du Temple en date du 10 mai et il a été arrêté il y a une semaine, a fait savoir le site d’information Ynet.

Des Palestiniens brandissent des drapeaux du groupe terroriste du Hamas après les prières de l’après-midi au cours du dernier vendredi du mois du Ramadan, sur le mont du Temple, dans la Vieille Ville de Jérusalem, le 7 mai 2021. (Crédit : Jamal Awad/Flash90)

Dimanche, la police a fait savoir qu’elle avait l’intention d’inculper un autre habitant de Jérusalem-Est qui avait été arrêté après avoir bousculé un agent des forces de l’ordre pendant des échauffourées sur le mont du Temple, le 21 mai. Même si le suspect avait initialement quitté les lieux, la police est parvenue à l’identifier et à l’appréhender ultérieurement. Son placement en détention a été prolongé de cinq jours dimanche, a fait savoir la police.

Au début du mois, le leader de Yahadout HaTorah, un autre parti ultra-orthodoxe, avait imploré le Premier ministre Benjamin Netanyahu, lui demandant de ne pas rouvrir le mont du Temple aux Juifs dans ce contexte de tensions.

Les Juifs n’avaient plus eu le droit d’aller sur le mont depuis le 3 mai, date à laquelle les autorités avaient décidé de fermer le complexe au non-musulmans pour tenter d’apaiser la situation dans la ville, qui ne cessait alors de se dégrader.

Des affrontements majeurs avaient éclaté sur le site entre la police et les émeutiers palestiniens une semaine plus tard, lors de la Journée de Jérusalem, faisant des centaines de blessés.

Le site a depuis été rouvert aux pèlerins juifs.

Cohen avait déjà fait connaître son désaccord concernant les pèlerinages juifs sur le mont du Temple en disant, selon certaines informations, que les Juifs qui pénétraient sur le site étaient « fous » à l’occasion d’une réunion de faction du Shas, en 2015.

Le sujet avait été évoqué à l’époque en raison de tensions dans le complexe qui avaient amené Netanyahu à ordonner à la police d’empêcher les députés juifs de la Knesset de se rendre sur le site. L’interdiction avait été levée trois ans plus tard.

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