Le Premier ministre et le chef de l’opposition s’affrontent
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Le Premier ministre et le chef de l’opposition s’affrontent

Netanyahu à Herzog : condamnez Breaking the Silence ; Herzog à Netanyahu : condamnez les « incitations terribles et affreuses » contre le président ; Lapid les condamne tous les deux

Marissa Newman est la correspondante politique du Times of Israël

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu se dirige vers son siège avant de prononcer un discours à la Knesset le 12 octobre 2015, à Jérusalem (Crédit photo: Gali Tibbon / AFP)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu se dirige vers son siège avant de prononcer un discours à la Knesset le 12 octobre 2015, à Jérusalem (Crédit photo: Gali Tibbon / AFP)

Une session de la Knesset sur les seuils de pauvreté stupéfiants en Israël est largement sortie du sujet mercredi, quand le Premier ministre Benjamin Netanyahu et le dirigeant de l’opposition Isaac Herzog se sont défiés l’un l’autre à condamner respectivement l’ONG pacifiste Breaking the silence et les critiques du président Rivlin venues de la droite.

La bruyante session de la Knesset d’hier, qui a suscité des acclamations et des applaudissements des députés de gauche et de droite.

S’adressant au Premier ministre, Herzog a déclaré : « Vous dites que [le président de l’Autorité Palestinienne Mahmoud Abbas] ne condamne pas les incitations, mais vous ne condamnez pas les incitations terribles et affreuses contre le président de l’Etat d’Israël ».

Le dirigeant de l’opposition dénonçait les critiques contre le président pour avoir assisté à la conférence Haaretz dimanche, alors que des membres de l’ONG Breaking the silence – une organisation de vétérans combattants qui documente sur des abus suspectés de soldats israéliens contre des Palestiniens en Cisjordanie – y participaient aussi.

Netanyahu est ensuite monté sur le podium. « D’après mon expérience personnelle, [je sais que] les dirigeants sont critiqués, a-t-il déclaré. Je m’oppose à toute incitation et tout discours violent contre le président ou toute autre personne publique. Dans le même temps, je vais continuer à me battre pour le droit de chacun à exprimer son opinion ».

Se tournant vers Herzog, Netanyahu « a demandé qu’il se lève et condamne vigoureusement l’organisation Breaking the silence ».

Le leader de l'Union sioniste Isaac Herzog, à Jérusalem, le 24 fevrier 2015 (Crédit photo : Miriam Alster/ Flash 90)
Le leader de l’Union sioniste Isaac Herzog, à Jérusalem, le 24 fevrier 2015 (Crédit photo : Miriam Alster/ Flash 90)

Herzog est retourné sur le podium, mais à cause des huées des députés, Edelstein a mis la session en pause.

Quelques minutes après, la session a repris et Herzog est retourné au micro.

« Dans certains cas, Breaking the silence franchit la ligne, mais vous devez laisser les gens qui se battent en première ligne s’exprimer, au bon endroit », a-t-il déclaré.

« Je suis dégoûté par ces opinions, mais je me battrais pour permettre aux gens de les exprimer », a ajouté Herzog, faisant écho à la phrase de Voltaire. Les remarques d’Herzog ont provoqué encore plus de huées des députés de la coalition, y compris le ministre de l’Education Naftali Bennet qui a crié « [vous devriez] avoir honte ! ».

Bennett a annoncé mardi qu’il interdirait l’ONG des écoles israéliennes, le ministre de la Défense Moshé Yaalon a déclaré dimanche qu’il empêcherait l’organisation d’entrer sur le territoire de l’armée.

Non content de débattre à la Knesset, Netanyahu et Herzog ont réussi à en découdre sur Facebook.

Netanyahu a posté une vidéo de la plénière et a écrit : « Député Herzog, le temps est venu pour vous de condamner Breaking the silence, une organisation qui souille l’image des soldats dans le monde, noircissant le visage de l’armée israélienne, nuisant à nos combattants ».

Commentant la vidéo, Herzog a écrit : « Bibi, pour la démagogie, vous méritez un 10/10. Pour la démagogie, nous perdons et vous gagnez à coup sûr. Mais un Premier ministre n’est pas un perroquet. Il doit diriger un pays. Le temps des discussions est terminé. Travaillez à arrêter le terrorisme arabe, à restaurer le calme dans les rues et à attraper les terroristes juifs de Duma, à lutter contre la pauvreté qui fait rage, à modifier le projet sur le gaz naturel et surtout, pour une fois dans votre carrière, commencer à voir les gens comme des personnes. En bref : commencez à travailler, arrêtez de parler ».

Pour ne pas être mis de côté de cette guerre de condamnations, le dirigeant du parti Yesh Atid, Yair Lapid, a condamné le « refus » d’Herzog de condamner l’organisation de Breaking the silence et la « condamnation hésitante » de Netanyahu des condamnations du président.

« C’est une honte, a-t-il dit des déclarations de Herzog à la Knesset. Herzog doit soutenir l’armée israélienne et pas les organisations d’extrême-gauche. »

En ce qui concerne le Premier ministre, « il ne peut pas continuer avec ses condamnations partielles afin de reconnaitre des intérêts de pure forme. Le temps est venu pour lui de protéger le président à haute et claire voix, de condamner ceux qui incitent et de clarifier qu’il ne les soutient pas, en aucune façon. »

En réponse l’Union sioniste a accusé Lapid « d’incitations » contre Herzog.

« Lapid, comme à son habitude, n’était pas à la plénière pendant les discours et essaie de détourner l’attention de cela par des incitations », a déclaré le parti dans un communiqué.

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