Le pèlerinage juif en Tunisie débute sous haute sécurité
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Le pèlerinage juif en Tunisie débute sous haute sécurité

Israël a exhorté ses ressortissants à ne pas se rendre à Djerba, évoquant "un haut niveau d'alerte contre les cibles juives"

Les pèlerins juifs participent à la procession de la "Menara", une pyramide hexagonale représentant les cinq livres du prophète Moïse, en dehors de la synagogue de la Ghriba sur l'île touristique de Djerba, le 6 mai 2015. Le pèlerinage juif à la Ghriba synagogue a lieu sous une sécurité supplémentaire après le massacre du musée du Bardo et la mise en garde d'Israël de menaces terroristes existantes (Crédit : AFP PHOTO / FETHI BELAID)
Les pèlerins juifs participent à la procession de la "Menara", une pyramide hexagonale représentant les cinq livres du prophète Moïse, en dehors de la synagogue de la Ghriba sur l'île touristique de Djerba, le 6 mai 2015. Le pèlerinage juif à la Ghriba synagogue a lieu sous une sécurité supplémentaire après le massacre du musée du Bardo et la mise en garde d'Israël de menaces terroristes existantes (Crédit : AFP PHOTO / FETHI BELAID)

Le pèlerinage juif de la Ghriba, sur l’île tunisienne de Djerba (sud), a débuté mercredi sous haute surveillance du fait des craintes d’attentats entourant ces célébrations ancestrales, selon des journalistes de l’AFP.

En milieu de matinée, sous une chaleur déjà accablante, de petits groupes de pèlerins ont commencé à se présenter devant la synagogue de la Ghriba, la plus ancienne d’Afrique. Le gros des participants –plusieurs centaines– doit affluer dans l’après-midi.

Les organisateurs disent attendre jusqu’à 2 000 personnes, malgré les craintes grandissantes liées à la sécurité. Mercredi matin, la police et l’armée tunisiennes étaient omniprésentes, tandis qu’un hélicoptère sillonnait le ciel.

La « hara kbira », le « grand quartier » juif de l’île, a été bouclé et les fouilles sont systématiques à l’entrée du site.

Organisé chaque année au 33e jour de la Pâque juive, ce pèlerinage, qui s’étale sur deux jours, est au cœur des traditions des Tunisiens de confession juive, une communauté qui ne compte plus que quelque 1 500 âmes contre 100 000 avant l’indépendance en 1956.

Des pèlerins viennent aussi traditionnellement de pays européens, des Etats-Unis ou encore d’Israël, mais leur nombre a considérablement diminué depuis l’attentat suicide au camion piégé contre la synagogue en 2002, qui avait fait 21 morts.

Avant cela, l’affluence pouvait atteindre 8 000 personnes.

La baisse de fréquentation s’est en outre accentuée ces dernières années avec l’essor en Tunisie d’une mouvance jihadiste responsable de la mort de dizaines de soldats, policiers et civils, dont 59 touristes étrangers en 2015, dont 21 en mars au musée du Bardo de Tunis.

Comme l’an dernier, Israël a exhorté ses ressortissants à ne pas se rendre à Djerba, évoquant « un haut niveau d’alerte contre les cibles juives » du fait « des éléments terroristes, particulièrement ceux affiliés au jihad mondial, continuant à opérer en Tunisie ».

Quelques semaines après l’attaque du musée du Bardo, les festivités de 2015 s’étaient déroulées sans incident.

Comme de coutume, les pèlerins se rendent sur les tombes de rabbins vénérés et prient. Des cierges sont également allumés et des œufs barrés de voeux déposés dans une cavité au fond de la synagogue.

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