Le Mossad nie que son chef a donné une interview sur l’Iran et les assassinats
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Le Mossad nie que son chef a donné une interview sur l’Iran et les assassinats

L'agence d'espionnage ne dément toutefois pas que le chef du Mossad a rencontré des journalistes ultra-orthodoxes, mais les citations seraient "sorties du contexte"

Le chef du Mossad Yossi Cohen participe aux célébrations du Jour de l'Indépendance à la résidence de l'ambassadeur en Israël, David Friedman, à Herzilya Pituah, Israël, le 3 juillet 2017 (Heidi Levine, Pool via AP)
Le chef du Mossad Yossi Cohen participe aux célébrations du Jour de l'Indépendance à la résidence de l'ambassadeur en Israël, David Friedman, à Herzilya Pituah, Israël, le 3 juillet 2017 (Heidi Levine, Pool via AP)

Dimanche, des officiels du Mossad ont démenti que le directeur de l’agence nationale de renseignement, Yossi Cohen, avait accordé un entretien à un magazine ultra-orthodoxe, quelques jours après que Cohen a été cité par la publication en train de prétendument menacer un général iranien de haut rang, de discuter d’assassinats d’officiels du Hamas, et de parler de son aspiration à devenir un dirigeant futur d’Israël.

Publié jeudi, l’entretien apparemment accordé à Mishpacha a entraîné une forte critique de Cohen, accusé d’avoir fait de la politique et d’avoir fanfaronné alors qu’il occupe une position considérée en Israël comme hautement sensible, voire sacrée.

Dimanche pourtant, plusieurs officiels du Mossad ont déclaré qu’il « n’a jamais discuté de projets politiques avec des journalistes et n’a pas donné d’entretien » et « n’a jamais exprimé ses intentions d’entrer en politique ». Ils ont précisé qu’il n’a « pas donné de détails sur les politiques d’assassinats israéliens qui peuvent exister ou non ».

Ils ont également déclaré que « Mishpacha voulait faire un papier sur lui mais qu’il ne le souhaitait pas ni ne l’a créé ».

Il convient toutefois de souligner qu’il n’ont pas nié que Cohen avait rencontré les journalistes. Par ailleurs, ils ont décrit les citations qui lui sont attribués comme étant « largement sorties de leur contexte », et non pas complètement fausses, ce qui soulève encore plus de questions sur le sujet.

Pendant ce temps, Yossi Elitov, le rédacteur en chef de Mishpacha, qui a co-écrit l’article original, a soulevé encore plus de doute quand il a lui-même semblé nier que Cohen avait donné un entretien au journal, même si les citations attribuées à Cohen étaient présentées dans l’article comme ayant été prononcées lors d’un entretien et ont très largement été considérées comme telles à travers les médias israéliens (même si certaines des citations de Cohen ont été présentées comme ayant été prononcées dans des « conversations privées »).

« Le chef du Mossad Yossi Cohen ne donne pas d’entretien aux journalistes, a tweeté Elitov. Mais, bien sûr, dans l’histoire, il y a des monologues et des conversations privées entre les chefs des agences de renseignement d’Israël qui mettent en lumière les défis d’Israël dans des théâtres délicats d’opérations. »

Le décalage entre l’article de jeudi et les démentis de dimanche – mais aussi les déclarations formulées très prudemment et publiées par les deux partis de l’affaire – semblait difficile à concilier.

Entre autres citations attribuées à Cohen dans l’article de jeudi, il y avait l’affirmation qu’un assassinat potentiel par Israël du général iranien Qassem Soleimani, le chef de la Force Quds du Corps des Gardiens de la révolution, n’était « pas impossible ».

Qassem Soleimani, commandant de la force Quds, participe à une marche commémorant l’anniversaire de la Révolution islamique de 1979, à Téhéran, Iran, le 11 février 2016. (AP Photo/Ebrahim Noroozi)

« Il n’a pas nécessairement commis l’erreur qui le placerait sur la prestigieuse liste des cibles d’assassinats du Mossad », aurait déclaré Cohen au sujet de Soleimani.

Mishpacha aurait ensuite cité Cohen comme ayant dit que le chef du Hezbollah Hassan Nasrallah « sait que nous avons l’option de l’éliminer ».

L’article a également affirmé que Cohen aurait commenté les assassinats d’officiels du Hamas dans le monde entier ces dernières années – des assassinats attribués à Israël – citant le chef du Mossad comme ayant déclaré : « Il y a plus que quelques assassinats… mais l’ennemi a changé de tactiques. Il ne s’empresse pas de nous attribuer un assassinat, pour ses propres raisons. »

Une autre citation attribuée à Cohen disait : « S’il y a une cible que nous éliminons sans hésitation, c’est des officiels du Hamas à l’étranger. Des agents locaux à ceux qui s’occupent des acquisitions d’armes de pointe lancés vers Israël. »

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu et le chef du Mossad Yossi Cohen lors d’une cérémonie de vœux pour le Nouvel An juif, le 2 octobre 2017. (Haim Zach/GPO)

Selon certains articles de presse, le Premier ministre Benjamin Netanyahu voit Cohen comme un potentiel successeur politique. Dans ce contexte, le journal a affirmé que Cohen, qui termine son mandat en 2020, a déclaré qu’il n’avait pas encore décidé s’il allait entrer en politique ou non mais aurait déclaré : « Je me vois clairement bien à la tête d’Israël dans l’avenir. »

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