Le nouvel appel en faveur du leadership de Netanyahu dans l’impasse
Rechercher

Le nouvel appel en faveur du leadership de Netanyahu dans l’impasse

Les députés refusent de signer un engagement visant à soutenir le Premier ministre tant que Yisrael Beytenu ne le fait pas ; Kakhol lavan tente aussi de glaner les 61 signatures

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, au centre, lors d'une réunion de l'alliance de 55 membres de son parti du Likud et autres formations de droite et religieuses à la Knesset, le 18 novembre 2019 (Crédit :  Hadas Parush/Flash90)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, au centre, lors d'une réunion de l'alliance de 55 membres de son parti du Likud et autres formations de droite et religieuses à la Knesset, le 18 novembre 2019 (Crédit : Hadas Parush/Flash90)

Le Likud et Kakhol lavan faisaient tous les deux la course, dimanche, pour rassembler les signatures de députés nécessaires pour avoir la possibilité de former un gouvernement – même s’il est apparu clairement que l’obtention de 61 signatures pourrait ne pas se concrétiser avant le 11 décembre prochain.

Selon la loi, le premier candidat parvenant à présenter au président Reuven Rivlin 61 signatures de parlementaire sera en droit de réclamer 14 jours pour rassembler une coalition.

Le bureau du président a dit au Times of Israel, dimanche matin, que « le premier législateur à présenter 61 signatures obtiendra le mandat » – confirmant que cette initiative s’apparente au sens littéral du terme à une course sportive.

De nouvelles élections seront organisées si aucun membre de la Knesset ne parvient à obtenir les précieuses signatures.

Avigdor Liberman, à la tête de Yisrael Beytenu, a juré d’octroyer les signatures de son parti au Likud et à Kakhol lavan de Benny Gantz, si les formations en font la demande, ont fait savoir les médias en hébreu.

Les législateurs peuvent donner leur signature à plus d’un candidat, même si la manière dont Reuven Rivlin serait amené à gérer la situation dans l’éventualité de deux candidats obtenant le nombre de signatures requises au même moment, reste indéterminée.

Le soutien apporté par les huit députés de Yisrael Beytenu porterait le bloc de droite et religieux du Likud au-delà des 61 soutiens – offrant à Netanyahu une troisième chance de négocier un gouvernement en moins d’un an.

Il pourrait également faire la différence pour Benny Gantz et le camp de gauche, mais Kakhol lavan devrait avoir probablement besoin de la Liste arabe unie ou des déserteurs du bloc de Netanyahu pour avoir suffisamment d’appuis – même avec le soutien de Liberman.

Un formulaire envoyé aux membres du bloc de droite, fort de 55 membres, samedi soir, a demandé à ces derniers de signer une courte déclaration de soutien à Netanyahu en la soumettant dimanche avant 9 heures du matin, selon des informations transmises dans les médias en hébreu.

Avigdor Liberman, président de Yisrael Beytenu, prend la parole lors d’une réunion de faction à la Knesset, le 18 novembre 2019. (Hadas Parush/Flash90)

Toutefois, les médias ont cité des sources de Yisrael Beytenu disant que le parti n’apporterait concrètement son soutien par le biais des signatures qu’à une date plus proche du 11 décembre – et peut-être même le dernier jour – pour accorder davantage de temps aux négociations consacrées à un gouvernement d’unité, ce qui signifie que cette frénésie de démarchage des signatures est probablement prématurée.

Venant soutenir davantage cette thèse, le leader de l’Union nationale, Bezalel Smotrich — qui, en temps normal, est un fervent allié de Netanyahu – a indiqué qu’il ne donnerait officiellement son soutien à Netanyahu que le dernier jour et seulement s’il était clairement établi que le Premier ministre avait une possibilité réelle de mettre en place un gouvernement, ont fait savoir les médias en hébreu.

« Ce n’est pas le moment d’avoir recours à des astuces diverses et il faut faire de vrais efforts pour empêcher de nouvelles élections et prendre de vraies initiatives pour former un gouvernement », aurait dit Smotrich en privé.

Ayelet Shaked, de HaYamin HaHadash, aurait également refusé de donner sa signature, disant que cela n’avait aucun sens avant que Liberman n’accorde la sienne.

Le leader de Shas, Aryeh Deri, a pour sa part estimé qu’il était « inutile » de signer, disant qu’il n’y avait aucune raison d’entrer dans les « manipulations » de Liberman.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu (à droite) et le chef du parti Kakhol lavan Benny Gantz lors d’une cérémonie commémorative marquant les 24 ans de l’assassinat de l’ancien Premier ministre Yitzhak Rabin, à la Knesset, le 10 novembre 2019. (Yonatan Sindel/Flash90)

De plus, une question subsiste : celle de savoir si Rivlin pourra donner légalement le mandat de la formation d’un gouvernement à Netanyahu après la mise en examen de ce dernier, le 21 novembre.

Le procureur-général Avichai Mandelblit a statué que Netanyahu pouvait continuer à assumer les fonctions de Premier ministre par intérim, la semaine dernière, mais il a refusé de commenter l’aptitude de ce dernier à former un gouvernement – qualifiant cette éventualité de « question hypothétique ».

Dimanche, une source de Kakhol lavan a été citée par de multiples médias disant que le parti avait accéléré son processus de récolte de signatures en soutien à Gantz et qu’il demanderait à Liberman d’appuyer cette initiative afin d’œuvrer en faveur d’un gouvernement d’unité.

La Knesset connaît actuellement une période d’incertitude politique sans précédent suite à deux élections qui ne sont pas parvenues à établir clairement un vainqueur – et qui ont entraîné plusieurs séries de négociations de coalition manquées de la part de Netanyahu et de la part de Gantz.

Le parlement, fort de 120 députés, a jusqu’au 11 décembre pour voir si l’un de ses membres – même un législateur s’étant déjà précédemment attelé à la tâche – est capable de collecter 61 signatures.

Si tel est le cas, le parlementaire désigné aura deux semaines pour tenter de former un gouvernement. En cas d’échec et conformément à la loi, la Knesset devra se dissoudre et de nouvelles élections seront organisées – probablement au mois de mars 2020.

Dans la mesure où le Likud de Netanyahu et Benny Gantz, de Kakhol lavan, se sont trouvés dans l’incapacité de former un gouvernement dans le sillage du scrutin qui avait eu lieu le 17 septembre, des observateurs ont spéculé que d’autres candidats – comme Gideon Saar, du Likud, ou Yuli Eldelstein, président de la Knesset – pourraient utiliser les jours qui s’écouleront jusqu’au 11 décembre pour réunir les 61 signatures nécessaires qui pourraient leur permettre de tenter de rassembler une coalition.

Le ministre de l’Intérieur de l’époque Gideon Saar (à gauche) après avoir remis sa lettre officielle de démission au président de la Knesset Yuli Edelstein, le 3 novembre 2014. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)

Lors d’un entretien accordé dimanche matin à la Douzième chaîne, Saar a répété qu’il ne tentait pas – comme le clament des proches de Netanyahu – de collecter des signatures qui le soutiendraient au poste de Premier ministre dans un contexte de « coup d’Etat » contre ce dernier. Il a précisé avoir signé sa déclaration de soutien à Netanyahu.

« Il n’est pas question de s’interroger sur la destination des signatures tant que le président du mouvement est Benjamin Netanyahu », a-t-il dit.

« J’ai également signé et ce dès qu’on me l’a demandé. Je serais heureux que Netanyahu puisse former un gouvernement dans les deux semaines qui lui sont octroyées même si, honnêtement, je ne vois pas comment cela pourrait se faire », a-t-il ajouté.

Un article paru dimanche dans le quotidien Israel Hayom a fait savoir que le contrôleur du Likud, Shai Galili, a jugé que le secrétariat du parti avait contrevenu à la loi en utilisant les ressources de la formation, comme le bureau du porte-parole du Likud et les commandes de sondages internes visant Saar.

Acceptant la plainte déposée par Saar à ce sujet, Galili a estimé que les plateformes officielles du Likud devaient rester neutres concernant les affaires internes au parti.

Pour sa part, un autre député du Likud a exprimé, de manière officielle, ses doutes sur la persistance du leadership de Netanyahu.

Le législateur Yoav Kisch, qui s’est récemment incliné dans la bataille pour la présidence de la faction du Likud, a indiqué que des primaires seraient indispensables si de nouvelles élections devaient être organisées, ajoutant que « la question sera de savoir qui pourra prendre la tête de la droite et l’amener au pouvoir. En fin de compte, comme dans le football, l’équipe est plus importante que la superstar ».

Kisch a laissé entendre qu’il soutiendrait Saar au détriment de Netanyahu et il a critiqué les attaques contre Saar.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu et le député Yoav Kisch, à gauche, au cours d’une réunion de faction du Likud à la Knesset, le 2 janvier 2017 (Crédit : Miriam Alster/Flash90)

« Le Premier ministre a un problème s’il échoue encore et encore à former un gouvernement », a-t-il commenté. « Je déciderai pour qui voter quand la question sera sur la table ».

Les équipes de négociations du Likud et de Kakhol lavan devaient se rencontrer encore dimanche pour de nouveaux pourparlers, même si des informations semblent indiquer que les deux parties n’envisagent que peu d’avancées possibles.

Selon les médias, le Likud aurait fait une offre selon laquelle Netanyahu resterait encore Premier ministre pendant quatre mois, un délai au terme duquel il démissionnerait et il laisserait la place à Gantz.

Tandis que Gantz réfléchirait à cette proposition, le numéro deux de la formation Yair Lapid y serait absolument opposé, a annoncé la Treizième chaîne.

Dimanche, Liberman devrait également rencontrer le président de la Knesset, Yuli Edelstein, qui a récemment redoublé d’initiatives visant à négocier la formation d’un gouvernement d’unité.

Jeudi, Liberman a fait savoir qu’il avait souhaité rejoindre un gouvernement dirigé par Netanyahu mais que les partenaires ultra-orthodoxes de ce dernier ne voulaient faire aucun compromis sur les questions liées à la religion et à l’Etat, dans ce que certains avaient vu comme l’ouverture de nouvelles discussions.

Liberman – qui avait refusé de rejoindre un gouvernement dirigé par Netanyahu au mois de mai en raison de désaccords sur un projet de loi relatif au service militaire des jeunes ultra-orthodoxes – n’a cessé de prôner un gouvernement d’unité formé du Likud, de Kakhol lavan et de Yisrael Beytenu.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...