Le PDG d’Orange accepte une invitation à se rendre en Israël
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Le PDG d’Orange accepte une invitation à se rendre en Israël

La déclaration polémique, interprétée par certains comme une tentative de boycotter Israël, avait soulevé une tempête de critiques

Stéphane Richard (Crédit : Olivier Ezratty/CC BY SA 3.0)
Stéphane Richard (Crédit : Olivier Ezratty/CC BY SA 3.0)

Israël a invité le PDG du groupe français de téléphonie Orange à se rendre dans l’Etat hébreu, ce qu’il a accepté, pour discuter de sa présence dans ce pays, objet d’une polémique que l’opérateur cherche à désamorcer.

« Le gouvernement d’Israël a invité (le PDG d’Orange Stéphane Richard) à se rendre en Israël », a indiqué dimanche à l’AFP un responsable gouvernemental israélien, sous couvert de l’anonymat.

Selon cette source, M. Richard avait sollicité un entretien avec l’ambassadeur d’Israël à Paris, Yossi Gal, mais ce dernier a reçu ordre de ne pas rencontrer le PDG d’Orange et de lui proposer à la place de se rendre en Israël.

A Paris, un porte-parole du groupe français a indiqué dimanche soir à l’AFP que Orange « accueille favorablement » l’invitation d’Israël et que son PDG Stéphane Richard s’y rendra « prochainement » pour y « réaffirmer l’engagement du groupe ».

Depuis mercredi, l’opérateur français cherche à éteindre la polémique déclenchée par des propos tenus au Caire par M. Richard sur la volonté de son groupe « de retirer la marque Orange d’Israël ».

Selon le porte-parole du groupe, ce voyage « permettra à Stéphane Richard de clarifier ce malentendu (…) et d’apporter toutes les précisions nécessaires pour mettre un terme à cette polémique et y réaffirmer l’engagement du groupe ».

La déclaration polémique, interprétée par certains comme une tentative de boycotter Israël, avait soulevé une tempête de critiques dans l’Etat hébreu, y compris du Premier ministre Benjamin Netanyahu.

Dès samedi le patron du groupe a assuré à l’AFP que « Orange est présent en Israël pour y rester ». Le groupe y est notamment actif au travers de deux filiales.

‘Ecran de fumée’

M. Richard a expliqué que la volonté d e son groupe de mettre fin à la licence permettant à l’opérateur israélien Partner d’utiliser la marque Orange en Israël, mais également dans des implantations en Cisjordanie, était uniquement motivée par sa stratégie de marque, et non par des considérations politiques.

L’État hébreu est en effet le seul pays dans lequel Orange est présent sans exploiter lui-même sa marque, en vertu d’un accord signé avec Partner par le groupe britannique Orange avant le rachat de ce dernier en 2000 par France Télécom, qui a ensuite pris le nom d’Orange.

La mise au point du patron d’Orange n’a toutefois pas été bien reçue par Partner, qui l’a qualifiée samedi « d’écran de fumée, dont le but est de manipuler l’opinion publique en Israël et dans le monde ». Partner a en outre demandé un contact direct avec M. Richard.

M. Netanyahu ne s’est pas non plus montré très convaincu par la position conciliante de M. Richard affirmant dans un message adressé à une conférence organisée à New York par le Jerusalem Post et publié dimanche par ses services que les « mots d’admiration (du PDG) pour Israël ne cadrent pas avec les propos clairement hostiles qu’il a tenus au Caire ».

‘La pression a marché’

A l’issue de la réunion hebdomadaire de son cabinet, M. Netanyahu a expliqué dimanche qu’Israël préparait une « offensive » face « aux mensonges, aux accusations vides et aux boycottages » qui, selon lui, ne visent qu’à saper son existence même.

Et selon le ministre de l’Education Naftali Bennett, chef d’un parti nationaliste religieux et partisan de la colonisation, la mobilisation « des amis d’Israël dans le monde entier, juifs et non-juifs » contre Orange a fonctionné.

« Beaucoup d’entre eux ont dit à Orange qu’ils allaient se désabonner. La pression a marché, Orange s’est corrigé et s’est excusé », a-t-il assuré en marge d’une conférence sur la sécurité près de Tel-Aviv.

« Que les entreprises ou organisations qui envisagent de boycotter (Israël) sachent que nous répondrons (…), que des dizaines de millions de partisans d’Israël à travers le monde ont un pouvoir d’achat et de boycottage », a-t-il ajouté.

C’est dans ce contexte sensible que l’ex-président français Nicolas Sarkozy, aujourd’hui à la tête du principal parti de droite en France, se rend lundi à Jérusalem et Ramallah pour rencontrer notamment M. Netanyahu et le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas.

Le chef des Républicains (ex-UMP) a prévu aussi de s’adresser aux Français dans le cadre de cette conférence sur la sécurité en fin d’après-midi lundi.

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