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Le Musée d’Art de Tel Aviv réexamine la donation de l’héritière Ingrid Flick

L'institution se penche actuellement sur les centaines de milliers de dollars versés par l'héritière d'un industriel allemand reconnu coupable de crimes de guerre

Vue de l'entrée du musée d'art de Tel Aviv, le 26 juin 2023. (Crédit : Miriam Alster/FLASH90)
Vue de l'entrée du musée d'art de Tel Aviv, le 26 juin 2023. (Crédit : Miriam Alster/FLASH90)

Le Musée d’Art de Tel Aviv réexamine actuellement un don qu’il avait accepté, une importante somme d’argent liée à la fortune d’un criminel de guerre nazi, a fait savoir Artnet cette semaine.

Le nom d’Ingrid Flick figure sur la liste des riches bienfaiteurs du musée après – elle avait offert à l’institution 670 000 dollars, il y a une décennie. Mais l’origine de la fortune de Flick a récemment attiré l’attention, l’héritière ayant accumulé ses biens par le biais de feu son mari qui s’était lui-même enrichi grâce à la fortune de Friedrich Flick.

Flick était un industriel allemand qui était étroitement lié au parti nazi. Il avait apporté une large contribution à l’effort de guerre et avait profité des commerces qui avaient été spoliés aux Juifs. Il était mort en 1972, à la tête d’une fortune colossale.

Un porte-parole du musée a expliqué à Artnet, jeudi, que « les dirigeants actuels du musée réexaminent avec minutie la situation. Ils vont définir leur positionnement concernant ce don et ils prendront les mesures appropriées sur la base de ce réexamen ».

Flick a indiqué au média : « en tant qu’amoureuse de l’art, en tant que collectionneuse d’œuvres d’art moderne, c’était mon désir depuis de nombreuses années de soutenir l’art également ouvert au public ».

« Le musée d’art de Tel Aviv a ainsi été une institution parmi d’autres à qui j’ai eu le plaisir de donner de l’argent. Cette donation et mon désir personnel d’apporter une contribution au musée d’art de Tel Aviv n’ont rien à voir avec l’histoire de la famille de feu mon époux. De telles hypothèses ne font qu’insulter le travail précieux qui est réalisé par le musée d’art de Tel Aviv que je continuerai à soutenir avec bonheur à l’avenir ».

Friedrich Flick lors de sa condamnation dans son procès, le 22 décembre 1947. (Crédit : Domaine public)

Le musée avait déjà été plongé dans la controverse, au début du mois, suite à une conférence qu’il devait organiser en collaboration avec la maison de vente aux enchères Christie’s. Cette conférence, au mois de décembre, devait être le point d’orgue d’une série de conférences organisées ces douze derniers mois par Christie’s pour marquer le 25e anniversaire d’un accord sur la restitution des œuvres d’art pillées par les nazis. Mais le musée avait été très critiqué pour sa collaboration avec Christie’s dans le cadre d’une vente aux enchères – qui avait rapporté 202 millions de dollars – de bijoux appartenant à une famille qui s’était enrichie grâce à la spoliation des Juifs durant la Shoah.

La Fondation des survivants de la Shoah des États-Unis avait demandé au musée d’annuler l’événement, écrivant dans un communiqué qu’il revenait à offrir « une occasion aux profiteurs de la Shoah, au sein même de l’État juif, de justifier leur pillage ».

Le musée avait finalement annoncé sa décision d’annuler l’événement suite à la polémique. « Le Musée d’Art de Tel Aviv est attentif aux critiques et à l’opinion publique. Aussi a-t-il finalement renoncé à accueillir la conférence ‘Réflexion sur les restitutions’ avec Christie’s », avait indiqué un communiqué.

Le musée avait ajouté dans le communiqué entretenir « une relation professionnelle de longue date avec Christie’s » et il avait précisé que la conférence du mois de décembre aurait également donné la parole aux familles de survivants de la Shoah, au-delà des historiens et des experts du droit.

Il avait indiqué que la conférence « avait été programmée bien avant » la vente controversée de bijoux appartenant à feue Heidi Horten. La fortune à l’origine de cette collection exceptionnelle de bijoux avait été construite pendant l’ère nazie par feu l’époux de Heidi, Helmut, membre du parti nazi qui avait utilisé cette affiliation pour déposséder les Juifs de leurs entreprises – un processus qui s’appelait alors « aryanisation ».

De nombreux propriétaires de firmes avaient vendu leurs entreprises au notable nazi à bas prix, sous la menace d’être déportés dans des camps de concentration.

JTA a contribué à cet article.

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