Rechercher

Le nombre de féminicides par proche ou par conjoint en baisse en 2021

Selon un centre de l'université hébraïque, la fin des confinements stricts, la couverture médiatique et des verdicts sévères peuvent avoir entraîné cette baisse de 25 %

Les Israéliens manifestent contre les violences faites aux femmes à Tel Aviv, le 1er juin 2020 (Crédit : Tomer Neuberg/Flash90)
Les Israéliens manifestent contre les violences faites aux femmes à Tel Aviv, le 1er juin 2020 (Crédit : Tomer Neuberg/Flash90)

Le nombre de femmes en Israël tuées par un proche ou par un conjoint a baissé de 25 % en 2021 par rapport à 2020, ont établi les chercheurs de l’université hébraïque de Jérusalem dans un rapport diffusé jeudi.

L’année dernière, 16 femmes ont été assassinées par quelqu’un qu’elles connaissaient dans le pays contre 21 en 2020, a noté l’Observatoire israélien des féminicides.

Dans ces 16 cas, six femmes sont mortes tuées par leur conjoint, quatre ont été victimes de leur fils et deux de leur frère. Dans quatre cas, le meurtrier est encore inconnu, selon le rapport.

En 2020, 13 féminicides avaient été commis par un conjoint et quatre par des proches avec notamment un cas de matricide, avait noté un rapport précédent établi par le centre.

Ce chiffre avait marqué une forte hausse par rapport aux années antérieures. Selon un rapport diffusé l’année dernière par la Knesset, il y avait eu, en 2018 et en 2019, 13 cas au total de femmes tuées par leur conjoint et 15 cas de femmes assassinées par un proche. 19 féminicides avaient été perpétrés par un étranger, ou les dossiers étaient restés non-résolu.

Selon les experts, les violences familiales avaient connu un pic en 2020 en raison de la pandémie de coronavirus avec des confinements qui avaient obligé les Israéliens à rester chez eux, compliquant l’accès à d’éventuelles aides pour les victimes de violences.

Shalva Weil, à la tête de l’Observatoire, explique que la fin des confinements en 2021 est l’une des raisons expliquant cette baisse des féminicides.

« Une autre raison est la couverture sans précédent du sujet des féminicides et le travail significatif qui est réalisé par les organisations et par les associations féministes. De plus, il y a eu, cette année, plusieurs verdicts sévères qui ont été prononcés à l’encontre des auteurs de violences, ce qui a pu être un outil de dissuasion », a poursuivi Weil.

Des activistes manifestent contre des cas récents de violences contre les femmes à Tel Aviv, le 7 mars 2021. (Crédit : Tomer Neuberg/Flash90)

Selon l’Observatoire, 50 % des victimes, en 2021, étaient Arabes (avec 31 % d’Arabes israéliennes et 19 % de Druzes), 44 % étaient Juives et une victime était issue de la communauté des Hébreux noirs de Dimona.

Dans la communauté arabe, 125 homicides apparents ont été répertoriés au total l’année dernière. 14 (ou 11 %) des victimes étaient des femmes.

L’âge moyen des victimes de féminicide, en 2021, a été de 45,6 ans, ce qui est légèrement supérieur à la moyenne de 2020 de 39,6 ans, a noté le rapport, qui a affirmé que cette moyenne plus élevée était due à une hausse des cas de matricide.

La plus jeune victime avait 27 ans et la plus âgée en avait 76.

Environ 25 % des victimes ont été poignardées, un tiers d’entre elles ont été tuées par balle, un tiers d’entre elles ont été étranglées et 13 % ont été assassinées par d’autres moyens, a fait savoir le rapport.

Des Israéliens allument des bougies pendant une veille pour les femmes victimes de violences à Tel Aviv, le 9 février 2021. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)

Dans un tiers des cas, des plaintes pour violences conjugales avaient été déposées par les victimes avant les féminicides. Deux des meurtriers présumés avaient des antécédents de maladie psychique, selon l’observatoire.

Jusqu’à présent, huit mises en examen ont été prononcées contre ces meurtriers présumés. Dans trois cas, l’auteur a été considéré comme inapte à être traduit devant les juges.

Selon l’Observatoire, plusieurs « verdicts sans précédent » ont été émis en 2021, avec notamment des condamnations à vie pour les meurtriers.

Le rapport a fait savoir qu’il avait rassemblé ses données auprès des médias locaux et nationaux avant de les recouper avec celles de la police, des organisations de défense des droits des femmes et des études parlementaires.

Pour se conformer strictement à la définition reconnue du féminicide, les données du rapport ont porté sur les victimes âgées de 18 ans et plus. Ainsi, les victimes âgées de moins de 17 ans et tuées par des adultes ont été volontairement mises à l’écart de ces statistiques.

Selon les chiffres de la Knesset, le nombre le plus important de féminicides par conjoint enregistré entre 2003 et 2019 a été de 19 – en 2011 et 2003 – et le nombre le plus bas pendant cette période de dix ans a été de six, en 2019.

Photo d’illustration : Une manifestation contre les violences faites aux femmes à Tel Aviv, le 4 décembre 2021. (Crédit : AP Photo/Oded Balilty)

Depuis longtemps les activistes déplorent un manque d’actions de prévention contre les violences conjugales dans le pays, en particulier dans les cas où les familles sont connues des autorités.

Au mois de novembre, la ministre des Transports Merav Michaeli, qui préside également une nouvelle commission ministérielle sur l’égalité des sexes, a annoncé l’allocation de 155 millions de shekels à un plan national de lutte contre les violences faites aux femmes.

Au mois de juillet, le ministre des Finances, Avigdor Liberman, a ordonné que 55 millions de shekels soient immédiatement alloués dans la prévention et dans la prise en charge des violences conjugales.

L’argent financera partiellement le plan national de lutte contre les violences conjugales établi par le ministère des Affaires sociales, un plan approuvé en 2017 mais qui n’a bénéficié jusqu’à présent que de moins de la moitié de son budget, pourtant nécessaire à sa mise en œuvre.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...