Le mouvement anti-Israël BDS condamné par le tribunal de police de Montpellier
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Le mouvement anti-Israël BDS condamné par le tribunal de police de Montpellier

Le CRIF se félicite de la condamnation, qui "est un précédent important puisqu’elle marque un tournant et montre que le message sur la dangerosité de ce mouvement passe enfin"

La place de la Comédie, place principale de Montpellier. (Christophe.Finot / CC BY-SA 2.5)
La place de la Comédie, place principale de Montpellier. (Christophe.Finot / CC BY-SA 2.5)

Un militant de l’organisation BDS France Montpellier, qui appelle au boycott d’Israël, a été condamné mercredi 9 septembre par le tribunal de police, a rapporté le CRIF Languedoc-Roussillon.

L’association anti-Israël a été jugée coupable pour la première fois par ce tribunal d’ « embarras d’une voie publique par dépôt ou abandon sans nécessité d’objets ou matériaux entravant la libre circulation » (Art. 644-2 du Code pénal).

Les faits ont eu lieu sur la place de la Comédie, place principale de Montpellier, le 7 mars dernier.

Le militant, José-Luis Moraguès, et à travers lui le mouvement BDS, a ainsi été condamné à 150 € d’amende, la confiscation du matériel (d’un montant de 400 €) et au paiement des frais de justice.

Maitre Alain Ottan, l’avocat de l’association, a annoncé qu’il ferait appel de la décision et critiqué la « rapidité » avec lequel le tribunal a rendu son jugement. L’association a elle évoqué un « retournement de situation » et estime que la ville de Montpellier « n’hésitait pas à instrumentaliser la justice (et au passage la surcharger) à des fins politiques ».

Ce mouvement local de boycott d’Israël avait été relaxé par la même juge, Aline Labrousse, en juin dernier et octobre 2019, lors de deux autres procès pour des faits similaires, concernant leurs manifestations sur la place de la Comédie.

« Depuis des années, BDS Montpellier occupe la place de la Comédie tous les samedis, malgré l’interdiction d’occuper ce domaine public promulguée par le maire sortant Philippe Saurel », explique le CRIF. « Un barnum y est installé avec de multiples panneaux et documents violents de propagande contre Israël ; les passants sont harangués au porte-voix. Le CRIF régional y est cité régulièrement comme source de leur ‘entrave à la liberté d’expression’. Plusieurs procès verbaux ont été dressés depuis quelques mois. »

Le CRIF se félicite de la condamnation, qui « est un précédent important puisqu’elle marque un tournant et montre que le message sur la dangerosité de ce mouvement passe enfin ».

L’organisation salue le préfet pour sa « détermination pour faire appliquer la loi » et regrette néanmoins que l’association n’ait pas été condamnée sur le fond des manifestations : « antisionisme obsessionnel, forme actuelle d’antisémitisme, appel au boycott ou pour appel à la haine avec stigmatisation des citoyens juifs du fait de leur appartenance à un groupe religieux. »

« Cette condamnation est une avancée incontestable dont on peut se réjouir, d’autant que le même juge avait prononcé deux fois la relaxe », ajoute le CRIF. « C’est un coup psychologique pour BDS et le signe d’une meilleure information des décideurs sur ce groupe, avec la prise de conscience sur sa dangerosité. C’est aussi une sanction qui montre enfin la volonté de ne pas laisser la rue aux cris de haine et à la délégitimisation d’Israël qui en résulte. La gravité des appels permanents au boycott et la violence des slogans fait des Juifs de Montpellier ‘soutiens d’Israël’ des cibles pour des esprits manipulés. »

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