Le policier filmé en train de gifler un Bédouin interrogé
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Le policier filmé en train de gifler un Bédouin interrogé

L'agent a reçu l'ordre de se tenir à distance du commissariat ; la cour a refusé la libération de deux individus soupçonnés d'avoir attaqué la police à Rahat

Capture d'écran d'une vidéo qui semble montrer un agent de police giflant un suspect arrêté au visage durant des confrontations violentes entre la police et les résidents de la ville de Rahat, au sud du pays, le 25 mai 2018 (Capture d'écran :   Twitter)
Capture d'écran d'une vidéo qui semble montrer un agent de police giflant un suspect arrêté au visage durant des confrontations violentes entre la police et les résidents de la ville de Rahat, au sud du pays, le 25 mai 2018 (Capture d'écran : Twitter)

Un agent de police a été interrogé après lecture de ses droits pour un usage abusif de la force présumé, dimanche, après qu’une vidéo a semblé le montrer giflant un homme au visage au cours d’une inspection routière survenue dans la ville bédouine de Rahat, dans le sud du pays, qui a dégénéré en violences.

Le policier, qui n’a pas été nommé, a été libéré après avoir été interrogé par le département des enquêtes internes du ministère de la Justice et il lui a été ordonné de se tenir à distance du commissariat dans lequel il travaille jusqu’à la fin de la semaine.

Un certain nombre d’autres policiers et citoyens, témoins de l’incident, ont été interrogés, a fait savoir la chaîne Hadashot, même si l’agent paraissant dans la vidéo a été le seul à subir un interrogatoire après lecture de ses droits.

Vendredi, la police avait fait savoir que des douzaines de résidents de Rahat avaient violemment attaqué des agents après que ces derniers ont tenté de faire s’arrêter un conducteur sans permis. Lorsque le conducteur avait refusé de stopper son véhicule, les agents l’avaient pris en chasse. Et quand ils avaient finalement rattrapé la voiture, trois passagers en étaient sortis, armés d’un gourdin et de pierres et avaient agressé les forces de l’ordre tout en encourageant des douzaines de passants à se joindre à eux.

Deux suspects de la voiture avaient été ensuite arrêtés et deux agents avaient été hospitalisés pour des blessures contractées durant l’incident.

Une vidéo semble montrer un agent en civil gifler un suspect au visage alors que ce dernier est emmené par la police. Qui est à l’origine de cet incident et s’il est survenu avant ou après les affrontements avec les forces de l’ordre sont des éléments qui restent encore indéterminés.

Selon des informations parues dans les médias israéliens, la police continue à chercher les autres habitants de la ville impliqués dans ces échauffourées.

La cour des magistrats de Beer sheva a rejeté un appel déposé par Osama Abu Siam et Yusuf al-Obra, qui sont soupçonnés d’avoir agressé des agents de police pendant l’incident et qui réclamait leur libération de détention. Le tribunal avait précédemment ordonné une prolongation de leur incarcération de quatre jours.

Durant l’audience, la police a déclaré qu’Abu Siam avait levé une pierre pour la jeter sur les agents durant les affrontements tout en criant « Je vais massacrer le Juif », a fait savoir le site d’information Walla.

Samedi, des centaines d’habitants de Rahat sont descendus dans les rues pour protester contre la version officielle des événements, disant que l’incident survenu vendredi illustrait ce qu’ils ont qualifié de discrimination et de violences systématiques de la part d’Israël envers les Arabes.

L’avocate de l’un des suspects a déclaré que les vidéos en ligne de l’incident prouvaient qu’il « n’y a pas eu de chasse, les agents de police n’ont pas été agressés, seulement le détenu », selon la chaîne Hadashot. Natalie Atoun a également dit que les policiers avaient qualifié son client de « sale arabe ».

Samedi, le ministre de la Sécurité intérieure Gilad Erdan a tweeté que les images de l’incident de Rahat « nécessitaient une enquête », disant qu’il n’y a « aucune justification concernant l’utilisation par la police d’une force abusive ». Il a juré qu’aucune « indulgence » ne devait être montrée face à des agents de police violents.

L’incident de Rahat survient dans un contexte de tensions accrues entre Juifs et Arabes en Israël alors que les militants arabes accusent la police d’avoir violemment dispersé un rassemblement de solidarité avec Gaza à Haïfa le week-end dernier et d’avoir procédé à des arrestations illégales de participants.

Vingt-et-une personnes ont été placées ainsi en détention lors d’un mouvement de protestation contre la mort de douzaines de Palestiniens au cours d’affrontements initiés par le Hamas avec les soldats israéliens, ces dernières semaines. Un militant — Jafar Farah, président du groupe de défense des droits Mossawa – a souffert d’une fracture à la jambe et a dû être hospitalisé. Il a déclaré qu’un agent de police lui avait frappé la jambe alors qu’il se trouvait en détention.

Le département des enquêtes internes de la police, indépendant des forces de l’ordre, examine actuellement cet incident.

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