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Le NY Times ne travaillera plus avec le Gazaouï qui appelle à faire « comme Hitler »

Un organisme de surveillance des médias a épinglé certaines publications de Fady Hanona sur les réseaux sociaux, crédité dans six articles du NYT sur la dernière série de combats

Fady Hanona, dans une photo non datée. (LinkedIn)
Fady Hanona, dans une photo non datée. (LinkedIn)

Le New York Times a mis fin, vendredi, à sa collaboration avec un pigiste et fixeur palestinien de la bande de Gaza, après l’alerte donnée par un organisme de surveillance des médias pour propos antisémites et appels à la violence contre les Juifs sur les réseaux sociaux.

Les fixeurs sont embauchés par les organes de presse dans les pays étrangers pour coordonner la logistique ou aider à d’autres tâches, telles que la traduction ou guider les journalistes.

Jeudi, Honest Reporting, organisme pro-israélien de surveillance des médias, a publié des propos tenus par Fady Hanona sur les réseaux sociaux, alors qu’il contribuait à pas moins six articles publiés par le Times lors de la dernière flambée de violence à Gaza.

Les articles du Times détaillent les combats entre Israël et le groupe terroriste du Jihad islamique palestinien, et évoquent le cessez-le-feu conclu après trois jours. On ignore à ce stade la nature précise de la contribution d’Hanona.

Les publications de Hanona sur les réseaux sociaux, supprimées depuis, soutenaient l’activité des groupes terroristes et de leurs membres, et se montraient favorables au meurtre de Juifs.

En plus de la vidéo donnant à voir des Palestiniens armés dans la ville de Jénine en Cisjordanie, Hanona déclarait que les Palestiniens devaient revenir à « la culture du combat et du meurtre d’Israéliens ».

« Je refuse tout ce qui est Juif, israélien ou sioniste, ou quiconque parle hébreu. Je suis prêt à les tuer où qu’ils soient : enfants, vieillards, soldats », indiquait Hanona dans la publication, selon Honest Reporting.

« Les Juifs sont des fils des chiens… Il faut les tuer et les brûler comme l’a fait Hitler. J’en serai tellement heureux », ajoutait-il. La date de la publication n’est pas connue avec certitude.

En 2014, lors de la guerre brutale entre Israël et le groupe terroriste du Hamas à Gaza, Hanona avait menacé d’assassiner Ghassan Alian, officier druze israélien alors à la tête de la brigade Golani de Tsahal, et appelé le Hamas à rejeter un cessez-le-feu pour poursuivre ses attaques à la roquette sur Tel Aviv.

Selon la même source d’information, dans un autre article publié pendant ces combats, Hanona aurait évoqué une citation attribuée -sans certitude – à Adolf Hitler. « Comme Hitler l’a dit, donnez-moi un soldat palestinien et une arme allemande, et je ferai ramper l’Europe devant moi », peut-on lire dans le message.

Une porte-parole du Times a déclaré vendredi au site d’information Algemeiner que « le New York Times n’avait travaillé avec ce journaliste indépendant que ces dernières semaines. Ce n’est plus d’actualité. »

Hanona a également collaboré par le passé avec la BBC, The Guardian et VICE News, selon Honest Reporting.

Les dirigeants du Hamas à Gaza ont tenté d’imposer de nouvelles règles aux journalistes et fixeurs de l’enclave palestinienne, à la suite du dernier conflit, avant de les annuler face aux protestations de l’Association de la presse étrangère, qui représente les médias internationaux.

Les Palestiniens travaillant avec des journalistes étrangers ont, dans un premier temps, été informés des nouvelles règles dans des messages envoyés par le ministère de l’Intérieur de Gaza, sous la houlette du Hamas. Ils ont reçu l’ordre de n’évoquer ni les Gazaouis tués par des roquettes palestiniennes ratées ni les capacités militaires des groupes terroristes palestiniens, mais de condamner Israël pour les combats.

L’APL a déclaré dans un communiqué qu’« une telle décision aurait constitué une restriction sévère, inacceptable et injustifiable à la liberté de la presse, ainsi qu’à la sécurité de nos collègues à Gaza ».

Les règles seraient allées beaucoup plus loin que les restrictions existantes du Hamas. Ils semblaient avoir vocation à imposer le discours et la vision du groupe islamique à la couverture médiatique du conflit en menaçant implicitement les journalistes et traducteurs palestiniens qui vivent sous son régime autoritaire.

Même si ces règles ont été officiellement retirées, le Hamas a tout de même clairement signalé ses attentes, ce qui pourrait avoir un effet dissuasif sur une couverture médiatique critique, a noté l’Associated Press.

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