Le plan de reprise des écoles serait similaire au précédent
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Le plan de reprise des écoles serait similaire au précédent

Les responsables de l'Education seraient insatisfaits du plan presque identique à celui du début de l'année scolaire, qui aurait contribué à la recrudescence des cas

Des parents accompagnent leurs enfants au jardin d'enfants à Tel Aviv après l'allègement du confinement national pour cause de coronavirus, le 18 octobre 2020 (Crédit : Avshalom Sassoni/Flash90)
Des parents accompagnent leurs enfants au jardin d'enfants à Tel Aviv après l'allègement du confinement national pour cause de coronavirus, le 18 octobre 2020 (Crédit : Avshalom Sassoni/Flash90)

Le ministère de la Santé a envoyé au ministère de l’Education ses directives pour la réouverture des écoles à l’issue du deuxième confinement national mis en œuvre dans le pays. Un plan qui a soulevé l’inquiétude, étant presque identique aux mesures très critiquées qui avaient été mises en vigueur la première fois, a fait savoir la Douzième chaîne dans la journée de dimanche.

Le plan suggéré est très similaire à celui qui avait été appliqué à la sortie du premier confinement. La responsabilité d’une recrudescence massive de l’épidémie dans tout le pays avait ensuite été partiellement attribuée au système de l’éducation.

L’Etat juif a commencé à alléger les restrictions liées au confinement d’un mois qui a contribué à la baisse des taux d’infection, fermant une grande partie de son économie et paralysant de nombreux aspects du quotidien de la population. Les crèches et les maternelles ont rouvert leurs portes dimanche et le ministère de la Santé serait en train de définir les derniers détails concernant la reprise des cours pour tous les autres élèves.

Ce plan survient dans un contexte de craintes sur la possibilité que la réouverture des écoles puisse annihiler tous les progrès réalisés dans la lutte contre l’épidémie lors du deuxième confinement. Une crainte exacerbée par le retour illégal dans les classes des élèves dans les secteurs ultra-orthodoxes situés en zone « rouge » – à fort taux d’infection – en violation des mesures sanitaires.

Selon la Douzième chaîne, le plan du ministère de la Santé se base sur un apprentissage divisé en « capsules », en groupe d’enfants qui restent ensemble toute la journée, sans contacts avec les autres élèves.

Selon les dispositions suggérées par le ministère de la Santé, les classes de CP et CE1 ne seront pas divisées en « capsules » et pourront être prises en charge par deux enseignants maximum, qui pourront rester avec eux dans les classes. Le port du masque ne sera pas obligatoire pour les élèves, lesquels prendront leurs repas à l’extérieur, en groupes prédéfinis, avec des récréations décalées qui permettront de ne pas mélanger les classes. Les enfants devront rester en groupes fixes.

Le ministre de l’Education Yoav Gallant rend visite aux écoliers le premier jour de l’année scolaire à Mevo Horon, le 1er septembre 2020. (Marc Israel Sellem/Pool/AFP)

Les services de garderie, en fin de journée, pourront accueillir trois groupes.

Les classes de CE2 et de CM1 pourront travailler en « capsules » de 18 enfants maximum, avec deux enseignants par classe. Le port du masque sera obligatoire en permanence et les récréations seront réparties entre les classes dont les élèves resteront en groupes prédéfinis.

Le ministère de la Santé voulait que la rentrée scolaire ait lieu dans deux semaines, à condition que le nombre quotidiens de nouveaux cas de coronavirus chute en deçà du seuil de mille, a indiqué la chaîne Kan. Les chiffres révélés dimanche par le ministère ont révélé que 398 nouveaux cas de coronavirus seulement avaient été diagnostiqués samedi, contre plus de 8 000 il y a seulement trois semaines. Les chiffres ont toutefois toujours tendance à baisser pendant le week-end, proportionnellement au nombre de tests de dépistage effectués.

En ce qui concerne les classes de CM1 jusqu’à la Terminale, considérées comme potentiellement plus infectieuses, les élèves pourront travailler en « capsules » de 18 élèves maximum avec seulement un professeur présent dans les salles de cours. Le port du masque sera permanent et obligatoire et les pauses décalées, en groupes prédéfinis. Aucun calendrier n’a été encore prévu pour le retour de ces élèves et il est possible que la reprise ne se fasse pas avant longtemps.

Mais les détails du plan ont été critiqués, particulièrement au sein du ministère de l’Education. Des sources proches de ce dernier, se confiant à la Douzième chaîne, ont déploré que d’un côté, la responsabilité de la seconde vague de l’épidémie qui a entraîné le confinement avait été attribuée au système scolaire et que de l’autre, le ministère de la Santé prévoyait de rouvrir les établissements sous les mêmes conditions qui semblaient avoir échoué la première fois.

Des sources ont confié à la chaîne que le ministère saurait faire appliquer des règles plus strictes dans les classes si les responsables de la santé le demandaient.

Élèves de l’école primaire le 1er septembre 2020, jour de la rentrée, à l’école Gabrieli de Tel Aviv (Autorisation Miriam Alster/Flash 90)

Ces critiques représentent probablement la continuation d’un conflit opposant les ministères de la Santé et de l’Education. Dans le passé, le ministère de l’Education avait prôné un retour en classe plus rapide pour les élèves israéliens.

Alors que l’épidémie de virus et les fermetures ont fortement perturbé les apprentissages habituels dans les salles de classe, les élèves ont eu recours à l’apprentissage en ligne à l’aide de visioconférences. Toutefois, la nécessité de garder les plus jeunes enfants a obligé de nombreux parents à rester chez eux plutôt que d’aller au travail.

Les responsables se sont inquiétés que les pressions exercées en faveur d’une réouverture rapide des écoles et des entreprises n’entraînent la répétition de la sortie chaotique d’Israël du premier confinement au mois de mai – une sortie qui avait été largement mise en cause lors de la recrudescence de la pandémie aux mois d’août et de septembre.

Tout le monde n’a pas été non plus favorable à la réouverture des crèches et des jardins d’enfants. Ainsi, le syndicat national des enseignants a amorcé un conflit social dans la journée de dimanche sur cette reprise précipitée, réclamant que des équipements de protection soient fournis au personnel enseignant.

Le gouvernement avait voté cette réouverture des garderies et autres crèches jeudi, ne donnant que peu de temps aux employés pour se préparer à l’arrivée des jeunes élèves, dimanche matin.

Depuis le début de la pandémie de coronavirus dans le pays, ce sont
303 109 Israéliens qui ont été infectés par la COVID-19, la maladie causée par le virus, qui a fait 2 209 morts au sein de l’Etat juif.

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