Le porte-parole d’Ilhan Omar affirme qu’une pub de l’AIPAC l’a met en danger
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Le porte-parole d’Ilhan Omar affirme qu’une pub de l’AIPAC l’a met en danger

Selon le groupe pro-israélien, sa campagne avec la photo d'Omar et un appel contre le terrorisme se justifient suite aux propos de la représentante sur les USA et l'État juif

Jacob Magid est le correspondant pour les questions liées aux implantations pour le Times of Israël

Ilhan Omar, membre du congrès et représentante démocrate du Minnesota, au Brooklyn Center, dans le Minnesota, le 20 avril 2021. (Crédit : AP Photo/Morry Gash)
Ilhan Omar, membre du congrès et représentante démocrate du Minnesota, au Brooklyn Center, dans le Minnesota, le 20 avril 2021. (Crédit : AP Photo/Morry Gash)

NEW YORK — Un porte-parole d’Ilhan Omar, membre démocrate du Congrès américain, a accusé mercredi le groupe pro-israélien de l’AIPAC de mettre en danger la représentante suite à une campagne récente ciblant la législatrice, qui se distingue par ses critiques fréquentes d’Israël.

La publicité est intitulée : « Soutenez l’Amérique. Luttez contre les terroristes. » Elle est agrémentée d’une photo d’Omar et de la déclaration : « Pour Ilhan Omar, il n’y a pas de différence entre l’Amérique et les Talibans ; entre Israël et le Hamas ; entre les démocraties et les terroristes ; dites à la représentante Omar : ‘Condamnez les terroristes, pas l’Amérique.' »

Cette campagne fait référence à un tweet controversé posté par Omar au mois de juin, dans lequel elle avait évoqué « les atrocités impensables commises par les États-Unis, le Hamas, Israël, l’Afghanistan et les Talibans ».

Après avoir déchaîné les critiques pour son apparente mise en équivalence entre les actes commis par Israël et les États-Unis et ceux perpétrés par le Hamas et les Talibans, Omar avait émis une déclaration dans laquelle elle affirmait qu’elle ne tentait pas « d’établir une comparaison morale entre le Hamas et les Talibans et les États-Unis et Israël ».

Réagissant à la nouvelle campagne, le porte-parole d’Omar, Jeremy Slevin, a écrit sur Twitter que « le vocable utilisé par l’AIPAC dans ses publicités pour diffamer et vilipender Omar est pratiquement identique au langage qui est utilisé dans les menaces de mort qu’elle reçoit ».

Son tweet comprend une capture d’écran de la publicité avec, à côté, un tweet écrit au mois de juin par Omar sur une menace de mort qui lui a été envoyée, et la publication semble les placer sur le même pied : « Les musulmans sont des terroristes. Et elle est une n*** enturbannée. Et à toutes les merdes communistes anti-américaines qui travaillent pour elle, j’espère que vous allez subir ce qui est en train de se préparer pour vous. »

« Ne nous y trompons pas : L’AIPAC met la vie de la représentante Omar en danger avec ses campagnes islamophobes répétées », a continué Slevin. « On ne devrait pas avoir à le dire mais lier sans fondement les musulmans américains au terrorisme est l’exemple type de l’islamophobie et [cet argument] est régulièrement utilisé pour imposer le silence aux défenseurs des droits de l’Homme palestiniens. »

L’AIPAC a répondu au tweet de Slevin, le qualifiant « d’attaque sans fondement » qui « ne peut détourner l’attention des attaques lancées par Omar contre l’Amérique et Israël ».

Elle a ajouté qu’il « est scandaleux que la représentante Omar mette les États-Unis et Israël au même niveau que les Talibans et le Hamas. Il n’y a aucune équivalence morale entre nos alliés démocratiques et les terroristes qui les prennent pour cible ».

La représentante progressiste Rashida Tlaib, membre de la « Squad » aux côtés d’Omar, a répondu au tweet de Slevin, écrivant : « J’en ai tellement marre de cette m*erde. »

L’AIPAC a répondu à Tlaib que « nous aussi, madame la membre du Congrès. Les incitations à la haine par la diabolisation d’Israël et la propagation de mensonges vicieux et dangereux au sujet de notre allié démocratique, Israël, ne font pas avancer les perspectives de paix ».

De son côté, le groupe pacifiste J-Street, dont les activités se consacrent au Moyen-Orient, est entré dans la mêlée, écrivant : « Après le soutien apporté par Trump aux politiques d’extrême-droite pendant quatre ans, l’AIPAC semble déclarer la guerre aux Démocrates progressistes avec des campagnes incendiaires qui accusent de façon mensongère des femmes de couleur, membres du Congrès, de soutenir le terrorisme et la haine. »

« Ce n’est pas ‘bipartisan’. Cela n’aide pas Israël. Ce n’est pas l’expression des Juifs américains », a poursuivi J-Street.

Interrogé par le journal Haaretz sur cette campagne, le bureau de Steny Hoyer, leader de la majorité démocrate, a indiqué que, comme cela avait déjà été le cas dans une campagne de l’AIPAC au mois de mai – où Omar figurait aux côtés de roquettes tirées depuis Gaza –, le groupe pro-israélien avait franchi une ligne rouge.

« Je ne suis pas d’accord avec les déclarations qui ont pu être faites par ces membres, mais les attaquer dans des campagnes précises ne peut pas faire avancer l’objectif du renforcement du soutien pour Israël. L’AIPAC devrait plaider, devant les Américains, non seulement pour le droit d’Israël à protéger la vie de ses citoyens, mais dire pourquoi le pays a la responsabilité morale de le faire et rappeler sa valeur en tant qu’allié et partenaire de notre sécurité nationale », a expliqué le bureau de Hoyer dans un communiqué.

Omar avait interpellé l’AIPAC peu après être entrée au Congrès, en 2019, montrant du doigt le groupe pro-israélien dans un tweet où elle avait écrit que le soutien américain apporté à Israël « était une histoire de Benjamins » – désignant ainsi les billets de 100 dollars à l’effigie de Benjamin Franklin. Le post avait été vivement critiqué pour son antisémitisme et Omar avait ultérieurement présenté ses excuses, affirmant que « l’antisémitisme est réel et je suis reconnaissante à l’égard de mes alliés et collègues juifs qui m’enseignent l’histoire douloureuse des tropes antisémites ».

Depuis, Omar, Tlaib et d’autres membres du dit « Squad » qui ont été hautement critiques de l’État juif sont devenues des cibles communes de campagnes et d’appel à l’action qui ont été lancées par des groupes pro-israéliens comme l’AIPAC ou l’organisation Democratic Majority for Israel.

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