Le nouvel envoyé d’Israël aux EAU a auparavant vivement critiqué les accords
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Le nouvel envoyé d’Israël aux EAU a auparavant vivement critiqué les accords

Amir Hayek a critiqué certains aspects de l'accord de normalisation, condamnant notamment la vente de F-35 par les États-Unis et l'accord pétrolier

Amir Hayek (Crédit : Smadar Cafri)
Amir Hayek (Crédit : Smadar Cafri)

Le nouvel ambassadeur permanent d’Israël aux Émirats arabes unis a, au cours de l’année écoulée, exprimé à plusieurs reprises son opposition à certains aspects de l’accord de normalisation entre les deux pays, tweetant à une occasion qu’un accord de transport de pétrole avec Abu Dhabi mettait en danger la sécurité de l’État juif.

Amir Hayek s’est également moqué de la vente par les États-Unis d’avions de combat F-35 au pays du Golfe et a retweeté une remarque selon laquelle le gouvernement précédent avait permis à des touristes israéliens de participer à des « soirées de diffusion massive de COVID à Dubaï ». 

Le ministre des Affaires étrangères Yair Lapid a annoncé dimanche la nomination de M. Hayek à ce poste, qui était jusqu’à présent occupé à titre temporaire par Eitan Naeh. 

M. Hayek est le président de l’Association hôtelière israélienne. Il a précédemment dirigé l’Association des fabricants d’Israël et a été directeur général du ministère de l’Industrie, du Commerce et du Travail. 

Cette nomination rapide indique que les relations entre les EAU et Israël sont une priorité de premier ordre pour le ministre des Affaires étrangères.

Mais les médias israéliens se sont rapidement plongés dans le passif de Hayek – partisan de Lapid et de son parti Yesh Atid et un critique acharné du précédent gouvernement dirigé par Benjamin Netanyahu – sur les réseaux sociaux.

Le chef du parti Yesh Atid, Yair Lapid, s’exprime lors d’une réunion de faction à la Knesset à Jérusalem, le 19 juillet 2021. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Parmi les critiques incessantes sur la gestion de la pandémie de coronavirus par le gouvernement Netanyahu et sur sa démarche vis-à-vis d’Abu Dhabi, la page Twitter de Hayek, toujours active, comprend plusieurs commentaires visiblement hostiles aux EAU. 

L’un de ces commentaires, datant d’octobre 2020, se moque de l’accord par lequel le président américain de l’époque, Donald Trump, avait accepté de vendre des avions de combat F-35 aux Émirats arabes unis, une décision qui a été liée par plusieurs responsables à l’accord de normalisation.

« Parfois, j’ai le sentiment qu’un F-35 est quelque chose que tout le monde finira par avoir chez soi », a tweeté Hayek. 

Il a retweeté un commentaire d’Ayelet Shaked, députée de la Knesset, de l’opposition de l’époque, actuellement ministre de l’Intérieur, qui critiquait l’ancien gouvernement pour avoir autorisé les touristes israéliens à se rendre aux Émirats arabes unis alors que les hôtels en Israël devaient rester fermés en raison des restrictions COVID-19. 

« Des fêtes de diffusion massive de COVID à Dubaï sans règles de badge violet et sans tests à l’arrivée, et en Israël les hôtels sont fermés », avait écrit Shaked dans le post retweeté par Hayek. 

Le « badge violet » était le nom de l’ensemble des règles israéliennes applicables lors de la réouverture des espaces publics, qui limitaient les foules et imposaient une distance de deux mètres entre les individus.

Des Israéliens revenus de Dubaï font la queue pour être exemptés de la quarantaine dans les hôtels à l’aéroport Ben Gourion, le 28 décembre 2020. (Capture d’écran : Douzième Chaîne)

 
Hayek a souvent critiqué les politiques d’Israël concernant les voyages aux EAU, affirmant que le gouvernement était trop indulgent pendant la pandémie pour des raisons politiques suite à l’accord de normalisation. 

Un autre commentaire faisait référence à un accord de transport de pétrole entre Israël et les EAU comme étant un « danger pour la sécurité » et un « danger écologique ».

Ce tweet, daté du 10 mai, a été émis après que la société publique israélienne Europe Asia Pipeline Company (EAPC) a conclu un accord selon lequel le pétrole du Golfe serait acheminé par pétrolier jusqu’au port d’Eilat, sur la mer Rouge, puis transporté par oléoduc à travers Israël jusqu’au port méditerranéen d’Ashkelon, d’où il serait expédié en Europe. 

« L’EAPC a signé un accord avec les Émirats », a tweeté Hayek le 9 mai. « L’accord prévoit le transport d’immenses quantités de pétrole via Eilat et Ashkelon. Et qui n’a pas été mis au courant ? Le ministère des Infrastructures et le ministère de la Protection de l’environnement. Et qui sera en danger ? Nous tous. Et pourquoi n’y a-t-il pas eu de discussion ordonnée ? Aucune raison. Parce qu’il n’y a pas de discussions ordonnées et de travail préparatoire. C’est inutile… arrêtez ça maintenant ! » 

Alors que la principale critique de Hayek était liée aux préoccupations environnementales, le tweet suivant allait plus loin : « Une autre commission d’enquête. Un danger écologique, un danger sécuritaire. Mais qui s’en soucie ??? »

Le barrage pétrolier de l’Europe Asia Pipeline Company à Eilat, conçu pour attraper toute éventuelle marée noire avant qu’elle ne se répande plus largement dans la mer. (Autorisation de l’EAPC)

Cette semaine, le ministère de la Protection de l’environnement a déclaré qu’il retardait la mise en œuvre du projet. 

Lundi, le quotidien Israel Hayom a cité une source anonyme de haut niveau à Abu Dhabi avertissant que le gel « pourrait définitivement endommager les relations qui se nouent avec le gouvernement israélien et les sociétés commerciales israéliennes ».

La source a déclaré que l’annulation de l’accord serait « une violation de tous les accords économiques mutuels signés dans le cadre des accords d’Abraham », ajoutant que les entreprises des EAU « réfléchiront sérieusement à l’opportunité de faire des affaires avec des entreprises appartenant au gouvernement israélien lorsqu’elles sauront qu’il existe une chance raisonnable que l’accord signé soit annulé. Nous n’intervenons pas dans les affaires intérieures des autres pays, mais il est clair pour nous qu’il s’agit d’une démarche motivée par des considérations politiques ».

Commentant les informations sur les tweets passés de Hayek, le bureau du ministre des Affaires étrangères a déclaré : « L’époque où les postes dans le pays étaient déterminés par des tweets et des messages sur Facebook est révolue. Tous les postes seront déterminés par des critères professionnels. » 

Israël et les Émirats arabes unis ont signé un accord de normalisation sous l’égide des États-Unis à la Maison blanche le 15 septembre 2021. Cet accord a été suivi par des accords de normalisation avec le Bahreïn, le Soudan et le Maroc. 

Lazar Berman a contribué à cet article.   

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