Le Premier ministre « ne fait rien », dit la mère d’un Israélien détenu à Gaza
Rechercher

Le Premier ministre « ne fait rien », dit la mère d’un Israélien détenu à Gaza

Avant l'événement marquant l'anniversaire de l'entrée d'Avera Avraham Mengistu dans la bande contrôlée par le Hamas, sa mère dit ne plus croire aux efforts de Netanyahu

Avraham Mengistu, 28 ans, détenu par le Hamas dans la bande de Gaza depuis 2014. (Crédit : Facebook)
Avraham Mengistu, 28 ans, détenu par le Hamas dans la bande de Gaza depuis 2014. (Crédit : Facebook)

La mère d’un civil israélien qui serait retenu en captivité par le Hamas dans la bande de Gaza depuis cinq ans a déclaré dimanche que le Premier ministre Benjamin Netanyahu « ne fait rien » en faveur de la libération de son fils.

Au mois de septembre 2014, Avera Avraham Mengistu qui, selon sa famille, est atteint d’une pathologie mentale, avait franchi la frontière avec le nord de la bande de Gaza, depuis la plage de Zikim. Le Hamas l’aurait arrêté après son entrée dans l’enclave côtière.

Avant un événement qui a été programmé dimanche pour marquer le cinquième anniversaire de sa disparition, la mère de Mengistu s’est exprimée au micro de la radio militaire, faisant part de sa déception face aux efforts livrés par le gouvernement pour faire libérer son fils.

Agarnesh Mengistu a déclaré à la station de radio que lors de ses rencontres avec Netanyahu, dans le passé, elle suppliait le Premier ministre d’obtenir la libération de son enfant, « maintenant, je n’ai plus rien à dire ».

De gauche à droite : Le Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed avec Agarnesh, la mère d’Avera Mengistu qui a été capturé par le Hamas, et le Premier ministre Benjamin Netanyahu au bureau du Premier ministre à Jérusalem, le 1er septembre 2019 (Crédit :Amos Ben Gershom/PMO)

Mengistu, immigrante d’Ethiopie dont les propos ont été traduits par un interprète de la radio militaire dans la mesure où elle ne parle pas l’hébreu, s’est récemment entretenue avec Netanyahu lorsqu’il l’a invitée à rencontrer le Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed, qui se trouvait en Israël la semaine dernière.

Elle a expliqué que Netanyahu avait semblé « avoir peur de moi et ne pas savoir que dire » et que leur conversation avait été courte.

« Cinq ans que mon fils a disparu et Netanyahu ne fait rien », a clamé Mengistu. « Dans le passé, nous l’aimions comme un père mais il ne fait rien. Je pleure en permanence mais on ne fait rien ».

Mengistu a dit qu’elle avait été désireuse de rencontrer Ahmed car elle avait totalement perdu confiance en Netanyahu.

Le Premier ministre éthiopien a promis de faire de son mieux pour lui venir en aide, a-t-elle continué.

La famille et les soutiens d’Avera Mengistu devraient organiser dimanche soir un événement devant le musée de Tel Aviv pour marquer les cinq ans de l’entrée du jeune homme à Gaza, le 7 septembre 2014.

Son frère, Ilan Mengistu, a pour sa part confié à la radio militaire avoir vécu « cinq ans de nostalgie et d’inquiétude suite à cette situation ».

En plus de Mengistu, le Hamas détiendrait en captivité un autre civil israélien — Hisham al-Sayed, un Bédouin qui aurait été arrêté après avoir traversé la frontière et qui souffrirait lui aussi d’une maladie mentale, selon sa famille – ainsi que les dépouilles de deux soldats israéliens morts pendant la guerre de Gaza en 2014, Hadar Goldin et Oron Shaul.

Les responsables israéliens disent pour leur part oeuvrer en faveur de la libération de Mengistu et d’al-Sayed.

Photo montage des soldats de Tsahal Oron Shaul (à gauche) et Hadar Goldin (à droite).

Les parents des deux soldats ont également fait connaître de manière répétée leur frustration face aux initiatives prises par Netanyahu et son gouvernement pour négocier le rapatriement des corps de leurs fils.

Le mois dernier, la mère de Shaul, Zehava, a expliqué que « le Premier ministre ne s’intéresse pas à me rendre mon fils » au cours d’une manifestation qui avait été organisée aux abords de la résidence de Netanyahu à Jérusalem.

Au mois d’août, le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas a promis de faire un effort pour permettre la libération de Mengistu, avait déclaré le député Issawi Frej à ce moment-là.

Frej a expliqué qu’Abbas avait fait cette promesse lorsque lui et Noa Rothman, candidate pour le Camp démocratique, avaient rencontré le président de l’AP dans son bureau de Ramallah.

Noa Rothman, candidate du Camp démocratique, rencontre le Président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas à Ramallah, le 13 août 2019. (Crédit: Twitter)

Alors qu’il lui était demandé si Abbas avait dit qu’il interviendrait pour assurer la libération de l’autre civil israélien et la restitution des dépouilles des deux soldats qui se trouveraient entre les mains du Hamas, Frej avait précisé que le dirigeant de l’Autorité palestinienne avait seulement offert son aide pour le retour de Mengistu.

« Il comprend que le cas de Mengistu relève de l’humanitaire », avait-il dit.

La faction du Fatah d’Abbas et le groupe terroriste du Hamas sont à couteaux tirés depuis que ce dernier a expulsé de Gaza, lors d’un coup d’Etat en 2007, l’AP dominée par le Fatah.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...