Le plan de Yamina pour régler la crise du logement
Rechercher

Le plan de Yamina pour régler la crise du logement

La proposition d'Ayelet Shaked, qui chercherait à effacer la Ligne verte, vise à reloger un demi-million d'Israéliens dans le nord de la Cisjordanie

Jacob Magid est le correspondant pour les questions liées aux implantations pour le Times of Israël

La présidente de Yamina Ayelet Shaked (droite) introduit le plan de logement de son parti dans l'implantation d'eta Afraim le 21 août 2019. (Jacob Magid/Times of Israël)
La présidente de Yamina Ayelet Shaked (droite) introduit le plan de logement de son parti dans l'implantation d'eta Afraim le 21 août 2019. (Jacob Magid/Times of Israël)

ETZ EFRAIM, Cisjordanie – Mercredi, les responsables du parti Yamina ont présenté leur plan pour tenter de résoudre la crise du logement en Israël, en proposant la construction de plus de 100 000 nouveaux appartements dans le nord de la Cisjordanie afin d’y loger un demi-million d’Israéliens.

« La zone métropolitaine de Tel Aviv est presque aussi peuplée que Gaza et aussi chère que New York », a déclaré la présidente de Yamina Ayelet Shaked lors d’un événement de présentation du plan de logement dans l’implantation du nord de la Cisjordanie d’Etz Efraim.

Les prix des logements israéliens ont grimpé en flèche ces 15 dernières années. Le gouvernement a tenté de limiter ces hausses en cherchant à éviter que le marché de l’immobilier ne fasse l’expérience d’une chute trop brutale. Près de la moitié de la population israélienne vit dans la zone métropolitaine de Tel Aviv, et 450 000 autres résident en Cisjordanie.

« Les différents tours de magie que nous avons vus ces dernières années n’ont pas fonctionné. La solution est simple : pour faire baisser les prix, il faut augmenter l’offre », a déclaré l’ancienne ministre da la Justice.

Le plan de Yamina verrait la construction, d’ici cinq ans, de 113 000 logements sur environ 35 kilomètres carrés de ce qu’Israël a déclaré comme étant une terre de l’Etat juif dans le nord de la Cisjordanie, entre les villes de Rosh Haayin et Ariel.

La proposition offrirait des appartements de quatre pièces pour 965 000 shekels (246 000 euros) l’unité, en comparaison avec ce que le parti a dit être une moyenne d’1,7 million de shekels (434 000 euros) pour acheter un tel bien dans la zone de Tel Aviv.

Un chantier de construction dans le quartier de Dagan de l’implantation d’efram, en Cisjordanie le 22 juillet 2019. (Gershon Elinson/Flash90)

Le ministre des Transports Bezalel Smotrich, candidat en troisième position sur la liste Yamina, s’est vanté que le plan combinait « l’idéologie et l’aspect pratique » et qu’il aiderait à « effacer la Ligne verte » divisant Israël de la Cisjordanie.

Lors de son intervention, le ministre de l’Education Rafi Peretz, candidat en deuxième position sur la liste Yamina, a dit qu’il travaillait pour s’assurer que plus d’étudiants et de soldats se rendent en Cisjordanie pour « être en contact avec leurs racines ».

Fustigeant le plan, le Camp démocratique a déclaré dans un communiqué que « Shaked et Smotrich ont décidé de transformer l’ensemble de la population en habitants d’implantations. Non seulement [ils veulent] une coercition religieuse dans le système éducatif, mais ils veulent aussi déplacer les citoyens de l’Etat pour vivre dans les implantations où ils peuvent les ré-éduquer selon les lois de la Halacha ».

L’ONG La Paix Maintenant, un groupe de veille sur le mouvement des implantations, a déclaré « qu’au lieu d’investir dans des implantations inutiles qui font du tort au processus de paix, l’Etat d’Israël devrait se focaliser sur les réelles situations de détresse et renforcer les communautés en périphérie, dans le Negev et la Galilée ».

Simona Weinglass a contribué à cet article.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...