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Le père de Shira Banki, assassinée lors de la Gay Pride 2015, a condamné les menaces

Ori Banki a demandé que le rassemblement ait lieu comme prévu malgré les menaces envoyées à plusieurs élus et l'un des organisateurs de l'événement

Dossier : Miriam et Ori Banki, parents de Shira Banki, assassinée lors de la Gay Pride de Jérusalem en 2015, participant à la marche annuelle des fiertés à Jérusalem, le 6 juin 2019. (Crédit: Noam Revkin Fenton/Flash90)
Dossier : Miriam et Ori Banki, parents de Shira Banki, assassinée lors de la Gay Pride de Jérusalem en 2015, participant à la marche annuelle des fiertés à Jérusalem, le 6 juin 2019. (Crédit: Noam Revkin Fenton/Flash90)

Le père de l’adolescente assassinée par un extrémiste ultra-orthodoxe lors de la marche annuelle des Fiertés à Jérusalem de 2015 a condamné les menaces faisant référence au meurtre de sa fille qui ont été proférées contre un certain nombre d’élus ainsi que l’un des organisateurs de la marche.

« Nous ne permettrons pas que la marche des Fiertés se tienne à Jérusalem. Jérusalem est une ville sainte. Le sort de Shira Banki vous attend », peut-on lire dans le message envoyé à Emuna Klein Barnoy, directrice communautaire de la Jerusalem Open House for Pride and Tolerance.

Le message a également été envoyé aux députés Gilad Kariv (travailliste), Naama Lazimi (travailliste) et Eitan Ginzburg (Kakhol lavan).

Mercredi, la police a déclaré avoir arrêté un homme d’une vingtaine d’années soupçonné d’avoir envoyé les menaces. L’homme, un résident de Jérusalem, n’a pas été identifié. Il sera déféré jeudi devant un tribunal à Jérusalem pour que sa détention provisoire soit prolongée.

Ori Banki a qualifié les menaces de « terriblement tristes » et de « gâchis », mais a reconnu qu’il était « légitime » que des personnes s’opposent au rassemblement. « Je pense autrement… Je pensais ainsi avant que Shira ne soit assassinée, et je pense toujours ainsi », a-t-il déclaré au radiodiffuseur public Kan.

« C’est un espace public, et ce pour tout le monde », a-t-il noté, ajoutant que même s’il comprenait les difficultés rencontrées par la police en raison des menaces, « nous devons autoriser la marche. »

La menace a été envoyée sur Facebook et Twitter à partir d’un compte portant le nom de « Les frères de Yishai Schlissel ».

Schlissel est l’extrémiste haredi qui avait poignardé à mort Shira Banki, 16 ans, lors de la Pride dans la capitale en 2015, trois semaines seulement après sa sortie de prison, où il avait purgé huit ans pour une attaque au couteau lors de la Pride de 2005 à Jérusalem.

Lorsqu’on lui a demandé pourquoi sa fille avait décidé de rejoindre la marche il y a sept ans, Banki a répondu que « Shira était une jeune fille politiquement consciente. » Il a ajouté qu’elle avait participé à de nombreuses Gay Pride parce que la promotion des droits LGBTQ était un « objectif important » pour elle.

Des participants au défilé annuel de la Gay Pride de Jérusalem déposent des fleurs sur un mémorial pour Shira Banki, qui a été assassinée pendant le défilé en 2015, le 6 juin 2019. (Crédit: Times of Israel)

Au sujet de l’annulation d’une marche des Fiertés dans la ville de Netivot, dans le sud du pays, en raison des balles envoyées à la mère de l’un des organisateurs, Banki a déploré que de telles menaces aient réussi à atteindre leur objectif.

Néanmoins, Banki a insisté sur le fait que la société israélienne accepte de mieux en mieux la communauté LGBTQ.

« Il y a dix ans, personne n’aurait songé à organiser une marche des Fiertés à Netivot… Cette année, des gens ont cherché à le faire, et bien que cela ne se soit pas encore fait… Je pense que dans cinq ans, ils défileront là-bas », a-t-il déclaré.

Des Gay Pride sont organisées chaque année dans plusieurs endroits du pays. Tel Aviv organise le plus grande évènement, auquel participent généralement des dizaines de milliers de personnes. Elle devrait avoir lieu cette année le 10 juin.

Tous les événements se déroulent sous haute sécurité, en particulier le défilé de Jérusalem, où l’année dernière quelque 7 500 personnes ont défilé et plus de 3 000 policiers ont assuré la sécurité de l’événement. Une contre-manifestation d’extrême droite a lieu en même temps.

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