Le Mossad a informé Berlin sur le Hezbollah avant son interdiction – rapport
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Le Mossad a informé Berlin sur le Hezbollah avant son interdiction – rapport

Un responsable israélien a déclaré que l'Allemagne avait été informée de l'emplacement des entrepôts d'explosifs du groupe, ainsi que sur ses réseaux de blanchiment d'argent

Un enfant en tenue militaire agite le drapeau du Hezbollah alors que des partisans du chef du groupe, Sayyed Hassan Nasrallah, attendent son discours télévisé dans une banlieue sud de Beyrouth, au Liban, le dimanche 5 janvier 2020, suite à l'attaque aérienne américaine en Irak qui a tué le général des Gardiens de la révolution iraniens Qassem Soleimani. (AP Photo/Maya Alleruzzo)
Un enfant en tenue militaire agite le drapeau du Hezbollah alors que des partisans du chef du groupe, Sayyed Hassan Nasrallah, attendent son discours télévisé dans une banlieue sud de Beyrouth, au Liban, le dimanche 5 janvier 2020, suite à l'attaque aérienne américaine en Irak qui a tué le général des Gardiens de la révolution iraniens Qassem Soleimani. (AP Photo/Maya Alleruzzo)

Le Mossad, la principale agence de renseignements israélienne, a fourni des informations à l’Allemagne sur les activités du Hezbollah sur son sol avant que le pays n’interdise le groupe terroriste libanais la semaine dernière, a rapporté la Douzième chaîne d’information samedi.

L’Allemagne a qualifié l’ensemble du groupe – à la fois ses branches armée et politique – « d’organisation terroriste chiite » jeudi, avec des dizaines de policiers et de forces spéciales qui ont pris d’assaut les mosquées et les associations liées au groupe, soutenu par l’Iran, dans tout le pays.

Selon le reportage télévisé, Israël a mené une opération délicate de plusieurs mois afin d’examiner les activités du groupe en Allemagne et a présenté ses conclusions aux services de renseignement et aux services juridiques allemands.

Le Mossad aurait fourni à l’Allemagne des informations sur des entrepôts dans le sud du pays où le Hezbollah avait caché des centaines de kilogrammes de nitrate d’ammonium, un matériau utilisé pour fabriquer des explosifs.

Les services de renseignement israéliens auraient également remis des informations sur des individus clés dans les opérations du Hezbollah en Allemagne, impliqués notamment dans la mise en place des réseaux utilisés pour blanchir des espèces et transférer des millions d’euros sur les comptes bancaires du groupe terroriste ainsi que pour financer des activités dans le pays.

Des partisans du Hezbollah lors d’un rassemblement organisé pour la journée al-Quds à Beyrouth, au Liban, le 31 mai 2019. (Crédit : AP Photo/Hassan Ammar)

Un responsable israélien non nommé a déclaré à la Douzième chaîne que l’opération avait été complexe et a permis de fournir des preuves déterminantes aux autorités allemandes.

« Cette initiative est le résultat de plusieurs mois de travail avec toutes les parties en Allemagne. Les chefs de services devaient présenter des preuves explicites et des preuves légales… liant l’organisation à une activité terroriste importante, et c’est ce que nous avons fait », a déclaré le responsable.

« Bruno Kahl, le chef de l’organisation de renseignement allemande BND, est un ami proche du Mossad, » a-t-il ajouté.

L’Allemagne a officiellement annoncé jeudi qu’elle avait interdit les activités du Hezbollah. S’écartant de façon spectaculaire de la politique antérieure de Berlin, qui était basée sur la position de l’Union européenne, la nouvelle interdiction ne fait pas de différence entre les branches militaire et politique du groupe libanais.

L’Iran a condamné vendredi la décision de l’Allemagne, affirmant que Berlin paierait les conséquences d’avoir voulu contenter Israël et les Etats-Unis. Cette interdiction est seulement destinée à remplir les objectifs de « la machine de propagande des régimes sioniste [Israël] et américain », a indiqué le ministère des Affaires étrangères iranien dans un communiqué.

L’Iran condamne « fermement » la décision allemande qui montre « l’irrespect total de la nation du Liban, vu que le Hezbollah est une partie formelle et légitime du gouvernement et du Parlement libanais », selon le communiqué.

Le Hezbollah a « un rôle clé dans la lutte contre le terrorisme de Daech (un acronyme en arabe du groupe jihadiste Etat islamique) dans la région » et Berlin « doit faire face aux conséquences négatives de sa décision dans la lutte contre de vrais groupes terroristes », d’après la même source.

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