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Le parti d’extrême-droite Ukip fait son entrée à Westminster

Après le FN de Marine Le Pen au Sénat la semaine dernière, c'est au tour du parti de Nigel Farage d'entrer au Parlement britannique

Nigel Farage (Crédit : JUSTIN TALLIS / AFP)
Nigel Farage (Crédit : JUSTIN TALLIS / AFP)

Cinq mois seulement après sa victoire retentissante aux européennes, le parti populiste Ukip a provoqué vendredi un nouveau coup de tonnerre politique au Royaume-Uni en remportant, pour la première fois de son histoire, un siège au Parlement de Westminster.

Europhobe et anti-immigration, le parti de Nigel Farage a infligé un camouflet au parti conservateur lors de l’élection législative partielle organisée dans la circonscription de Clacton-on-Sea, station balnéaire au charme désuet de la côte est de l’Angleterre. Il a par ailleurs frôlé la victoire dans un bastion travailliste, lors d’une seconde partielle dans le nord-ouest.

A Clacton, largement élu avec 59,75 % des voix, Douglas Carswell, député sortant, était l’immense favori de ce scrutin qu’il avait lui-même provoqué en claquant la porte du parti conservateur au pouvoir, fin août.

« Maintenant tout est possible », a souligné ce père de famille de 43 ans, qui devance de 35 points Giles Watling, le candidat des Tories.

Face à ce résultat, le Premier ministre conservateur David Cameron a de nouveau mis en garde les électeurs: voter Ukip c’est risquer de « se retrouver avec un gouvernement travailliste avec Ed Miliband comme Premier ministre » à l’issue des législatives de mai 2015.

Mais le Labour lui-aussi menacé par l’Ukip, comme l’atteste la victoire à l’arrachée de Liz McInnes à Heywood and Middleton, près de Manchester. Dans cette circonscription pourtant acquise aux travailliste depuis toujours, elle ne s’est imposée qu’avec 617 voix d’avance sur le représentant de l’Ukip, John Bickley.

Certains dans les rangs du Labour vont jusqu’à remettre en cause la stratégie de leur chef Ed Miliband, en recul dans les sondages récents.

« Si Ed Miliband n’élargit pas notre coalition pour prendre davantage en compte l’opinion des classes populaires, nous ne pourrons pas gagner » en mai, a mis en garde John Mann, un député travailliste, sur son compte Twitter.

« Je sais que les gens ont voté Ukip dans cette législative partielle mais je ne pense pas que l’Ukip puisse représenter les intérêts de la classe populaire », a rétorqué M. Miliband, admettant toutefois que ces résultats illustrent « la lutte » qui attend son parti dans les prochains mois.

« Il se passe de grandes choses »

Outre le fait d’être une grande première, la victoire de M. Carswell valide le succès des élections européennes, où l’Ukip était arrivé en tête en mai, et donne à Nigel Farage l’occasion de prendre date pour les élections générales, où il compte poursuivre son « offensive contre Westminster ».

« Il se passe de grandes choses », a souligné M. Farage, qui espère ravir dans l’immédiat un deuxième siège de député le 6 novembre à Rochester and Strood, où un autre déserteur du parti conservateur, Mark Reckless, compte neuf points d’avance dans les sondages sur son rival torie.

Prenant un bain de foule dans les rues de Clacton, il a revendiqué de pouvoir faire pencher la balance en mai, si aucun des deux grands partis ne remporte la majorité.

Le possible effet de contagion de la victoire de Douglas Carswell reste toutefois à prouver. Le vainqueur de jeudi profitait en effet d’un ancrage local très fort.

Aux interrogations sur l’objectif en terme de députés aux prochaines législatives, la réponse est délibérément floue: « Autant que possible ».

Certains cadres misent en privé sur une demi-douzaine d’élus. Beaucoup d’experts se demandent cependant si ce n’est pas là une projection trop optimiste en renvoyant notamment vers un système de scrutin à la proportionnelle défavorable à l’Ukip.

« Jusqu’où ira l’Ukip ? Personne ne le sait mais il ne fait aucun doute qu’il est déjà allé plus loin que ne le pensaient ceux qui ont dénigré et fustigé le parti », tranche le chef du service politique de la BBC Nick Robinson.

« L’histoire politique britannique est jalonnée d’élections partielles censées constituer un bouleversement, avant que les électeurs ne reviennent à leurs partis traditionnels tels des maris honteux de retour chez eux après un week-end crapuleux à Clacton en compagnie de leur secrétaire », a commenté l’historien Tim Stanley.

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